Le RÉMI veut inclure l'UMQ et garder ses distances

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Le conseil municipal de Sherbrooke est formé de 10 élus membres du Renouveau sherbrookois et de 10 indépendants, dont Rémi Demers (ci-bas) qui soutient que la valeur ajoutée du RÉMI ne réside pas uniquement dans le financement.

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(SHERBROOKE) Que revendique le Regroupement des élus municipaux indépendants pour la démocratie (RÉMI), fondé officiellement vendredi dernier? Si les élus interrogés depuis insistent sur le fait qu'il n'est pas uniquement question de comparer le financement des campagnes pour les partis politiques avec celui des indépendants, les autres récriminations demeurent floues. Le conseiller Rémi Demers a tenté d'éclaircir les choses.

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Rémi Demers

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Rappelons que la création du regroupement a été annoncée à Gatineau vendredi dernier en présence, entre autres, de six élus sherbrookois, dont M. Demers. Un des objectifs est d'exercer une pression sur le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Pierre Moreau, de manière à faire modifier le projet de loi 83 sur le financement des partis politiques.

« La demande doit transcender la dynamique municipale de Sherbrooke. C'est ça l'esprit de la démarche. Si des gens se sont sentis exclus, j'en suis profondément désolé », commence M. Demers, en référence entre autres à ses collègues Jean-François Rouleau, Hélène Dauphinais, Pierre Tardif, Annie Godbout et Marc Denault, qui n'avaient visiblement pas été mis dans le coup avant la conférence de presse.

« Clé en main »

Rémi Demers convient que la valeur ajoutée du RÉMI ne réside pas uniquement dans le financement. « C'est beaucoup plus simple de se présenter sous la bannière d'un parti. Un candidat d'un parti se fait pratiquement offrir un clé en main. L'agent officiel est trouvé, les dépliants sont prêts, le slogan est trouvé. Quelqu'un qui veut servir sa communauté et qui n'a pas beaucoup d'expérience part nécessairement en arrière. Nous pourrions donc offrir un service-conseil. »

Il reste que les objectifs du RÉMI devront être définis plus clairement. « Le regroupement n'en est qu'à ses balbutiements. Le plan d'action, les échéanciers restent à être discutés. Il y a probablement une série de besoins qui pourraient être facilités. Faire la promotion des indépendants n'est pas du tout impertinent. L'idée n'est pas d'abolir les partis politiques, mais de démontrer que les indépendants sont aussi un choix qui a de l'allure. »

Les indépendants pourraient-ils partager des ressources, dans un fonds commun par exemple, pour embaucher du personnel ou obtenir des « prix de gros »? « Honnêtement, je ne suis pas allé jusque-là. On ne peut pas avoir le meilleur des deux mondes non plus. Le regroupement servira de support, de service-conseil, pour faire valoir nos revendications, dans ce cas-ci pour une équité financière. Il regardera aussi où sont précisément les inéquités. C'est une démarche qu'on mijotait depuis un bon bout de temps avec M. (David) Price et Mme (Chantal) L'Espérance. C'était important que le message soit clair et sans ambiguïté, presque au-delà de la partisanerie. »

Les élus n'auraient-ils pas pu se tourner vers l'Union des municipalités du Québec (UMQ), à laquelle les Villes paient une cotisation pour obtenir une représentation? « Je suis convaincu qu'il y aura des représentations auprès de l'UMQ. J'en ai manifesté le souhait. Il n'est pas question de tasser l'UMQ. Mais son mandat n'est pas là. Elle aura son mot à dire dans le nouveau projet de loi 83, mais nous ne voulions pas mettre tous nos oeufs dans le même panier. »

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Évelyne Beaudin

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Évelyne Beaudin n'entend pas reculer

Évelyne Beaudin n'entend pas reculer dans ses efforts pour créer un parti politique municipal, même si les élus indépendants parvenaient à obtenir les mêmes avantages. Une fois lancés, Mme Beaudin et les membres du futur parti croient qu'ils sauront faire une différence.

« Je pense que c'est une bonne chose de demander au gouvernement de réfléchir à la question du déséquilibre, entre autres en matière de financement. C'est une bonne chose que les indépendants fassent une tentative. J'ai toutefois de la difficulté à être optimiste quant aux résultats d'une telle démarche. La formation d'un parti est légale quand c'est fait dans les règles de l'art. J'ai l'impression que le gouvernement va leur dire de créer un parti. »

Et si les indépendants se regroupaient tout en se promettant de protéger une certaine indépendance? « Le principal problème avec une structure qui ressemblerait à un parti, c'est qu'il faudrait suivre les règles : il faut 100 membres, un chef et un agent officiel. Juste les exigences de base sont dirigées naturellement vers un vrai parti politique. Ce n'est pas super bien perçu dans la population cette façon de faire un parti qui n'est pas un parti. Les gens n'embarquent pas nécessairement. Les risques d'éclatement sont assez importants. Au sein d'un parti, naturellement, les gens aux idées différentes ont de la difficulté à travailler ensemble.

« C'est un peu parce qu'on croit qu'il faut rééquilibrer les choses et que nous n'avons pas le choix que nous créons un parti. Une fois dedans, on va le faire de façon enthousiasmante. On ne travaille pas à reculons dans ce projet-là. Nous sommes engagés dans la démarche et nous y croyons. »

Mme Beaudin explique avoir eu à composer avec la lourdeur de la tâche imposée aux élus indépendants lors de l'élection de 2013. « Chacun doit avoir son agent officiel et déposer son propre rapport de dépenses. Aux dernières élections, j'avais fait une activité commune avec Nathalie Ramonda et Antoni Daigle, deux autres candidats. Ç'avait été super compliqué de faire nos rapports de dépense. Dans un parti, il y a l'aspect machine électorale et l'aspect démocratique. Je crois que les élus indépendants voient plus de difficultés avec la machine électorale. »

UMQ

La présidente de l'Union québécoise des municipalités (UMQ), Suzanne Roy, a décliné la demande d'entrevue de La Tribune. Il a donc été impossible de savoir si la création d'un organisme à but non lucratif par les élus indépendants constituait selon elle un désaveu envers son regroupement. « L'UMQ a commencé à consulter ses membres au sujet du projet de loi 83 et fera connaître ses commentaires détaillés en commission parlementaire », a toutefois précisé Patrick Lemieux, conseiller aux communications et aux relations médias.

Il a ajouté que les conseillers municipaux sont importants pour l'UMQ alors que quatre d'entre eux siègent au comité exécutif du Caucus des grandes villes de l'UMQ et que 24 d'entre eux siègent au sein des commissions politiques permanentes. Jonathan Custeau

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