Prix des aliments: branle-bas dans les cuisines du CIUSSS

Coordonnatrice des activités d'alimentation au CIUSSS de l'Estrie-CHUS,... (Spectre Média, René Marquis)

Agrandir

Coordonnatrice des activités d'alimentation au CIUSSS de l'Estrie-CHUS, qui compte pas moins de 29 cuisines, Julie Bélanger témoigne que la hausse du prix des fruits et légumes met beaucoup de pression sur l'organisation.

Spectre Média, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) Les services alimentaires du CIUSSS de l'Estrie-CHUS sont en état d'alerte. Avec la flambée du prix des fruits et légumes, ils doivent prendre les bonnes décisions pour que les 29 cuisines du réseau livrent leurs repas quotidiens sans affecter les qualités nutritionnelles des menus ni faire exploser la facture.

« C'est une situation exceptionnelle », lance d'emblée Julie Bélanger, coordonnatrice des activités d'alimentation au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l'Estrie-Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke.

« On a déjà vu de telles hausses pour un aliment, les noix par exemple l'an dernier, mais un si grand nombre d'aliments en même temps, c'est du jamais vu », ajoute celle qui a une expérience de 23 années dans ce domaine.

Les hausses sont telles que les contrats d'approvisionnement de fruits et légumes, pourtant négociés chaque trimestre avec le pouvoir d'achat du Regroupement d'approvisionnement en commun de l'est du Québec, ont été rouverts cette semaine.

Et les gestionnaires ont levé le drapeau rouge et sorti les menus...

« On n'a pas vraiment calculé l'impact de la hausse sur notre budget global, prévient Mme Bélanger, on préfère agir rapidement pour faire une saine gestion des aliments et de leurs coûts.

« On le fait tout le temps, renchérit-elle, mais quand le drapeau se lève, on y met une énergie particulière. »

Par exemple, il y avait moins de poivrons verts sur la pizza cette semaine. Le prix des poivrons frais ayant bondi de 175 %, il fallait l'utiliser avec rigueur.

On aurait pu l'enlever complètement, mais cela aurait modifié le goût, la valeur nutritionnelle et l'aspect du mets, explique Mme Bélanger. On n'aurait pas pu, par contre, le substituer par un autre légume au risque d'indisposer un patient qui présente une allergie, une intolérance ou une restriction à cet aliment inhabituel sur la pizza de l'établissement.

Autre exemple, on a retiré les raisins rouges des tablettes des cafétérias. Avec un prix en hausse de 80 %, ils iront d'abord dans les cabarets de la clientèle admise, qui est un peu captive de ce que les services alimentaires lui proposent au contraire de la clientèle d'un jour et des visiteurs qui mangent à la cafétéria, fait valoir Mme Bélanger.

Cet automne, avec la hausse du prix de la viande rouge, on avait remplacé un des deux repas de rôti de boeuf par un repas de rôti porc, dans le menu cyclique de trois semaines, après avoir soigneusement soupesé les impacts sur la clientèle. « Comme on le fait à la maison pour une saine gestion de nos finances», illustre Mme Bélanger, en insistant également sur tous les efforts qui sont mis pour éviter le gaspillage alimentaire. « On fait encore un maximum d'efforts à cet effet-là. On donne un deuxième tour de roue. »

Bref, on le comprend, le casse-tête des activités d'alimentation est d'une grande complexité, entre le guide alimentaire canadien, la trentaine de diètes particulières de la clientèle et le coût des aliments, dans une organisation soumise à l'austérité budgétaire.

Mais l'équipe de Mme Bélanger ne baisse pas les bras.

À nouveau lundi, ils seront une quinzaine de gestionnaires réunis en comité de coordination des activités alimentaires du CIUSSS de l'Estrie-CHUS pour organiser le travail et s'assurer que les décisions et les directives « descendent » dans les 29 cuisines.

En gardant en tête que le plaisir de manger joue sur la santé des gens.

Et en gardant un oeil sur les fluctuations de prix.

« Dans un contexte comme celui-là, salue Julie Bélanger, il y a une belle mobilisation de l'équipe. »

Notons que le CIUSSS de l'Estrie-CHUS sert quelque 3 millions de repas par année dans ses seuls établissements de Sherbrooke.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer