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Gatineau : une conseillère fonde un regroupement d'élus indépendants

Outre les six élus sherbrookois, la conseillère municipale... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Outre les six élus sherbrookois, la conseillère municipale de Gatineau Sylvie Goneau était entourée d'un candidat défait dans Pointe-Gatineau en 2013, Patrick Pilon, et du conseiller gatinois Mike Duggan pour annoncer la fondation du Regroupement des élus municipaux indépendants (RÉMI).

Martin Roy, Archives LeDroit

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(GATINEAU) Une conseillère municipale de Gatineau, Sylvie Goneau, a annoncé, vendredi, la fondation du Regroupement des élus municipaux indépendants pour la démocratie (RÉMI), un organisme à but non lucratif qui agira comme lobby auprès du gouvernement provincial afin, dit-elle, « d'éliminer les iniquités entre les élus municipaux indépendants et ceux issus des partis politiques ».

Pour l'occasion, Mme Goneau était accompagnée de six élus sherbrookois, soit David Price, Chantal L'Espérance, Claude Charron, Rémi Demers et Julien Lachance. Le préfet de la MRC de Memphrémagog, Jacques Demers, était aussi présent, de même que les conseillers gatinois Mike Duggan, Marc Carrière et Denise Laferrière. Le candidat défait dans Pointe-Gatineau aux élections de 2013, Patrick Pilon, y était aussi.

« Il est temps de réagir avant la disparition complète des élus municipaux indépendants, a lancé Mme Goneau. Nous voyons partout au Québec des indépendants se regrouper au sein de partis politiques pour avoir la capacité de lutter contre les machines partisanes lors des élections. Le RÉMI sera nécessaire tant que le gouvernement n'aura pas modifié ses lois électorales et sur le fonctionnement des conseils municipaux afin qu'elles reflètent l'égalité pour tous les élus. »

Le conseiller Duggan a affirmé que dès son entrée en poste, en 2013, il a constaté ce qu'il appelle « l'isolement des élus indépendants ». Pour sa part, M. Pilon est d'avis que les partis politiques prennent de plus en plus de place dans le débat public et que ce type de véhicule a tendance, à tort, à « réduire l'élu indépendant à un libre penseur qui propose une liste sans vision globale des enjeux ».

David Price indique pour sa part que des discussions ont cours depuis au moins six mois pour créer cet OBNL. Les pourparlers ont commencé à la Fédération canadienne des municipalités, où siègent M. Price, Mme Goneau et Jacques Demers. « Nous voulons être égaux aux membres de partis, ce n'est pas compliqué. Notre objectif est de faire changer la loi, rien de plus », raconte M. Price.

Le RÉMI documentera, au cours des prochains mois, la situation des élus indépendants au Québec. Mme Goneau n'a pas voulu trop s'avancer sur les conclusions qui pourraient émaner de ces études, mais il est clair que la question du financement sera au coeur des revendications de l'organisation.

Mme Goneau souhaiterait aussi qu'un candidat indépendant désirant se présenter à la mairie puisse avoir un colistier pour le représenter dans son quartier lors d'une élection.

Selon David Price, il n'est pas trop tard pour obtenir des résultats en prévision de la campagne électorale de 2017. « Nous regardons néanmoins plus loin que la prochaine élection. »

Tous les élus indépendants de Sherbrooke n'ont pas nécessairement été invités à joindre le groupe pour le moment. « Nous sommes un petit groupe qui veut clairement demeurer indépendant », fait valoir M. Price.

Le RÉMI ne souhaite pas faire ces débats sur la place publique, précise Mme Goneau. « Nos plus gros efforts de lobbying se feront à l'Assemblée nationale auprès des élus provinciaux », dit-elle. Pour l'instant, le RÉMI n'est pas enregistré au registre des lobbyistes du Québec. « S'il faut le faire, nous allons le faire », a précisé la conseillère.

Le regroupement souhaite que le gouvernement se penche sur cette question rapidement. Mme Goneau souhaite pouvoir rencontrer le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, avant l'été, et demande à ce que le gouvernement puisse rétablir l'équilibre entre les indépendants et les membres de partis avant les élections municipales de 2017.

Sévigny comprend mal les revendications du RÉMI

Réagissant à la création du Regroupement des élus municipaux indépendants pour la démocratie, avec le peu d'information dont il disposait vendredi, le maire Bernard Sévigny a affirmé qu'il ne pouvait pas s'opposer à un regroupement qui vise une meilleure vie démocratique.

Il comprenait toutefois mal les revendications du nouvel organisme sans but lucratif, auquel se sont joints des élus indépendants sherbrookois.

Concernant le financement des partis municipaux, en comparaison de celui que peuvent espérer les élus indépendants, M. Sévigny estime que le projet de loi 83, qui porte notamment sur le financement des partis politiques, vise une meilleure équité.

« Le projet de loi propose un financement selon le nombre de votes que tu obtiens et le budget de recherche et de soutien serait de 65 % du montant pour les conseillers d'un parti et de 100 % pour les indépendants », avance M. Sévigny.

Les élus indépendants peuvent-ils avoir les mêmes avantages que ceux étant membres d'un parti? « On fait des choix dans la vie et il est possible d'être membre d'un parti politique ou pas, mais il est difficile d'être assis entre deux chaises. »

Le projet de loi propose également de ramener les contributions maximales à un parti politique de 300 $ à 100 $, pour s'aligner avec la législation qui encadre les partis provinciaux.

« Si le regroupement est un outil de plus pour favoriser la démocratie, je n'ai pas d'a priori. Si certains se sentent plus à l'aise, allez-y. Qu'on se donne une instance pour organiser nos idées, je l'ai fait, alors je ne suis pas pour reprocher aux autres de le faire. C'est tout à fait légitime que des gens se regroupent. »

Enfin, M. Sévigny ne voit pas en quoi les élus indépendants seraient brimés à Sherbrooke.

« Les comités qui ont le plus d'impact sur les décisions du conseil, soit le comité consultatif d'urbanisme et le comité de la sécurité publique, sont pilotés par des indépendants... », fait valoir le maire de Sherbrooke. Avec Jonathan Custeau

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