Pas de citoyenneté canadienne pour Raif Badawi

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Le gouvernement Trudeau n'accordera pas la citoyenneté canadienne à Raif Badawi, comme le souhaite son épouse Ensaf Haidar.

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) Le gouvernement Trudeau n'accordera pas la citoyenneté canadienne à Raif Badawi, comme le souhaite son épouse Ensaf Haidar.

Questionné par le Globe and Mail mardi, le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, soutient que cette citoyenneté canadienne n'allait pas aider la cause du blogueur emprisonné en Arabie saoudite, puisque ce pays ne reconnaît pas la double citoyenneté.

« Nous ne pensons pas que ce serait une raison supplémentaire pour considérer sa libération », a-t-il dit selon le Globe and Mail.

Au contraire, cette citoyenneté risquerait de compliquer les relations entre l'Arabie saoudite et le Canada dans le contexte du contrat d'armement de 15 milliards$ qui lie les deux parties.

Sur sa page Facebook jeudi, Mme Haidar a relayé l'article du Globe and Mail en se disant déçue du manque de réactivité du gouvernement canadien. Elle interprète ce refus d'accorder la citoyenneté canadienne à son mari comme de la réticence à faire davantage d'efforts pour obtenir sa libération.

Mme Haidar, rappelons-le, réclame depuis plusieurs mois que le fédéral accorde la citoyenneté canadienne à son mari, estimant que cela aiderait à faire pression sur les autorités saoudiennes pour obtenir sa libération. L'ex-premier ministre Stephen Harper lui donnait en partie raison en février dernier alors qu'il faisait valoir que le fait que Raif Badawi ne détienne pas la citoyenneté canadienne limitait sa possibilité d'agir dans cette affaire.

Du côté d'Amnistie internationale, ce refus n'engendre pas une si grande déception.

« Ç'aurait été un pas de plus, mais ce n'est pas nécessairement la seule voie à suivre », explique Mireille Elchacar, agente de développement régional en Estrie pour Amnistie internationale.

« Si le gouvernement a une autre stratégie, ça nous convient aussi. On espère seulement que ce n'est pas un désengagement du gouvernement fédéral », ajoute-t-elle.

Pour Mme Elchacar, le fait d'entretenir le dialogue avec les autorités saoudiennes est une stratégie tout aussi pertinente.

Rappelons que le 17 décembre dernier, le ministre Stéphane Dion a rencontré à Ottawa son homologue saoudien Adel Al-Joubeir à qui il a réclamé la clémence des autorités de l'Arabie saoudite pour Raif Badawi.

« Ça fait longtemps qu'on demande au gouvernement d'agir, dit Mme Elchacar. Il y a eu cette première rencontre avant les Fêtes. Nous avons salué cette démarche de M. Dion et nous espérons que ce sera la première de plusieurs rencontres. »

Sa comparse Béatrice Vaugrante, directrice générale de la section Canada francophone d'Aministie internationale, souhaite dans la même veine que le premier ministre Justin Trudeau profite de son passage au Forum économique mondial de Davos cette semaine pour plaider auprès des représentants de l'Arabie saoudite.

« Que ce soit la citoyenneté ou d'autres gestes, ajoute Mme Vaugrante, on attend de la part de M. Trudeau et de M. Dion qu'ils fassent le maximum pour obtenir la libération de Raif Badawi et réunir la famille. On a besoin de gestes concrets. »

Sans relâche

Le ministre Stéphane Dion n'était pas disponible jeudi pour commenter le dossier à La Tribune.

Au cabinet de la ministre québécoise des Relations internationales du Québec, Christine St-Pierre, on a peine à croire qu'il s'agit d'un refus ferme du gouvernement Trudeau. « On continue de mettre de la pression sur le gouvernement fédéral et par les canaux diplomatiques pour que M. Badawi soit libéré le plus rapidement possible », a expliqué un porte-parole, Jack Roy, en précisant qu'une rencontre entre M. Dion et Mme St-Pierre était à l'agenda la semaine prochaine et qu'il serait à nouveau question du cas de M. Badawi.

Notons par ailleurs que les vigiles se poursuivent pour réclamer la libération de Raif Badawi.

À Montréal jeudi midi, plusieurs militants se sont rassemblés pour témoigner leur soutien au blogueur, à son avocat Waleed Abu Al-Khair et aux autres prisonniers d'opinion en Arabie saoudite.

À Sherbrooke, les citoyens se donnent à nouveau rendez-vous devant l'hôtel de ville vendredi à 12 h 30.

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