Un réfugié chez nous depuis un an: «Simplement travailler»

Arrivé au Québec en provenance du Liban il... (Spectre Média, Julien Chamberland)

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Arrivé au Québec en provenance du Liban il y a seulement un peu plus d'un an, Nahir Sarkys est depuis trois mois copropriétaire du restaurant libanais Rima, situé rue Queen dans le secteur Lennoxville.

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(Sherbrooke) Les quelque 7300 réfugiés syriens appelés à amorcer une nouvelle vie au Québec au cours de la prochaine année ne manqueront pas d'exemples d'intégration réussie pour persévérer. Particulièrement à Sherbrooke.

Arrivé au Québec en provenance du Liban il y a seulement un peu plus d'un an, Nahir Sarkys est depuis trois mois copropriétaire du restaurant libanais Rima, situé rue Queen dans le secteur Lennoxville, une avenue à laquelle il n'avait jamais songé auparavant.

« Je voulais simplement travailler », explique-t-il dans un français fonctionnel, même si une partie de l'entrevue se fera à l'aide de sa nouvelle partenaire d'affaires et interprète improvisée Ghadie El Rahy, qui possède l'autre Rima avec son frère sur la rue Galt.

S'il mentionne avoir vécu des débuts difficiles en raison notamment du temps froid et du fait qu'il ne connaissait pratiquement personne, M. Sarkys n'a pas tardé à régler le second problème une fois les cours de francisation entamés.

« À partir de ce moment, j'ai commencé à me faire des amis et à vraiment apprécier vivre ici. J'ai pu me familiariser avec le style de vie et la culture d'ici. Et j'ai enfin pu commencer à travailler. Avec l'ouverture du restaurant en octobre, je sens que je suis sur le bon chemin », mentionne celui qui s'est exilé pour fuir la guerre dans son pays.

« Il travaille fort, et au restaurant et pour s'intégrer. Il parle avec les gens et approche tout le monde », soutient Mme El Rahy.

L'emploi, une priorité

Sans surprise, en plus de la langue, le travail demeure cependant le meilleur outil d'intégration, fait valoir Ghadie El Rahy. Sur les six employés du Rima de Lennoxville, quatre sont d'origine syrienne. Mme El Rahy invite donc les employeurs de la région à embaucher les réfugiés pour les aider à s'intégrer rapidement.

« Comme ce l'était pour moi, les cours de francisation c'est une chose, mais il faut aussi la pratiquer la langue pour se l'approprier et le fait de travailler aide grandement en ce sens. La meilleure solution pour s'intégrer, c'est vraiment de travailler », explique Ghadie El Rahy.

« Et les gens sont bons, renchérit Nahir Sarkys, dont le frère, Gabi, est prêtre de l'Église syriaque orthodoxe Saint-Ephrem. Ils aiment aider avec la langue, attendre un peu si on prononce plus difficilement. Au point où je ne me sens plus comme un immigrant. Le Canada est maintenant mon pays. »

« Ça confirme la perception que j'avais, mentionne Marie-Claude Bibeau. À quel point ce que les gens trouvent ici c'est la sécurité et d'être accueilli par une communauté facilite beaucoup l'intégration. Le défi maintenant c'est de les garder. On a beaucoup d'entreprises en recherche de travailleurs et on a toute une communauté en recherche d'emploi. On travaille là-dessus pour faire des combinaisons parfaites. »

Présente au Rima pour s'enquérir de la situation des réfugiés, la ministre du Développement durable et députée libérale de Compton-Stanstead souligne à ce propos qu'une annonce devrait être faite sous peu en lien avec des entreprises de Coaticook et possiblement du Haut-Saint-François.

Quant à Nahir Sarkys, s'il a un conseil à donner à ses compatriotes pour favoriser leur intégration, c'est de se fondre dans la population, de s'ouvrir à la culture et aux coutumes occidentales.

« Il faut laisser de côté les coutumes auxquelles nous sommes habitués et accepter de changer. Par exemple, voir un couple de même sexe s'embrasser publiquement ici c'est très surprenant lorsque dans notre pays ils sont systématiquement emprisonnés ou abattus. Dieu peut aussi prendre une grande place dans ta vie, mais tu dois aussi accepter que des gens ici n'en aient rien à faire. Mais ici, les gens peuvent mener la vie qu'ils désirent et c'est pourquoi on choisi d'y venir. »

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Gabi Sarkys

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Agressions et vols à Cologne : « choquant et gênant »

Responsable des réfugiés syriens et irakiens qui viennent s'installer à Sherbrooke, le prêtre de l'Église syriaque orthodoxe Saint-Ephrem de Sherbrooke, Gabi Sarkys, trouve déplorable le scandale survenu à Cologne le 31 décembre.

Plus de 600 plaintes ont été déposées en lien avec une vague d'agressions sexuelles et de vol survenue la nuit du Nouvel An, dans cette municipalité d'Allemagne. L'enquête a permis jusqu'à maintenant d'établir que les agressions provenaient essentiellement d'étrangers, dont quatre Syriens, un Irakien et plusieurs autres réfugiés.

« C'est choquant et c'est gênant de voir ça quand des pays nous ouvrent leurs portes pour nous accueillir. C'est mal pour eux, mal pour l'image des immigrants et mauvais pour aider les gens à s'intégrer », déplore Père Sarkys.

Celui-ci tient cependant à se faire rassurant sur les immigrants qui traversent l'Atlantique pour s'installer au Québec et dans le reste du Canada.

« Il n'y a pas eu de problèmes comme ça ici, parce que la communauté amène des gens qui sont bien choisis. Ce n'est pas n'importe qui qui peut venir. Les gens sont éduqués dans leur pays et s'ils viennent ici, c'est parce qu'on a jugé qu'ils seraient bons pour s'intégrer, qu'ils ne viendraient pas pour faire ce qu'ils veulent. Ce sont des gens qui veulent vivre heureux et sans guerre », explique-t-il.

La ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, mentionne qu'il est beaucoup plus facile de contrôler l'accueil des réfugiés ici qu'en Europe.

« Ça n'a pas un grand impact ici de façon générale. C'est sûr que ce qu'ils vivent en Europe comme flux de réfugiés qui entrent sans aucune vérification, c'est différent d'ici où ça passe par plusieurs critères de sélection. Il y a des vérifications tant au niveau de la sécurité que de la santé. On privilégie aussi les gens les plus vulnérables, ce qui fait en sorte qu'on accueille beaucoup de familles et que ça diminue les risques de façon significative. On met l'accent sur les familles. »

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