Milieux humides : le président du COGESAF plaide la prudence

Non seulement les milieux humides jouent-ils le même... (Archives, La Presse)

Agrandir

Non seulement les milieux humides jouent-ils le même rôle que les bassins de rétention, mais ils sont encore plus bénéfiques.

Archives, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Le président du COGESAF, Jean-Paul Raîche, donne son appui à la conseillère Christine Ouellet dans ses démarches pour protéger davantage les milieux humides. Non seulement ceux-ci jouent-ils le même rôle que les bassins de rétention, mais ils sont encore plus bénéfiques, fait-il valoir.

Rappelons que Mme Ouellet, présidente du comité de l'environnement à la Ville de Sherbrooke, profitait d'un projet résidentiel dans le secteur de la rue Régina-Gagnon, dans Deauville, pour déplorer la destruction de milieux humides pour construire un bassin de rétention. « On va détruire un milieu humide pour construire quelque chose qui a la même fonction. Dit comme ça, c'est un peu aberrant », affirmait-elle.

« Les bassins de rétention n'ont aucun rapport avec les nappes phréatiques alors que les milieux humides y contribuent. Les milieux humides retiennent les eaux et ralentissent leur écoulement vers les cours d'eau, mais ils jouent aussi un rôle en étant un milieu de vie pour la faune, fait valoir M. Raîche. C'est une façon de protéger la biodiversité et de gérer les eaux du bassin versant en cas d'inondation ou de sécheresse. Avec les changements climatiques, il est difficile de prévoir les conséquences de leur destruction. »

Jean-Paul Raîche souligne que la Ville de Sherbrooke a l'habitude de faire des efforts en matière de protection.

Il fait entre autres référence au prolongement du boulevard de Portland, dont le tracé a été choisi de manière à protéger les milieux humides. « Les fonctionnaires de la Ville ont tendance à être assez prudents. »

Il reste que M. Raîche attend avec impatience l'entrée en vigueur d'une loi provinciale en matière de protection des milieux humides. « Elle devait être votée l'an dernier, mais ce sera finalement en 2017. Ce que nous demandons, c'est que les milieux humides d'intérêt soient protégés. Il doit donc y avoir une caractérisation. Sinon, les milieux humides ne devraient pas être détruits sans compensation et on ne devrait pas compenser en forêts ou en parcs, mais nécessairement sous la forme de milieux humides »

Selon le président du COGESAF, il est possible non seulement d'améliorer, mais de créer de nouveaux milieux humides. « Il faut d'abord conserver ceux que nous avons, atténuer les impacts quand c'est possible et compenser pour ceux que nous détruisons. »

Jean-Paul Raîche faisait partie d'un groupe de travail sur les milieux humides qui a adressé ses recommandations au ministre de l'Environnement en avril 2013. Dans leur document envoyé au ministre, il était mentionné que « des bassins de rétention servant à recueillir l'excédent d'eau de ruissellement engendrée par un projet ne sont pas admissibles comme mesures de compensation ».

M. Raîche avance que dans plusieurs cas, il « coûte moins cher de protéger un milieu humide que de construire un bassin de rétention ». Il estime qu'il est tout à fait possible de revoir le mode de conception des quartiers et que les promoteurs immobiliers possèdent tous les outils pour composer avec les contraintes qu'on leur imposera. « Nous sommes capables de faire mieux à condition d'avoir des principes de gestion dès le départ. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer