Des services à bout de bras

Les centres en traitement des dépendances en Estrie,... (Spectre, Jessica Garneau)

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Les centres en traitement des dépendances en Estrie, comme le Domaine Orford-Toxi-co-Gites, peinent à joindre les deux bouts.

Spectre, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Les centres d'hébergement offrant des services en toxicomanie de l'Estrie peinent à joindre les deux bouts.

Robin Fortier, directeur du Domaine Orford à Sherbrooke ... (La Tribune, René-Charles Quirion) - image 1.0

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Robin Fortier, directeur du Domaine Orford à Sherbrooke 

La Tribune, René-Charles Quirion

La fermeture du centre ReNasci à East Angus à la fin de l'été 2015, puis celle récente de la maison Mélaric dans les Laurentides cette semaine illustre une situation qui pourrait survenir dans les autres centres du même type en Estrie.

Une analyse du seuil de rentabilité commandé par l'Association provinciale des organismes en dépendance (APOD) a été remise en novembre 2015 à la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique du Québec, Lucie Charlebois.

« Le seuil de rentabilité pour une maison comme la nôtre est de 56 $ à 60 $ par jour alors que nous en recevons 49 $. Nous réussissons à survivre parce que nous sommes au maximum de notre capacité. Cependant, si notre clientèle baisse, nous serons en sérieuse difficulté. Nous sommes en mode survie. Si je presse 20 ou 25 résidents, je ferai face à la même réalité », explique Robin Fortier du Domaine Orford-Toxi-co-Gîtes.

« Tous les centres en traitement des dépendances en Estrie ont une gestion semblable et une clientèle quasi identique, soit à plus de 90 pour cent sur l'aide de dernier recours. La différence entre chacun des centres demeure que plus ils sont gros, plus ils peuvent amortir les coûts. Ils veulent rester ouverts, mais ils sont à limite. À 49 $ par jour, ils doivent se contraindre à une limite d'affecter la qualité des services », explique Julie Caron de la firme Gestion-Conseil Optimum qui a réalisé cette analyse.

L'analyse réalisée à la suite de diagnostics organisationnels des cinq centres de l'Estrie soutient que « certains d'entre eux étaient à la limite de leurs capacités financières et entrevoient une fermeture à plus ou moins court terme ».

Ce sont des coupes à l'aide sociale faisant passer les montants mensuels de 747 $ à 200 $, situation pour la majeure partie de la clientèle des centres de thérapie, qui ont entraîné les frais qui leur sont demandés pour les services rendus.

Disparités

« Il y a des disparités entre certaines régions et même certains centres dans la même région parce que certains reçoivent des subventions du programme de subvention aux organismes communautaires », indique Julie Caron.

Robin Fortier explique que les services peuvent être maintenus grâce au dévouement de son personnel.

« Nous manquons de ressources. Les intervenants travaillent très fort, mais ils vont finir par se brûler en raison de compressions. À 13 $ ou 14 $ l'heure, leur salaire est bien en deçà de ce qu'ils pourraient gagner dans des conditions normales. Ils tiennent nos centres à bout de bras », soutient Robin Fortier.

Ce dernier signale que la fermeture du centre Mélaric est une lourde perte dans le milieu.

« Nous perdons en quelque sorte le grand-père des centres qui travaillaient en toxicomanie en longue durée. C'est certain qu'il va y avoir des répercussions dans chacun des centres pour accueillir cette clientèle, est-ce que nous pourrons tous les accueillir? Il y aura des impacts sur cette clientèle à la limite de l'itinérance c'est certain», soutient Robin Fortier qui est aussi vice-président de l'APOD.

Ce dernier mentionne que la solution réside dans un financement récurrent de 6 millions $ par année pour l'ensemble des ressources en hébergement de longue durée en dépendance.

« Ce n'est pas une somme importante quand on pense que pour 10 $ de plus par jour, nous prenons en charge des personnes qui vont se retrouver à l'urgence à plus de 450 $ par jour ou en détention où il en coûte de 250 $ à 300 $ par jour. À environ 60 $ par jour, nous aurions la capacité d'offrir les services à notre clientèle et de respecter le nouveau cadre normatif imposé par le gouvernement », estime Robin Fortier.

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