La soeur de Raif Badawi emprisonnée en Arabie saoudite

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(SHERBROOKE) Amnistie internationale a dénoncé, mardi, l'arrestation en Arabie saoudite de Samar Badawi, militante des droits de la personne et soeur du blogueur saoudien Raif Badawi. L'organisation a du même coup réclamé sa libération.

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Ensaf Haidar 

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La soeur aînée de Raif Badawi a été arrêtée pour avoir géré le compte Twitter réclamant la libération de Walid Abu al-Khair, un défenseur des droits de la personne et avocat de Raif Badawi. Walid Abu al-Khair, qu'Amnistie présente comme étant l'ex-mari de Mme Badawi, purge une peine d'emprisonnement de 15 ans depuis 2014.

L'arrestation de Samar Badawi, militante des droits de la personne reconnue, constitue le dernier exemple que l'Arabie saoudite bafoue les droits de l'homme et la preuve de la volonté des autorités de faire taire toute voix dissidente, même pacifique, a dénoncé l'organisation.

Selon Amnistie internationale, qui cite des militants locaux, Samar Badawi a été arrêtée mardi matin à Jeddah et emmenée avec sa fillette de deux ans dans un poste de police. Après avoir été interrogée pendant quatre heures, elle a été transférée dans la prison de Dhaban, où elle doit rencontrer un procureur. On croit que son arrestation est liée en partie à son rôle présumé dans la gestion du compte Twitter réclamant la libération de Walid Abu al-Khair.

L'épouse du prisonnier d'opinion réfugié à Sherbrooke, Ensaf Haidar, a rapporté l'information sur les médias sociaux, mardi.

Au début de l'année 2015, La Tribune s'était entretenue avec Samar Badawi par courriels.

« La soeur aînée de Raif Badawi, Samar, est une ardente militante pour l'égalité des femmes qui est allée jusqu'à intenter des poursuites contre le gouvernement saoudien après s'être vu refuser le droit de vote aux élections municipales de 2011. Elle s'est également battue aux côtés de femmes ayant eu maille à partir avec la police saoudienne pour ne pas avoir respecté l'interdiction de conduire un véhicule automobile, privilège exclusivement masculin dans ce pays », pouvait-on lire dans nos pages.

Samar Badawi a reçu en 2012 l'un des prix de l'International Courage of Women Awards, un concours parrainé par le secrétariat d'État des États-Unis. La distinction lui avait été remise par Michelle Obama et Hillary Clinton. Samar Badawi avait déjà été emprisonnée dans le passé pour avoir tenté de se libérer du joug de son père.

Dans un portrait publié le printemps dernier, Le Monde surnommait Samar Badawi « l'effrontée de l'Arabie saoudite » et écrivait que  « la soeur du blogueur emprisonné Raif Badawi s'est imposée comme la porte-parole des dissidents saoudiens ».

Waleed Abu Al-Khair, le beau-frère de Raif Badawi, est le premier à avoir été condamné sous la loi antiterroriste en Arabie saoudite.

Cette arrestation survient alors que l'Arabie saoudite a récemment exécuté 47 personnes au cours d'une même journée. « Samar Badawi a été arrêtée pour avoir exercé son droit à la liberté d'expression pacifiquement. Elle doit être immédiatement relâchée sans condition », a fait valoir Philip Luther, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d'Amnistie internationale.

Rappelons que Raif Badawi purge une peine de 10 ans de prison. Il a aussi été condamné à 1000 coups de fouet, à une amende de près de 300 000 $ et une interdiction de quitter le pays « pour insulte à islam » pour les propos qu'il a tenus sur son blogue. Il y a un an, il recevait les 50 premiers coups de fouet; sa peine a été suspendue depuis.

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