Médecins de famille : le CIUSSS admet certains « retards »

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74 % de la population estrienne bénéficie actuellement d'une prise en charge d'un médecin de famille, ce qui est supérieur à la moyenne québécoise (68 %), mais inférieur à l'objectif de 85 % prévu d'ici 2020 par le ministère de la Santé et des services sociaux.

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) Le CIUSSS de l'Estrie - CHUS admet qu'il existe des « retards » dans le traitement des demandes d'accès à un médecin de famille, mais que des mesures sont en cours « afin d'améliorer la réponse » auprès des citoyens, dont certains attendent une prise en charge depuis des mois, voire des années.

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Raymonde Vaillancourt

Archives La Tribune, Jessica Garneau

En novembre dernier, les autorités du CIUSSS de l'Estrie - CHUS indiquaient que plus de 33 000 Estriens étaient toujours sans médecin de famille sept ans après la création des guichets d'accès pour la clientèle orpheline (GACO), lesquels ont été créés précisément dans le but de corriger cette situation.

Les données indiquaient en outre que 74 % de la population estrienne bénéficie actuellement d'une prise en charge d'un médecin de famille, ce qui est supérieur à la moyenne québécoise (68 %), mais inférieur à l'objectif de 85 % prévu d'ici 2020 par le ministère de la Santé et des services sociaux.

Lors du dévoilement de ces données, la chef du Département régional de médecine générale (DRMG), Dre Raymonde Vaillancourt, indiquait que les délais de prise en charge étaient en moyenne de 1 an (302 jours), toutes clientèles confondues. « Ça peut varier, disait-elle. Les plus urgents sont pris en charge en moyenne en 100 jours, tandis que les moins malades ça peut varier de 300 à 400 jours. Certains guichets peuvent aller jusqu'à deux ans, compte tenu des disponibilités médicales », affirmait alors Dre Vaillancourt.

Lors de cette même entrevue, la directrice des services généraux au CIUSSS de l'Estrie - CHUS,

«Nous avons eu trois départs à la retraite de médecins récemment qui ont transféré leurs patients à d'autres médecins.»


Lyne Cardinal, avait indiqué que les patients ayant déposé leur formulaire au GACO devaient s'attendre à recevoir un appel d'une infirmière « dans les semaines » suivant leur inscription.

Or, cette évaluation des délais a fait réagir plusieurs citoyens qui, s'appuyant sur leur expérience personnelle, les ont jugés « faux », « farfelus » ou encore « complètement irréalistes ».

Mise au courant de ces réactions, la direction du CIUSSS de l'Estrie - CHUS reconnaît aujourd'hui qu'il existe des retards dans le traitement des demandes, sans toutefois pouvoir les quantifier. Pour ce qui est de l'appel de l'infirmière que certains patients attendent depuis des mois, voire des années, la porte-parole du CIUSSS de l'Estrie - CHUS, Sylvie Vallières, estime que plusieurs patients n'ont pas nécessairement besoin d'être appelés. C'est le cas notamment des patients qui ont vu leur médecin de famille quitter la région ou partir à la retraite.

« Nous avons eu trois départs à la retraite de médecins récemment qui ont transféré leurs patients à d'autres médecins. En général, le médecin qui transfère ses patients donne déjà les informations cliniques nécessaires en remplissant une feuille de suivi. Les patients n'ont donc pas tous besoin d'être appelés. »

Même scénario pour les patients déjà suivis par un spécialiste. « Ces patients ont déjà un suivi assuré, et le médecin de famille qui reprendrait un de ces patients a déjà toutes les données cliniques nécessaires pour assurer leur suivi. »

Par contre, admet Mme Valières, nous avons un retard dans les demandes reçues au GACO. Il faut parfois envoyer les infirmières du GACO ailleurs pour couvrir d'autres besoins. Nous sommes en train de stabiliser les équipes afin d'améliorer la réponse. Dans ces retards, il pourrait y avoir des cas qui proviennent des médecins ayant pris leur retraite et pour lesquels la fiche de suivi n'a pas été complétée. 

« Tout n'est pas parfait encore, car le CIUSSS est jeune et l'organisation clinique de tous les services est toujours en cours », ajoute Sylvie Vallières en faisant notamment référence à certains projets dont celui du déploiement de trajectoires de soins pour les personnes aux prises avec des maladies chroniques stables et à l'harmonisation du fonctionnement de tous les GACO du territoire. 

« Même si notre région se positionne bien par rapport à l'ensemble du Québec avec 74 % de la population qui a déjà un médecin de famille, nous visons toujours l'atteinte de la cible du Ministère qui est de 85 %. »

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