Ténacité et espoir pour Raif Badawi

Mireille Elchacar, d'Amnistie internationale en Estrie, n'a pas... (Archives, La Tribune)

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Mireille Elchacar, d'Amnistie internationale en Estrie, n'a pas vu passer les trois premiers mois de 2015. « Le bureau d'Amnistie internationale, c'est ma maison à Sherbrooke (...) Le téléphone commençait à sonner à 6 h.. C'était fou! » se souvient-elle

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(SHERBROOKE) Il y a un an, le 9 janvier 2015, le blogueur saoudien Raif Badawi recevait 50 coups de fouet à Djeddah, en Arabie saoudite. C'était l'horreur après l'horreur : le début de la sentence, suspendue depuis, est survenue tout juste après les attentats de Charlie Hebdo. La flagellation du prisonnier d'opinion suivie de « Je suis Charlie » a marqué un tournant dans toute l'attention accordée à Raif Badawi, croient les militants qui tentent d'obtenir sa libération.

Alors que Raif Badawi subissait le début de sa peine il y a près d'un an, La Tribune s'est entretenue avec des sympathisants qui rêvent de « prendre une bière » ou de « manger une poutine » avec lui.

Mireille Elchacar, d'Amnistie internationale en Estrie, n'a pas vu passer les trois premiers mois de 2015. « Le bureau d'Amnistie internationale, c'est ma maison à Sherbrooke (...) Le téléphone commençait à sonner à 6 h.. C'était fou! » se souvient-elle.

« À partir de là, les gens se sont mis à prendre ça vraiment à coeur », commente l'organisatrice des vigiles, Jane Hospes.

Raif Badawi est emprisonné depuis 2012 en Arabie saoudite, après avoir été condamné pour « insulte à l'islam » et « atteinte à la réputation du Royaume » d'Arabie saoudite pour les propos qu'il a tenus sur son blogue.

Il a été condamné à 1000 coups de fouet, 10 ans de prison, à payer une amende de près de 300 000 $. La peine s'accompagne d'une interdiction de quitter le pays. Son épouse Ensaf Haidar et ses trois enfants vivent à Sherbrooke.

Les 1000 coups de fouet devaient être donnés par tranche de 50 chaque vendredi, après la prière. Ils pourraient reprendre n'importe quand. Un an après les premiers coups de fouet, Ensaf Haidar et les sympathisants de Raif retiennent leur souffle le jeudi.

« Je sais qu'Ensaf ne dort jamais les jeudis soirs. Il y a tellement de rebondissements chaque fois que les autorités saoudiennes disent ou font quelque chose, on se demande si ce n'est pas un signe que ça va reprendre », souligne Mireille Elchacar.

Mme Hospes n'a pas l'intention d'abandonner tant qu'elle n'aura pas de pancarte de bienvenue entre ses mains. « Tu ne peux pas juste dire que c'est fini... Tu ne veux pas lâcher ta famille. »

« Les gens veulent récolter le fruit de leur travail : la libération de Raif », lance Mme Hospes, qui est devenue la mamie adoptive des trois enfants Badawi.

« J'ai tellement hâte d'aller prendre une bière avec lui! » s'exclame Caroline Custeau, qui immortalise les vigiles avec son appareil-photo. Jane Hospes et Caroline Custeau font partie des militantes qui sont devenues amies avec Ensaf Haidar et ses enfants au fil du temps. Toutes les deux parlent des vigiles comme d'un « baume sur le coeur ».

« Il y a quelque chose de fort sur le perron de l'hôtel de ville. Il y a quelque chose qui se rapproche du perron d'église », lance Mme Custeau, qui a connu Ensaf Haidar au programme de francisation du Cégep de Sherbrooke. Elle ne craint pas que le mouvement s'essouffle. Un peu plus de cinquante vigiles ont eu lieu depuis le début de cet élan de solidarité. « Raif, c'est un citoyen sherbrookois, je crois que les gens l'ont adopté. »

Jane Hospes caresse le fantasme d'unir de nouveau la destinée d'Ensaf Haidar et de Raif Badawi. « Je vais organiser le mariage. On va refaire une cérémonie symbolique devant l'hôtel de ville... »

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