«Un triste anniversaire»

Jane Hospes est l'organisatrice des vigiles en soutien... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Jane Hospes est l'organisatrice des vigiles en soutien à Raif Badawi. Elle rêve du jour où elle pourra de nouveau unir de nouveau la destinée d'Ensaf Haidar et de Raif Badawi... devant l'hôtel de ville de Sherbrooke.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) Les vigiles reprendront vendredi devant l'hôtel de ville. Les sympathisants réclameront à nouveau la libération de Raif Badawi.

L'événement soulignera le premier anniversaire de l'administration de la peine de Raif Badawi. « C'est un triste anniversaire, il faut garder une certaine sobriété », note Jane Hospes, organisatrice des vigiles en soutien au prisonnier d'opinion.

« C'est un drôle de mouvement, le mouvement pour Raif. L'idée, c'est de ne pas surcharger les gens. Chaque fois qu'on a voulu prendre des pauses, il y a des gens qui sont venus spontanément se réunir. Les gens ne sont pas arrêtables. C'est bien, c'est ça qu'on veut », commente Mireille Elchacar, agente de développement régional d'Amnistie internationale en Estrie.

À quoi peut-on s'attendre pour 2016?

« On va continuer de travailler sur le dossier de Raif. La prochaine étape pour nous, on veut travailler avec le gouvernement canadien. On salue les démarches du gouvernement Trudeau, avec M. Dion (le ministre des Affaires étrangères) qui a rencontré ses homologues saoudiens. C'est déjà un pas constructif. On va espérer que c'est le début d'une démarche jusqu'à ce qu'on obtienne des résultats », commente Mme Elchacar.

« On espère qu'avec le changement de gouvernement, il va y avoir du rattrapage par rapport au recul pris dans les dernières années. On publie chaque année un programme relatif aux droits humains à l'intention du Canada. C'est beau de critiquer ce qui se passe ailleurs, il faut le faire, mais il faut aussi regarder ce qui se passe à l'intérieur ici. Il y a de bonnes nouvelles, par exemple avec l'enquête publique sur les femmes autochtones. »

Tout le monde a retenu son souffle après que l'Arabie saoudite eut annoncé l'exécution de 47 personnes. « Évidemment, c'est terrible... C'est difficile de faire un lien avec le dossier de Raif. Ce n'est pas la même situation. Ça donne une idée de l'ampleur de la situation des droits de l'homme en Arabie saoudite », observe Mme Elchacar.

Selon les données d'Amnistie internationale, l'Arabie saoudite a exécuté 151 personnes en 2015. L'année 2016 ne fait que commencer, et elle en a exécuté 47. « Le chiffre est saisissant, mais il y a tellement d'autres problèmes de droits humains reliés à ça. La plupart de ces personnes-là ont eu des procès grossièrement inéquitables... Ça ressemble aussi à des règlements de compte sous couvert de guerre au terrorisme. »

La loi antiterroriste sous laquelle ils ont été exécutés est une loi promulguée en 2014. Waleed Abu Al-Khair, le beau-frère de Raif est le premier à avoir été condamné sous cette loi, rappelle Mme Elchacar. Le défenseur des droits de la personne, qui était aussi l'avocat de Raif Badawi, a été condamné à 15 ans de prison.

« Avec ce qui se passe en Arabie saoudite, le degré d'inquiétude risque d'augmenter. Le fait qu'il ait été transféré de prison, c'est difficile d'avoir de ses nouvelles », observe Mme Hospes.

Quel rôle joue la mobilisation internationale dans la suspension de la peine de Raif Badawi? Caroline Custeau, photographe aux vigiles et amie d'Ensaf Haidar, se dit convaincue de l'effet de cette vague de mobilisation. « Ce sont des présomptions, on n'en a aucune assurance. Mais je n'ai pas envie de savoir ce qui serait arrivé à Raïf sans cette mobilisation... », note Mireille Elchacar.

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