La victoire de l'humanité

Les filles de la famille croquées près du... (Courtoisie)

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Les filles de la famille croquées près du sapin par papa Stéphane Vallières. Debout, Flavie, Sarah-Eve et Elizabeth, et assises devant, Annie Lussier et Charlou.

Courtoisie

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(Windsor) Elles débarquent avec des idées jusqu'ici inexplorées, montrent une combativité qui pourrait déplacer des montagnes, tendent la main comme peu de gens le font, ou encore elles se sont illustrées dans leur domaine respectif. En cette fin d'année,  La Tribune met en lumière des personnalités inspirantes de l'année 2015.

Ce n'est pas tant la victoire qui compte que la façon dont on mène la bataille. C'est l'une des leçons que l'on aura pu tirer au cours de la dernière année en admirant de loin ou en côtoyant de près la famille Lussier-Fontaine-Vallières, qui a affronté fybrose kystique, transplantation pulmonaire, cancer des ganglions et le lot de stress associé à tout ce tutti quanti médical, on peut bien l'imaginer.

Des précisions d'abord sur le triple nom de famille. Annie Lussier, la maman, a donné vie à Sarah-Eve Fontaine, il y a 20 ans, lors d'une précédente union. Puis avec l'homme de sa vie, Stéphane Vallières, on a fait place à Élizabeth, Flavie et Charlou. On le raconte parce qu'au cours des derniers mois, on a souvent mis le duo mère-fille d'Annie Lussier et Sarah-Eve Fontaine sous le spotlight, mais que dans l'ombre, dans la petite maison de Windsor, la bulle d'amour est bien plus grande encore.

Et que ce long combat, celui de Sarah-Eve contre la fybrose kystique, contre les risques de rejet après la transplantation de juillet, contre le cancer qui vient de s'inviter dans la suite des choses, ce long combat, donc, c'est le sien, mais celui aussi de toute une famille tissée serré. Tissée serré de ses membres immédiats, mais aussi avec les proches... et la communauté.

Exemples. Mi-décembre, Sarah-Eve s'apprête à recevoir un premier traitement de chimio pour ce cancer des ganglions qui s'est annoncé deux mois plutôt. Quelques jours plus tard, elle réunit sous le toit familial cousins et amis pour le traditionnel atelier de biscuits de Sarah-Eve. La semaine précédente, c'est une bonne partie de la famille qui arborait costumes de fée des étoiles, de père Noël et de lutins dans le défilé windsorois.

On leur pardonnerait pourtant de se rouler en boule dans un coin pour laisser moins de surface à la douleur et parer d'autres coups potentiels. On serait d'ailleurs peut-être, vous et moi, tentés par le rouler en boule en pareille situation.

Sauf que non, pas chez les Lussier-Fontaine-Vallières. Là, dans ce château-fort où le pont-levis est baissé en permanence, on accueille et on se donne. Beaucoup. Et par-dessus tout, chose taboue dans ce monde un peu fou, on a appris à demander, à accepter la part de l'autre, à partager.

On s'arrête ici. Reculez d'une ligne. Relisez ce bout, cette phrase. Pas parce qu'elle est bien tournée, on s'en fout, mais parce qu'elle est à la base de tout.

À la base de notre capacité en tant qu'humanité à se dresser devant l'adversité, à poser un genou par terre, voire à s'étendre de tout son long devant certains coups portés, puis à tendre la main afin de se relever.

À tendre la main quand on est debout, en position d'aider quelqu'un, mais aussi quand on tangue un peu, afin d'obtenir à notre tour le soutien dont on a besoin.

Ce n'est pas tant la victoire qui compte que la façon dont on mène la bataille, disait-on d'entrée de texte.

Pas parce qu'on aura gagné.

Pas parce qu'on aura été brave, courageux, héroïque.

Tout simplement parce qu'on aura su puiser dans notre humanité pour rendre la vie meilleure malgré l'adversité.

Comme l'auront fait les Lussier-Fontaine-Vallières au fil des années.

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