Pierre-Hugues Boisvenu: «Je n'avais pas le droit de démissionner»

Isabelle Boisvenu, photographiée en octobre 2004 lors du... (La Tribune, archives)

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Isabelle Boisvenu, photographiée en octobre 2004 lors du procès pour le meurtre de sa soeur, est décédée en 2005 dans un accident de voiture.

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(Sherbrooke) La date, le moment où le tragique destin a fauché la vie de sa fille Isabelle restera gravé à jamais pour Pierre-Hugues Boisvenu.

Trois ans après qu'un récidiviste ait volé la vie de son aînée Julie, voilà que la route 117 du parc de La Vérendrye lui prenait sa fille cadette, Isabelle, le 22 décembre 2005 à 10 h. Elle se rendait passer Noël en Abitibi lorsque le véhicule dans lequel elle prenait place a dérapé. Dix ans ont passé depuis qu'Isabelle Boisvenu, 26 ans, et son copain Jean-Michel Beauchesne, 19 ans, ont perdu la vie lors du tragique accident.

« Julie est au coeur de beaucoup de changements pour le droit des victimes. Si Julie m'a amené dans cette mission, c'est Isabelle qui m'a testé. Elle a été très impliquée dans la cause. Souligner le dixième anniversaire de son départ donne une idée de l'ampleur du combat que nous avons mené et des changements apportés tant au provincial qu'au fédéral », explique M. Boisvenu.

Il signale que le décès de la deuxième fille de la famille Boisvenu a été un choc majeur.

« J'en ai beaucoup voulu à Dieu d'être venu chercher Isabelle. Malgré tout, j'ai persisté dans la mission que je m'étais donnée avec deux forces spirituelles supplémentaires. Les filles m'ont guidé dans mes implications. J'ai fait la paix avec son décès, mais il reste toujours des questions. Je me demande encore pourquoi. Julie a été tuée par un individu qui avait des problèmes mentaux, mais pour Isabelle, je ne sais pas pourquoi », signale Pierre-Hugues Boisvenu.

Le départ tragique de ses deux filles en l'espace de trois ans a été une source d'inspiration pour faire avancer les droits des victimes d'actes criminels.

« Je n'avais pas le droit de démissionner de cette mission. Isabelle me disait de continuer. Ce type de combat prend plus que de la force physique, ça prend de la foi dans ce que tu fais et de l'espérance dans les changements que tu veux amener », souligne celui dont le combat pour les familles de victimes d'actes criminels l'a mené au sénat canadien.

Pierre-Hugues Boisvenu estime que sa fille Isabelle continue d'inspirer ses amis.

« Isabelle était très près de tous ses amis. Même morte, je pense qu'elle est encore près d'eux. Lorsqu'ils vivent des moments difficiles, Isabelle par leurs prières est très aidante. On ne l'oublie pas. » soutient M. Boisvenu.

Tous les jours, Pierre-Hugues Boisvenu se demande ce que serait sa vie si elle ne lui avait pas arraché trop tôt ses deux filles.

« Isabelle a reçu son certificat de comptable agréé deux jours après sa mort. Je me demande où elle serait rendue. Comment elle aurait réussi comme comptable agréé. Ce qui nous manque beaucoup, c'est de ne pas être grands-parents de nos deux filles. Nous avions des rêves pour nos filles, mais ces événements sont des voleurs de ces rêves. Je ne peux oublier mes filles lorsque je vois des mères de famille avec leurs enfants. C'est une partie de la vie qui nous a été enlevée », signale Pierre-Hugues Boisvenu.

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