Des lettres qui témoignent du mauvais sort

Le directeur général de la Fondation Rock-Guertin, Denis... (Spectre Média, Julien Chamberland)

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Le directeur général de la Fondation Rock-Guertin, Denis Fortier, exhibe quelques-unes des 2500 lettres que l'organisme reçoit à l'appui des demandes de paniers.

Spectre Média, Julien Chamberland

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) Encore cette année, la Fondation Rock-Guertin a reçu pas moins de 2500 demandes de Paniers de l'espoir. Chacune de ces demandes est accompagnée d'une lettre décrivant les raisons pour lesquelles le demandeur s'adresse à la Fondation.

Selon le directeur général de la Fondation, Denis Fortier, s'il existe une particularité parmi toutes les lettres reçues cette année est qu'elles proviennent de gens qui ont connu un mauvais coup du sort.

« Ce qu'on constate, c'est que ce ne sont plus nécessairement des gens sur l'aide sociale qui demandent un panier de Noël. Le couple peut travailler tous les deux, mais ils viennent de vivre une situation difficile au cours des derniers mois, ce qui fait qu'ils ont de la misère à joindre les deux bouts. Ça peut être, par exemple, une auto qui a brisé ou un appareil électroménager. Dans cette situation-là, le petit coussin qui avait été mis de côté a servi à ça. Peut-être que l'an prochain, elles n'en auront pas besoin, mais cette année, elles voient les Fêtes arriver, avec les enfants, et pour eux ça va être difficile. »

Tout en préservant l'anonymat des demandeurs, La Tribune a eu accès à une partie de ces lettres.

Premier constat : les femmes représentent la très grande majorité des demandes adressées à La Fondation.

Deuxième constat : la perte d'emploi ou la maladie occupent une place importante dans la situation de pauvreté vécue par les demandeurs.

C'est le cas de cette jeune maman monoparentale de deux enfants qui, jusqu'à cette année, pouvait subvenir aux besoins de sa famille en tant que travailleuse autonome.

Mais « il y a quelques mois, écrit-elle, on m'a diagnostiqué des tumeurs à l'estomac et à l'intestin. Les médicaments me coûtent très cher par mois et je dois me reposer pour améliorer ma santé. Mes revenus ont donc diminué et j'ai moins d'argent pour subvenir aux besoins de mes deux enfants...».

Il y a aussi cette grand-mère « malade et sur l'aide sociale » qui doit s'occuper seule de ses petits-enfants, puisque leur père est en prison. « Je n'ai aucun revenu pour eux. SVP, écrit-elle, aidez-moi à leur faire passer un beau Noël. J'ai vraiment besoin... »

Mariée depuis trois ans, une travailleuse autonome écrit qu'elle vient de perdre son emploi auprès d'une agence gouvernementale et ce, sans préavis.

« J'héberge mon père en perte d'autonomie, qui, selon ses médecins, n'en a plus pour longtemps à vivre. Mon mari a 62 ans. Il est aidant naturel pour mon père. Nous avons pris la décision qu'il reste à la maison. Il y a aussi mon fils (...) qui souffre de diverses problématiques médicales. Pour Noël, j'aimerais pouvoir offrir à mon père un magnifique repas, car il est possible que ce soit le dernier », écrit-elle.

Un des très rares hommes ayant osé écrire à la Fondation indique pour sa part avoir dû « piler sur (son) orgueil avant d'acheminer sa première demande :

« J'ai toujours eu des emplois et j'ai toujours su bien me débrouiller. À l'exception de cette année où l'emploi s'est fait très rare et j'ai dû avoir recours à l'aide sociale. Orgueilleux, je n'ai pas osé demander de l'aide à Moisson Estrie, car je croyais que c'était pour les gens dans le besoin. Jusqu'à ce qu'un ami me fasse comprendre que j'étais dans le besoin. C'est pour cette raison que je fais une demande de panier de Noël. Ainsi, je pourrai peut-être recevoir mes deux enfants en bas âge qui demeurent avec leur mère. »

La distribution des Paniers de l'espoir de la Fondation Rock-Guertin se met en branle ce matin. Plus de 500 bénévoles seront à pied d'oeuvre toute la journée afin de répondre aux quelque 2500 demandes reçues depuis des mois.

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