Un trou de 5,5 M$ à combler à l'UdeS

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L'Université de Sherbrooke devra encore trouver 5,5 M$ afin de parvenir à équilibrer son budget 2015-2016. À moins de nouveaux revenus, comme une hausse de l'effectif étudiant, la direction se tournera vers ses groupes d'employés afin de récupérer cette somme.

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(SHERBROOKE) L'Université de Sherbrooke devra encore trouver 5,5 M$ afin de parvenir à équilibrer son budget 2015-2016. À moins de nouveaux revenus, comme une hausse de l'effectif étudiant, la direction se tournera vers ses groupes d'employés afin de récupérer cette somme. L'institution estime qu'elle sera en mesure d'aller chercher environ 1,2 M$ auprès de ses étudiants, avec l'augmentation des frais institutionnels non obligatoires (FINO).

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Alain Webster

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Avec une augmentation qui peut représenter une centaine de dollars par année, la direction espérait récupérer environ 2 M $. Or, comme il s'agit de frais non obligatoires, les étudiants avaient la possibilité de payer ou non ces frais.

Selon l'estimation de l'UdeS datant de fin novembre, environ 70,5 % des étudiants paient les FINO, ce qui peut représenter une somme de 1,2 M$. « C'est un objectif fort raisonnable dans le contexte », note le vice-recteur au développement durable et aux relations gouvernementales Alain Webster.

L'augmentation était variable d'un étudiant à l'autre, car une partie des frais est liée au nombre de crédits des cours. La marge de manoeuvre de l'institution reposait sur les FINO, car l'indexation des frais institutionnels obligatoires (FIO) est encadrée par Québec.

Les frais ont commencé à être appliqués à l'automne, alors que l'année financière était déjà en cours, rappelle M. Webster.

Lorsqu'elle a déposé son budget le printemps dernier, l'UdeS évaluait qu'elle devait récupérer 11,2 M$ au cours de l'année 2015-2016 pour atteindre l'équilibre budgétaire.

Elle s'attendait, en outre, à devoir faire face à une nouvelle compression, qui a finalement été de l'ordre de 4 M$. Un assouplissement de certaines règles quant à l'utilisation du budget, à la suite de pourparlers avec Québec, a toutefois permis à l'UdeS de souffler un peu, notent les cadres de l'institution.

Les données financières ont été présentées dans le cadre d'un suivi budgétaire. « On présente ce suivi budgétaire en décembre, mais il s'agit d'une photo des six premiers mois. Les six derniers mois vont représenter un défi », commente le recteur adjoint de l'UdeS, Martin Buteau.

« On se rappellera qu'en mars on avait encore de l'argent à trouver pour terminer l'année financière en équilibre et on y est arrivé. La marge de manoeuvre est plus étroite qu'elle ne l'était. C'est quand même beaucoup d'argent », commente M. Buteau.

La direction doit négocier avec plusieurs de ses syndicats au cours des prochaines semaines. C'est le cas notamment des employés de soutien, dont la convention collective vient à échéance le 31 décembre, les professeurs ingénieurs et les professionnels.

Des pourparlers sont aussi en cours avec le Syndicat des professeures et professeurs de l'UdeS (SPPUS). 

La direction s'est notamment entendue avec les professeurs d'enseignement clinique de la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) et l'Association des professeurs et professeurs de la FMSS (APPFMUS).

Au début de l'année 2015, l'UdeS avait annoncé qu'elle tenterait de récupérer environ 10 M$ auprès de ses employés. Puis, lors du dépôt du budget, ce chiffre avait baissé à 8,7 M$. Les unités administratives de l'UdeS ont aussi été appelées en renfort; la totalité d'entre elles a atteint ou dépassé leurs cibles d'efforts de compressions.

Par ailleurs, l'UdeS a reçu une reconnaissance internationale pour son document de présentation budgétaire.

Il s'agit du Distinguised Budget Presentation Award, décerné par la Government Finance Officers Association of United States and Canada (GFOA), une association professionnelle « des responsables des finances d'organismes gouvernementaux et paragouvernementaux qui vise l'adoption des meilleures pratiques de gestion financière », selon l'UdeS.

Des concessions demandées aux professeurs

La direction de l'Université de Sherbrooke a demandé plusieurs concessions au Syndicat des professeures et professeurs de l'UdeS (SPPUS), dont une poursuite du gel d'embauche pour deux années supplémentaires. L'UdeS souhaitait également prolonger le contrat de travail du SPPUS jusqu'en avril 2018, mais la demande a été refusée par l'instance syndicale.

Diverses mesures auraient fait en sorte de diminuer la rémunération des professeurs en congé de maladie à court terme et de diminuer le traitement des congés de maternité et le nombre de semaines accordées. Ces mesures prévoyaient également le retrait de l'exonération partielle des droits de scolarité pour les proches du SPPUS. L'exonération des droits de scolarité prévoit le remboursement de 50 % des frais de scolarité d'un employé, de son conjoint ou ses enfants.

Certaines mesures étaient des mesures intersyndicales permanentes, et d'autres mesures étaient temporaires.

Certaines d'entre elles auraient eu pour effet d'augmenter la tâche des professeurs, selon la présidente du SPPUS, Dominique Lorrain.

« On a proposé de prolonger la convention collective jusqu'en avril 2018, en incluant certaines demandes spécifiques. Ils ont regardé ça et ils en sont venus à la conclusion qu'ils souhaitaient travailler à travers une négociation classique », indique le recteur adjoint Martin Buteau.

« Proposition inacceptable »

« Ça a été refusé sur-le-champ par le comité de négociation; cette décision a été endossée et soutenue par le conseil syndical à l'unanimité. C'était une proposition inacceptable », commente Mme Lorrain.

Elle indique que le SPPUS a fait une estimation des mesures demandées par l'UdeS. Selon elle, si le SPPUS avait accepté l'entente proposée, les économies équivalaient à 6,8M$ en 2016-2017 et à 7,6M$ en 2017-2018.

L'UdeS avait fixé des cibles d'économie par syndicat pour l'année financière en cours. L'objectif était de récupérer 6,5 % de la masse salariale du SPPUS, soit l'équivalent de 3,2 M $.

Aux yeux de Mme Lorrain, les membres du SPPUS ont déjà fait leur part. « On est passé de 445 professeurs à 419 depuis deux ans », souligne-t-elle. « Si on poursuit le gel d'embauche, ça va continuer à descendre », remarque-t-elle. « C'est assez clair qu'il faut trouver d'autres solutions. »

Le SPPUS a accepté un gel d'embauche pour une partie de l'année 2014-2015 et pour l'année 2015-2016. Le SPPUS estime que les économies se chiffrent à plus de quatre millions $ pour l'institution.

La direction souhaitait prolonger la convention d'autres instances syndicales. « On a testé de façon informelle, et on l'a déposé de façon formelle au SPPUS », note M. Buteau.

« On comprend que l'UdeS veut répondre aux demandes de compressions, mais les professeurs ont déjà beaucoup donné », commente Mme Lorrain, en soulignant qu'un message doit être lancé au gouvernement. « On veut tenter de préserver au mieux la qualité de la formation. »

La convention collective du SPPUS est échue depuis mars dernier. La question salariale n'a pas encore été abordée, selon Mme Lorrain. Aucune augmentation de salaire n'était prévue au cours de la dernière année de la convention collective, précise Mme Lorrain, pas même la politique salariale gouvernementale (PSG).

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