Des Fêtes moins joyeuses sur les pentes

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À quelques jours du début de la période des Fêtes, les températures nettement au-dessus des normales de saison limite la fabrication artificielle de neige dans les stations de ski.

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(MAGOG) La période des Fêtes s'annonce désastreuse pour les stations de ski des Cantons-de-l'Est. Le problème : les températures nettement au-dessus des normales de saison, qui limitent beaucoup la fabrication de neige.

Normalement, à la mi-décembre, on atteint en moyenne moins quatre degrés Celcius pendant la journée et, la nuit, le mercure oscille autour de moins 13. On est cependant demeuré loin de ces moyennes ces deniers jours.

Pour fabriquer de la neige, habituellement, il faut des températures inférieures à moins trois degrés Celcius. Plusieurs stations n'ont donc pas été en mesure de compenser l'absence de neige naturelle grâce à leurs canons jusqu'à présent cette année.

« Il ne fait pas froid et c'est ça le problème, lance le directeur général de la station Mont Orford, Luc Chapdelaine. C'est une situation particulièrement exceptionnelle. C'est malheureux pour tout le monde. »

M. Chapdelaine souligne qu'une importante partie des effectifs de la station Mont Orford continue d'attendre à la maison le réel démarrage des activités. « On est à effectifs réduits en ce moment. Ce n'est pas plaisant pour nos travailleurs de vivre ça juste avant Noël », déclare-t-il.

Au Mont Orford, on pourrait accueillir les skieurs le 22 décembre, à condition que les températures plus froides prévues durant les prochains jours deviennent réalité.

« On espère que la plage de froid annoncée pour les prochains jours se concrétisera. Ça nous permettrait de faire de la neige un peu pour avoir deux pistes pour le 22 décembre, qui serait notre journée d'ouverture. »

Directeur des ventes et du marketing à la station Owl's Head, Luc Saint-Jacques mentionne que les canons à neige pourront probablement redémarrer vendredi. « On a une fenêtre de froid de vendredi à dimanche. On va essayer d'en profiter au maximum en adoptant possiblement une stratégie d'enneigement différente de celle que nous utilisons d'habitude en début de saison », explique-t-il.

Si les conditions météorologiques sont davantage propices à l'enneigement artificiel, la station Owl's Head ouvrira le 26 décembre avec seulement quelques pistes accessibles.

« Le propriétaire de la montagne, Fred Korman, a déjà connu des débuts de saison pires que ça. Toutefois, on n'a pas connu une situation semblable depuis au moins dix ans », note Luc Saint-Jacques.

Non seulement Owl's Head perdra des revenus de billetterie, mais ses chambres se louent moins bien présentement. « Nous avions beaucoup de réservations pour les Fêtes et plusieurs ont annulé ou reporté leur séjour chez nous. »

« La période des Fêtes est très importante pour l'industrie du ski, alors ce qui arrive en ce moment fait mal, reconnaît M. Saint-Jacques. Par contre, nous ne sommes pas nécessairement dans une situation désastreuse. On verra comment tout ça évoluera. »

Au mont Bellevue, le directeur des opérations, Robert Blais, ignore totalement quand les remontées mécaniques pourront commencer à fonctionner. « On aurait au moins besoin d'un autre 48 h de fabrication de neige pour réussir à ouvrir. Ce n'est pas facile », déclare-t-il.

Rappelons que Ski Bromont et Mont Sutton ont pour leur part réussi à lancer leur saison hivernale 2015-2016. Mais il s'agit dans les deux cas de départ en demi-teinte en raison des conditions météorologiques enregistrées ces deux dernières semaines.

« C'est catastrophique pour le moment ! »

« L'industrie du ski est importante pour l'économie de la région de Magog. Le manque de neige qu'on vit actuellement et le temps doux feront très mal. On garde espoir que la situation s'améliore, mais pour le moment c'est catastrophique! », lance Alain Thivierge, coprésident de la Chambre de commerce et d'industrie Magog-Orford (CCIMO).

Selon M. Thivierge, certains commerçants sont inquiets. « On risque de voir moins de touristes dans la région si on n'a pas de neige. C'est moins intéressant pour les gens de l'extérieur de venir dans le secteur de Magog quand on n'a pas de neige pendant le temps des fêtes. Les séjours dans les hôtels et auberges seront probablement moins nombreux », affirme-t-il.

Le président de la CCIMO redoute également que le manque criant de neige et le temps anormalement doux fragilisent la station Mont Orford, qui a traversé des années fort difficiles depuis 2005.

« Les revenus du temps des fêtes sont importants pour le Mont Orford. C'est sûr qu'une baisse d'achalandage majeure, durant cette période, serait une mauvaise nouvelle pour ce centre de ski. »

Directeur général de la station Mont Orford, Luc Chapdelaine souligne cependant que son organisation n'espère plus les mêmes revenus qu'avant aux Fêtes. « La température au début de l'hiver est de plus en plus incertaine. Il faut qu'on ajuste nos modèles à cette réalité. En cinq ans, on a eu un seul vrai beau Noël à la montagne », déclare-t-il.

M. Chapdelaine est aussi conscient que l'économie de la région magogoise souffrira sans doute de la situation. « 1 $ dépensé dans un centre de ski engendre entre trois et cinq $ de retombées dans le milieu », note-t-il.

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