«Chaque enfant répond à sa façon»

Les ergothérapeutes Mélissa Grenier et Marie-Ève Caron ont... (Fournie)

Agrandir

Les ergothérapeutes Mélissa Grenier et Marie-Ève Caron ont cofondé la clinique À Pas Devant à Drummondville en 2012 et ont inauguré une deuxième clinique à Sherbrooke cet automne.

Fournie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) Dossier / La clinique À Pas Devant, installée à Drummondville depuis 2012 et à Sherbrooke depuis l'automne, est responsable de la formation, en Amérique du Nord, des ergothérapeutes, orthophonistes, physiothérapeutes et autres professionnels de la santé souhaitant utiliser la Méthode Padovan parmi leurs approches thérapeutiques.

« À ce jour, nous avons traité, avec l'appui de la communauté médicale, près d'une centaine de familles ayant un enfant autiste ou un enfant qui a un retard de développement, un TDAH ou un trouble de dyspraxie. Chaque enfant répond à sa façon, mais s'améliore par rapport à lui-même », explique Marie-Ève Caron, ergothérapeute qui a fondé la clinique À Pas Devant avec sa collègue Mélissa Grenier.

La réorganisation neurofonctionnelle - Méthode Padovan est une approche globale du développement neurosensoriel qui a été développée il y a plus de 40 ans par Béatriz Padovan. Depuis, la méthode est en constante évolution.

« En revenant sur chacune des étapes du développement et des apprentissages du tout-petit, elle contribue à éveiller les zones du système nerveux qui auraient été lésées ou non stimulées », précise l'ergothérapeute.

Projets de recherche

Depuis 2012, trois projets de recherches concernant la Méthode Padovan ont eu lieu en ergothérapie à l'Université de Sherbrooke. Ces projets de recherches touchaient notamment la dyspraxie et l'autisme. « Pour nous, travailler en collaboration avec l'UdeS est important afin de valider les constatations cliniques de l'ensemble des thérapeutes qui utilisent cette approche thérapeutique puisque l'appui des données probantes en ergothérapie est primordial », mentionne Mme Caron.

La clinique a présenté récemment une conférence devant les pédiatries du CHUS. « L'objectif de s'installer à Sherbrooke était aussi de permettre la mise en place de projets de recherche sur la Méthode ainsi que la participation active des étudiants en ergothérapie que ce soit par l'implication au niveau de la recherche ou au niveau clinique », indique Mme Caron.

À Pas Devant a le mandat de permettre aux ergothérapeutes, orthophonistes, physiothérapeutes et autres professionnels de la santé d'être encadrés et d'avoir accès à des ressources au niveau clinique.

Une méthode dispendieuse

Dans un contexte où les ressources du système de santé public du Québec sont limitées, les familles d'enfants autistes doivent se tourner vers le secteur privé pour avoir accès à la Méthode Padovan. Un fait que déplore Hélène Quigley, coordonnatrice de la Société de l'autisme et des troubles envahissants du développement de l'Estrie.

Les traitements s'étalent sur une période de 6 à 12 mois, selon les cas, à une fréquence de deux fois par semaine, parfois plus. Un traitement qui s'avère dispendieux puisque le tarif varie entre 100 $ et 120 $ la séance.

« Je ne remets pas en doute les bons résultats que peut donner la méthode, des résultats variables selon chacun des cas, mais c'est une démarche qui est très dispendieuse. La continuité, la persistance et la persévérance sont nécessaires pour que la méthode fonctionne. Or, les parents commencent parfois le traitement et rencontrent parfois des problèmes financiers en cours de route, par exemple, lorsqu'ils atteignent les limites de la couverture de leur assurance. Ils sont alors forcés d'abandonner le traitement. Ce n'est pas accessible à tous », commente Mme Quigley.

Le traitement de Jérémy a nécessité 92 séances, à 110 $, pour un total d'environ 10 000 $. Plus les frais de déplacement puisque la famille devait faire 2 h 30 de voiture aller-retour pour se rendre à la clinique de Drummondville. « C'est difficile, car les familles d'enfants autistes sont souvent déjà appauvries par la situation entourant leur enfant. À cause des heures qu'elles consacrent au développement de leur enfant qui ne sont pas des heures travaillées et à cause de tous les services que nécessite l'état de leur enfant », mentionne Mme Quigley qui, sans vouloir être rabat-joie, affirme que la prudence est de mise. « Il n'y a pas de méthode miracle. Les résultats à long terme ne sont pas connus. Souvent on essaie quelque chose, la situation de l'enfant s'améliore et quand c'est le cas, on relâche l'encadrement et l'état peut se détériorer », précise-t-elle.

Les parents de Jérémy Pagé n'ont aucune assurance privée couvrant les dépenses, mais ont su trouver les fonds nécessaires.

« Le CLSC nous a versé environ 2000 $, car il y a un programme qui rembourse une portion des frais de déplacement. Aussi, on reçoit du gouvernement du Québec un supplément pour enfant handicapé qui représente

entre 600 et 700 $ par mois alors ça couvre une bonne portion», relate la mère de Jérémy précisant que ce supplément pourrait effectivement payer d'autres services à son enfant ou couvrir d'autres coûts liés à la vie quotidienne de la famille.

« Mais c'est un an dans une vie et les résultats n'ont pas de prix pour nous et Jérémy », témoigne Mme Parke.

Partager

À lire aussi

  • Des illustrations à la rescousse

    Actualités

    Des illustrations à la rescousse

    Dossier / Imaginés pour augmenter l'intérêt et les apprentissages de son fils atteint du syndrome d'Asperger, les pictogrammes... »

  • Un peu d'espoir pour les parents

    Actualités

    Un peu d'espoir pour les parents

    Dossier / Depuis environ un an, le groupe Parents jusqu'au bout se bat pour que le gouvernement soutienne davantage financièrement... »

  • Vivre avec l'autisme: la course à obstacles

    Actualités

    Vivre avec l'autisme: la course à obstacles

    Dossier: L'autisme touche maintenant 1 enfant sur 68 et 1 garçon sur 42, selon les données les plus récentes fournies par les... »

  • Jérémy se fait des amis

    Actualités

    Jérémy se fait des amis

    Dossier / Jérémy Pagé a reçu son diagnostic d'autisme l'été avant son entrée à la maternelle. Ses parents l'avaient amené faire des... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer