Le Népal privé de produits de commodité

Le Drummondvillois Marc St-Louis se trouve à Katmandou,... (La Tribune, Yanick Poisson)

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Le Drummondvillois Marc St-Louis se trouve à Katmandou, au Népal. Il oeuvre à titre de bénévole à l'école Victor Hugo Manjushree Vidiyapith.

La Tribune, Yanick Poisson

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Yanick Poisson
La Tribune

(Drummondville) Le Drummondvillois Marc St-Louis se trouve à Katmandou, au Népal, au beau milieu d'une région victime d'un blocus limitant l'importation de produits de commodité comme le pétrole et les médicaments provenant de l'Inde. Il raconte l'enfer que vivent les Népalais depuis le début de la pénurie.

Les choses ont continué de dégénérer à la frontière entre le Népal et l'Inde où le blocus sévit depuis maintenant un peu plus de six semaines. Les Madhesi, ce groupe ethnique népalais sympathique à l'Inde, ont, entre autres, attaqué et brûlé un camion transportant des médicaments pour les hôpitaux du Népal. Ils ont fait de même avec une ambulance transportant un patient qui était transféré vers des hôpitaux mieux équipés et ont blessé le conducteur.

« Ils ont aussi empêché une autre ambulance de poursuivre son chemin, et ce, même après avoir été informés par le père, qui se trouvait à bord, que l'ambulance transférait de façon urgente un enfant de trois ans vers des soins spécialisés. Ce ralentissement a eu pour conséquence que l'enfant est décédé avant son arrivée à l'hôpital », raconte M. St-Louis.

Les hôpitaux de Katmandu sont également affectés. Des quantités importantes de médicaments indispensables au fonctionnement quotidien d'un hôpital dorment depuis des semaines à la frontière. Un des principaux hôpitaux a indiqué que, si l'embargo perdurait, il faudrait envisager la fermeture de l'hôpital.

« On peut penser, à raison, qu'il y a un peu de rhétorique dans cette annonce, mais il n'en demeure pas moins que, si je ne me trompe, l'achalandage a diminué de moitié. Au Québec on voit ça quand le Canadien fait les séries ou pendant les Fêtes. Croyez-moi, si un Népalais va à l'hôpital, c'est qu'il en avait besoin deux semaines plus tôt », ajoute-t-il.

En sécurité... pour l'instant

Marc St-Louis oeuvre à titre de bénévole à l'école Victor Hugo Manjushree Vidiyapith, une école privée qui a pour particularité de ne pas sélectionner les enfants et de ne pas pénaliser les familles qui ne sont pas capables de payer. Seulement un tiers des familles défraient les coûts d'inscriptions.

Faisant partie des privilégiés, le Drummondvillois mange encore trois fois par jour et il profite du confort relatif de ses installations. Il affirme avoir des réserves de gaz pour environ un mois.

« Après ça, on commence à brûler le mobilier, relate-t-il le plus sérieusement du monde. On devrait être bon pour au moins deux semaines, la maison est grande. Ensuite, on passera à l'incinération de détritus de toutes sortes. Étant donné tout ce qui traîne dans les rues ici, on devrait être bon pour passer l'hiver. Pas très casher d'un point de vue écolo, mais rendu là, il faut ce qu'il faut ».

De la lumière au bout

du tunnel?

Après six semaines d'embargo, le gouvernement népalais, qui est apparu un peu passif jusque-là, a entamé des négociations avec la Chine pour l'approvisionnement en carburant. Les médias locaux font état de signaux positifs de ce côté. Il faut toutefois noter que le transport en provenance du Tibet se fera dans des conditions autrement plus difficiles que celles qu'ont celles qui caractérisent le trajet de la frontière du Népal à Katmandou.

« Alors que le Téraï, zone frontalière de l'Inde et du Népal, est plat, le parcours du Tibet vers la capitale du Népal se fera en zone montagneuse. Et on parle ici de la chaîne himalayenne. Mais au final, qu'importe d'où viendra l'or noir, car il y a urgence », explique M. St-Louis.

Rappelons que les Madhesi, ethnie du sud du Népal, ont décidé d'empêcher l'essentiel de la circulation des biens provenant de l'Inde parce qu'ils sont insatisfaits de la nouvelle constitution adoptée par le gouvernement central en septembre. Cette situation est à l'origine d'une importante crise économique dans une région qui se relève à peine d'un puissant tremblement de terre.

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