Décès d'un arpenteur: Sintra montrée du doigt par la CSST

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L'inspecteur Denis Marchand a livré le rapport relativement au décès de l'arpenteur Francis Précourt, survenu le 23 juillet.

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Yanick Poisson
La Tribune

(DRUMMONDVILLE) La CSST a rendu public, jeudi en matinée, son rapport relativement au décès de l'arpenteur Francis Précourt, survenu le 23 juillet alors qu'il oeuvrait à titre d'arpenteur superviseur pour le ministère des Transports du Québec. La Commission rend l'entreprise Sintra responsable de l'accident.

« La mort de M. Précourt est attribuable à un manque de communication entre lui et l'opérateur du bouteur (bulldozer) qui a causé sa mort. Il devait y avoir une communication verbale ou visuelle. On note également une organisation du travail déficiente, notamment en ce qui a trait au déplacement de personnes dans la même aire de travail », explique l'inspecteur Denis Marchand.

La victime était à vérifier des mesures prises par Sintra sur un chantier de réfection de la chaussée de la route 255, à Drummondville, lorsqu'il a été heurté par le bouteur. L'impact lui a fait perdre l'équilibre, tant et si bien qu'il s'est retrouvé sous le véhicule et s'est fait écraser. Il est transporté à l'hôpital et succombe à ses blessures.

Puisqu'il ne sait pas que l'arpenteur se trouve dans sa voie, le conducteur du bouteur ne regarde pas à l'arrière durant sa manoeuvre de recul, mais bien de chaque côté de la lame à l'avant du véhicule.

Des amendes et des mesures correctives

La CSST considère que l'entrepreneur et maître d'oeuvre du chantier, Sintra, a agi de façon à compromettre la sécurité des travailleurs. En conséquence, un constat d'infraction lui a été remis. Pour ce type d'infraction, l'amende peut varier de 16 124 $ à 161 240 $.

On a également demandé à l'entreprise de mettre en place une méthode de travail sécuritaire pour la présence simultanée de travailleurs et d'équipements lourds dans une zone de travail. Cette méthode comprend plusieurs éléments, dont une distance sécuritaire, un contact visuel et une priorité aux équipements lourds.

« On a aussi traité avec eux de la notion d'organisation du travail, de l'arrivée des camions et de la présence des arpenteurs. L'entreprise n'a pas adapté sa séquence de travail en fonction de l'arrivée du surveillant », ajoute Steve Laperle, un autre inspecteur de la CSST.

Ce type de contravention s'est répété au cours du mois de septembre et, encore une fois, il semble que Sintra ait été prise en défaut.

Pour éviter qu'un tel accident ne se reproduise, la CSST transmettra les résultats de son enquête à une poignée de partenaires, dont l'Association de la construction du Québec, l'Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec, l'Association québécoise des entrepreneurs en infrastructure et l'Association patronale des entreprises en construction du Québec. Ceux-ci pourront sensibiliser leurs membres à l'importance de planifier la cohabitation entre les travailleurs et les équipements lourds sur un chantier, ainsi que sur les nouvelles modifications réglementaires concernant les manoeuvres de recul des équipements lourds sur les chantiers qui seront bientôt en vigueur.

Rappelons qu'entre 2010 et 2014, au Québec, 29 travailleurs sont décédés après avoir été heurtés par un véhicule ou un équipement mobile. Chaque jour au Québec, 225 personnes se blessent en travaillant et c'est sans compter tous les autres qui sont aussi blessés par ces accidents.

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