Le CIUSSS-CHUS traitera les demandes d'aide médicale à mourir

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Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS traitera toute demande d'aide médicale à mourir si une telle demande lui parvient.

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(SHERBROOKE) Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS traitera toute demande d'aide médicale à mourir si une telle demande lui parvient.

« Compte tenu que la loi entre en vigueur dans son entièreté, incluant le volet sur l'aide médicale à mourir, nous allons traiter la demande comme prévu », indique Nathalie Schoos, cadre supérieure à la direction des soins infirmiers au CIUSSS de l'Estrie-CHUS, également chargée de projet dans ce dossier. « Avec l'information qu'on a reçue, on peut appliquer la loi dans son entièreté. » La loi entrait en vigueur jeudi.

Quelle pourrait être la proportion de cas pour lequel le CIUSSS pourrait accéder aux demandes, lorsqu'on sait que le patient doit être apte à décider jusqu'à la toute fin? « C'est une question qu'on s'est posée. Jusqu'à maintenant, on n'a aucune donnée à cet effet. Ça ne sera pas un volume substantiel. Ce sera très peu de demandes compte tenu des critères d'admission », évalue Mme Schoos.

Rappelons que la législation prévoit que le patient doit être apte à tous les moments requis, dont la première fois où il fera la demande d'une aide médicale à mourir. Une évaluation doit ensuite être faite par un premier médecin. La loi prévoit aussi qu'une deuxième évaluation sera réalisée par un deuxième médecin, au cours de laquelle le patient devra encore être apte à décider. Finalement, il devra être encore apte à décider lors des injections létales.

Mme Schoos explique qu'une formation a été donnée aux employés du CIUSSS cet automne afin de démystifier les aspects de la loi. À l'instar des autres centres CISSS et CIUSSS de la province, le CIUSSS de l'Estrie-CHUS a formé un groupe interdisciplinaire de soutien, formé entre autres de médecins, pharmaciens et d'éthiciens.

Le groupe pourra supporter par exemple les médecins pour des dossiers qui soulèveraient certaines questions. « On ne veut pas que nos professionnels soient isolés ou soient pris avec des situations particulières... »

Des questions

Sur sa page Facebook, la Sherbrookoise Suzanne Nadeau-Whissell, atteinte de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) s'est interrogée sur sa possibilité de demander l'aide médicale à mourir compte tenu des conditions d'admission.

L'infirmière retraitée a déjà perdu l'usage de la parole; la SLA entraîne aussi une paralysie progressive des membres. « Alors si je ne peux plus parler ni écrire, comment allez-vous savoir que je désire l'aide à mourir? » a-t-elle lancé en soulignant qu'elle avait posé la question à deux intervenantes du milieu de la santé qui n'avaient pas de réponse à ses questions.

Rappelons que la Cour d'appel a accordé au gouvernement du Québec la permission d'interjeter appel d'un jugement rendu la semaine dernière en Cour supérieure.

Celui-ci suspendait temporairement l'application de l'aide médicale à mourir au Québec.

Le tribunal entendra l'appel de Québec le 18 décembre prochain.

Me Gérard Samet, l'avocat qui représente Lisa D'Amico (qui fait partie des demandeurs qui sont contre l'aide médicale à mourir) ne prévoit pas prendre d'autres recours avant que la question ne revienne devant le tribunal, le 18 décembre. Me Samet souligne que sa cliente, une femme handicapée, n'est pas une militante pro-vie et qu'elle ne fait pas partie d'un groupe d'extrême droite.

« Elle estime que beaucoup de personnes vulnérables vont préférer consentir à l'aide médicale à mourir parce qu'elles n'ont pas accès aux soins palliatifs... »

« Tout le personnel de santé va se mettre en infraction », croit-il également. Il note que la ministre de la Justice Stéphanie Vallée a beau avoir donné l'instruction au Bureau des poursuites criminelles et pénales (BPCP) afin que les médecins ne fassent pas l'objet d'une poursuite, il s'agit d'une organisation indépendante, fait-il valoir.

Jusqu'ici, la Maison René-Verrier de Drummondville et la Maison Aube-Lumière ont fait savoir qu'elles donneraient accès à l'aide médicale à mourir.

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