Une nouvelle prison et une grève de la faim pour Raif Badawi

Emprisonné en Arabie saoudite, le blogueur Raif Badawi a entrepris une grève de... (Archives La Tribune)

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(SHERBROOKE) Emprisonné en Arabie saoudite, le blogueur Raif Badawi a entrepris une grève de la faim pour protester contre sa peine.

Selon son épouse Ensaf Haidar, qui vit à Sherbrooke avec les enfants du couple, M. Badawi a cessé de se nourrir mardi.

Il aurait même été transféré dans une prison «isolée» située dans «une zone déserte» du pays.

L'Administration pénitentiaire a transféré son mari dans un centre de détention appelée «la prison centrale de Shabbat», à environ 87 kilomètres de la ville de Jeddah, écrit-elle.

«Cette prison est conçue pour les prisonniers, dont le verdict a été confirmé par un dernier jugement. Le gouvernement saoudien a déclaré à plusieurs reprises que le cas de Raif, est à l'examen et n'est pas encore décidé par la Cour suprême.»

Ce transfert à cette prison pourrait vouloir dire la reprise des coups de fouet, craint-elle.

Les messages en provenance d'Arabie saoudite sont contradictoires. 

Mme Haidar se dit surprise d'apprendre cette nouvelle compte tenu des déclarations récentes du secrétaire d'État suisse aux affaires étrangères, Yves Rossier, qui avait annoncé le 28 novembre qu'une grâce royale est en marche.

Raif Badawi, 31 ans, a été condamné en 2014 à dix ans de prison et 1000 coups de fouet par la justice saoudienne. Il avait reçu ses 50 premiers coups de fouet en janvier, mais le châtiment avait été suspendu après une vague de protestations dans le monde.

Grève de la faim «stricte»

Rappelons que le 29 octobre, le blogueur a obtenu le prix Sakharov pour la liberté de l'esprit décerné par le Parlement européen, qui a alors appelé à sa libération « immédiate ». Mme Haidar s'envolera d'ailleurs le 12 décembre pour Strasbourg afin d'accepter, au nom de son mari, la prestigieuse reconnaissance.

Comme Raif Badawi a entrepris une grève de la faim «stricte», Ensaf Haidar tiendra l'administration pénitentiaire responsable des dégradations de l'état de santé de son époux.

«Nous saisissons cette occasion pour demander à Sa Majesté le roi Salman d'agir selon ses promesses et de pardonner mon mari, écrit-elle, et de mettre fin à son calvaire et de celui de sa famille.»

Démarches politiques

Selon Anne Sainte-Marie, d'Amnistie internationale, malgré les démarches politiques, le blogueur est toujours emprisonné en Arabie saoudite, où il est encore passible d'une peine de flagellation. Son transfert était prévu dans une décision administrative.

«L'administration pénitentiaire a transféré aujourd'hui Raif Badawi dans une nouvelle prison isolée appelée la prison centrale de Shabbat, située dans une zone déserte et isolée - environ à 87 km de la ville de Djeddah», écrit Amnistie internationale sur son site Web.

«Cette prison est conçue pour les prisonniers, dont le verdict a été confirmé et clos par une décision finale et légale. Le gouvernement saoudien a déclaré à plusieurs reprises que le cas de Raif était à l'étude et n'a pas encore été tranché par la Cour suprême.»

À la suite de cette décision, M. Badawi a entrepris une grève de la faim.

Ensaf Haidar a renouvelé sa demande au roi Salmane d'accorder le pardon à son mari «conformément à ses promesses».

Raif Badawi a été condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet pour avoir critiqué l'islam et le régime saoudien sur son blogue. En janvier, il a reçu les 50 premiers coups de fouet, mais toutes les séances de flagellation suivantes ont été reportées pour des raisons médicales.

En entrevue avec La Presse Canadienne, la porte-parole d'Amnistie internationale s'est montrée déçue de l'inaction des gouvernements dans ce dossier.

«Ça fait très longtemps qu'on a entendu de la part des gouvernements qu'ils ont entrepris des démarches pour faire libérer (Raif Badawi). En cette Journée des droits (de la personne), il est plus que jamais important que nos gouvernements demandent des comptes à l'Arabie saoudite, pour le cas de M. Badawi comme pour bien des éléments de leur piètre bilan en matière de droits (de la personne)», a plaidé Mme Sainte-Marie.

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