Guy Turcotte reconnu coupable

Malgré le verdict de culpabilité de Guy Turcotte,... (La Presse Canadienne, Graham Hughes)

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Malgré le verdict de culpabilité de Guy Turcotte, Isabelle Gaston se dit incapable de parler de victoire : elle a souligné qu'elle va tout de même se réveiller demain sans ses enfants.

La Presse Canadienne, Graham Hughes

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La Presse Canadienne
Saint-Jérôme

Isabelle Gaston s'est dite « contente et soulagée » que Guy Turcotte ait été jugé coupable du meurtre non prémédité de leurs deux enfants. Mais impossible pour elle de parler de victoire : elle a souligné qu'elle va tout de même se réveiller demain sans Olivier et Anne-Sophie.

Ils vont pouvoir reposer leur âme, a-t-elle déclaré, la voix étouffée par les sanglots, peu après que le jury eut fait connaître sa décision dimanche.

« Pour moi, c'est la journée où je vais pouvoir commencer à me reposer, car depuis leur décès, j'ai l'impression que ma vie était un combat ».

Pour Guy Turcotte, le verdict signifie une peine de prison à vie. Le juge a ordonné sa détention immédiate et il n'est donc pas ressorti libre de la salle d'audience.

L'homme est resté impassible pendant le prononcé du verdict, rendu verbalement par le juré numéro onze. Par deux fois, une pour chaque enfant, l'homme a dit « meurtre au deuxième degré ».

Il s'agit d'un résultat différent de celui du procès initial en 2011, lors duquel l'homme avait été reconnu non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux.

Un « yes » étouffé a été entendu dans la salle de cour à 12 h 06, quand le verdict est tombé. Le mot semblait venir de la direction d'Isabelle Gaston, assise dans la première rangée.

Le jury de 11 personnes a délibéré pendant près de six jours avant d'en arriver à cette décision.

En rejetant la défense de non-responsabilité criminelle, ils ont donc jugé que l'homme savait que ce qu'il faisait était mauvais quand il a poignardé à mort ses deux enfants, et qu'il comprenait la nature de ses actes.

Le meurtre non prémédité - ou meurtre au second degré - entraîne une peine de prison à vie.

Les avocats feront leurs représentations sur la peine le 18 décembre, afin que soit déterminé par le juge André Vincent le nombre d'années minimum que Guy Turcotte devra passer en prison avant de pouvoir obtenir une libération conditionnelle - entre 10 et 25 ans.

L'un des procureurs de la Couronne dans cette affaire, René Verret, a fait des remarques, en face de la salle de cour où s'est déroulé le procès depuis la mi-septembre. Il a dit que la poursuite était satisfaite du verdict rendu et a remercié le jury, ainsi que les 32 témoins de la Couronne.

Il a eu ces mots pour Mme Gaston et sa famille : « Nous espérons de tout coeur que ces verdicts pourront leur apporter la sérénité ».

Les avocats de Guy Turcotte n'ont pas voulu faire de commentaires aux journalistes. Pas moyen de savoir pour le moment s'ils envisagent un appel de la décision.

autour de son état mental

L'ex-cardiologue de 43 ans avait été accusé du meurtre prémédité de ses deux jeunes enfants, Olivier, âgé de 5 ans, et Anne-Sophie, âgée de 3 ans. Il les a poignardés à mort à 46 reprises le 20 février 2009.

Après que la Couronne en eut appelé du premier verdict de non-responsabilité criminelle, la Cour d'appel avait ordonné un second procès - en raison de directives fautives au jury. Il s'agit de celui qui a débuté au palais de justice de Saint-Jérôme, le 15 septembre 2015.

En raison de la défense de non-responsabilité criminelle que Guy Turcotte avait présentée, une bonne partie du procès a tourné autour de son état mental, le soir du drame.

Tous les psychiatres qui ont témoigné au procès - tant celui de la Couronne que ceux de la défense - étaient d'avis que l'homme souffrait, le soir des meurtres, d'un trouble de l'adaptation avec humeur dépressive.

Ils ne s'entendaient toutefois pas sur les conséquences de ce trouble, et s'il pouvait permettre l'application de l'article 16 du Code criminel, qui porte sur la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

Mme Gaston a d'ailleurs demandé dimanche au Collège des médecins d'effectuer une meilleure supervision du travail des experts en Cour, afin de préserver la confiance du public envers le système judiciaire.

« La psychiatrie, ce n'est pas si ésotérique que ça », a-t-elle tranché.

Cette cause a été l'une des affaires judiciaires les plus suivies au Québec.

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