Thanatologues depuis quatre générations

Entre Claude Charron et son fils Stéphane, la... (Spectre Média, René Marquis)

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Entre Claude Charron et son fils Stéphane, la complicité et le respect sont palpables. « Comme l'a fait mon grand-père, lorsque j'ai acquis l'entreprise en 2002, mon père m'a laissé la gérer à ma manière », souligne Stéphane.

Spectre Média, René Marquis

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(Coaticook) Dossier / Fondée en 1962 par Lucien Charron, la Résidence funéraire Charron & fils se prépare à accueillir sa quatrième génération de thanatologues. « Mon fils Charles-Antoine aura bientôt 16 ans et il démontre déjà de l'intérêt à prendre la relève, partage Stéphane Charron, président de l'entreprise familiale depuis 2002. À l'époque, mon grand-père a dû attendre sept semaines avant de recevoir son premier client. Durant cette longue attente, il s'est questionné à maintes reprises à savoir s'il avait investi son argent au bon endroit. »

La détermination du fondateur portera pourtant ses fruits, notamment en misant sur des valeurs d'honnêteté, de respect et de confiance. Si bien qu'en 1973, il acquiert un second salon sur la rue Child. Délaissant son métier de barbier, son fils Claude prend la relève en 1974, laquelle sera marquée par une métamorphose complète de l'entreprise avec la centralisation des opérations sur la rue Child et un investissement majeur dans les infrastructures. « J'ai joint l'entreprise presque par obligation car j'étais enfant unique, mais ça m'intéressait, rassure Claude Charron. Je n'ai jamais regretté ma décision. »

Il faut dire que Lucien a le réflexe de faire confiance à sa relève, ce dont Claude ne manque pas d'en profiter. « À l'époque les cercueils étaient gris ou en bois naturel. J'ai pris la liberté d'en acheter un bleu, un vert et un rouge sans le demander à mon père. Il était persuadé qu'on mangerait notre chemise et qu'on serait pris avec. Les trois décès suivants, j'ai les ai vendus tous les trois!», raconte Claude avec un clin d'oeil. Une anecdote éloquente qui prouve que l'entreprise se doit de continuellement évoluer et que chaque génération doit prendre sa place si elle veut participer à son développement.

Parallèlement, la profession de thanatologue évolue et est de plus en plus encadrée. Claude, tout comme son père, a appris le métier « sur le tas » avec comme seule obligation une brève formation de quelques fins de semaine afin d'obtenir son permis. Il en va tout autrement pour Stéphane, lequel détient une formation en techniques de thanatologie du Cégep de Rosemont. « J'ai grandi dans ce milieu et j'ai toujours su que c'était le métier que je voulais faire, sans jamais sentir qu'on m'y poussait. J'en connaissais les avantages et les inconvénients. C'est long une vie quand tu te lèves le matin et que tu haïs ta job. »

Complicité et respect

Entre le père et le fils, la complicité et le respect sont d'ailleurs palpables. Tels des associés de longue date qui ont besoin de peu de mots pour se comprendre. « Comme l'a fait mon grand-père, lorsque j'ai acquis l'entreprise en 2002, mon père m'a laissé la gérer à ma manière », souligne Stéphane.

Il faut dire qu'à 73 ans Claude continue d'oeuvrer au sein de l'entreprise, d'autant plus depuis que Stéphane a ouvert en avril dernier un nouveau complexe funéraire à Magog avec quelques associés, Charron & Lamoureux. D'une part, pour répondre à une demande grandissante; d'autre part, pour préparer le terrain pour la relève dont les rangs pourraient comprendre plus d'un candidat.

« Dans le temps de mon grand-père, 90 pour cent de la job c'était de s'occuper du mort, alors qu'aujourd'hui 90 pour cent de la job c'est de la gestion de deuil, de prendre soin des vivants, explique Stéphane. C'est un domaine qui évolue de façon exponentielle, car les tendances et les moeurs changent rapidement. Il faut donc savoir s'adapter et répondre aux besoins de nos clients, ce sont eux qui décident. »

Pour le futur et en attendant que la relève franchisse la porte, Claude compte continuer de prêter main-forte aussi longtemps que sa santé le permettra, alors que Stéphane partage son temps entre Coaticook et Magog. « Parce que nous sommes une entreprise familiale et que les gens font affaire avec nous depuis plus de 50 ans, ils s'attendent à parler à Charron ou à fils. C'est ce qui nous distingue. »

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