Un «désaveu de la légitimité» des commissions scolaires

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Isabelle Lacroix, professeure et directrice de l'École de politique appliquée de l'UdeS.

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(SHERBROOKE) Le projet de loi sur la gouvernance scolaire représente un virage majeur, croit la professeure Isabelle Lacroix de l'Université de Sherbrooke. À ses yeux, le projet de loi soulève cependant plusieurs questions et interrogations.

Le projet déposé vendredi par le ministre de l'Éducation François Blais n'est pas du tout dans le même esprit que ce qui a été fait jusqu'à maintenant en matière de gouvernance.

Avant ces changements législatifs, la direction de la livraison des services éducatifs était en quelque sorte livrée à la communauté. Or, dorénavant, le message que l'on envoie, c'est que ceux qui sont concernés « par la livraison des services éducatifs » sont principalement les parents et les enseignants au sein des conseils scolaires. Ces instances remplaceront les conseils de commissaires.

Même si la communauté a sa place au sein des nouvelles instances, son rôle se trouve cependant diminué.

« Est-ce une réforme importante? Oh, que oui! » lance la directrice de l'École de politique appliquée de l'UdeS, qui s'intéresse aux commissions scolaires. « Ce n'est pas banal comme orientation », renchérit-elle.

Si elle ne va pas jusqu'à dire que cette réforme s'avère un désaveu du travail des commissaires, Mme Lacroix y voit cependant clairement « un désaveu de la légitimité » des commissaires scolaires.

Le projet de loi abroge la Loi sur les élections scolaires. Or il prévoit quand même la possibilité d'élire des représentants.

«Une bien drôle de façon» 

Aux yeux d'Isabelle Lacroix, qui a accepté de commenter à chaud le projet de loi, cette possibilité est tout de même mince pour justifier l'application de la taxation scolaire, avec le principe que l'on connaît de « No taxation without representation ». À ses yeux, seulement donner aux gens la possibilité de tenir des élections, c'est « une bien drôle de façon » de concevoir la démocratie.

Québec a confirmé que la taxation scolaire, avec les changements apportés, continuerait d'exister.

Isabelle Lacroix s'interroge sur « la gestion globale » qui pourra être faite, par exemple en se demandant si des parents pourraient être davantage préoccupés par des situations personnelles. Ceux-ci devront être encadrés par les administrateurs, souligne-t-elle.

« Je ne sais pas ce qu'on va y gagner en termes de gestion, quelle sera la plus-value... Ce qui semble évident, en termes de principe, c'est qu'on y perd en démocratie. »

Si la diminution de la reddition de comptes se concrétise comme elle l'a été annoncée par le ministre Blais, il s'agira d'un point positif.

Les quatre commissions scolaires de la région ont refusé de commenter le projet de loi, vendredi. Tout indique qu'elles réagiront en début de semaine prochaine.

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