Le SANC fin prêt à accueillir les Syriens

Denis Marceau, président du conseil d'administration du Service... (Spectre Média, René Marquis)

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Denis Marceau, président du conseil d'administration du Service d'aide aux Néo-Canadiens, et sa directrice générale, Mercedes Orellana, ont exprimé leur confiance quant à la capacité du SANC de bien accueillir et accompagner les réfugiés syriens en sol sherbrookois.

Spectre Média, René Marquis

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) Même si le Service d'aide aux Néo-Canadiens (SANC) ne sait toujours pas exactement quand et combien de réfugiés syriens arriveront à Sherbrooke au cours des prochaines semaines, il n'y a pas lieu de s'inquiéter, ont précisé vendredi les dirigeants de l'organisme à qui le gouvernement fédéral a confié le mandat d'accueillir et d'accompagner les réfugiés syriens en sol sherbrookois.

La directrice générale du SANC, Mercedes Orellana, a indiqué en conférence de presse qu'elle n'avait pas encore reçu d'Ottawa toutes les informations quant à l'arrivée du premier contingent de réfugiés syriens devant s'établir à Sherbrooke.

« Ce qu'on sait, c'est qu'il y a des familles parrainées qui commenceront à arriver la semaine prochaine, mais ce sont des familles parrainées par l'Église syriaque (voir autre texte). Pour ce qui est des réfugiés pris en charge par l'État, ça va probablement aller au début janvier ou fin décembre, selon l'arrivée des vols. Certains vols sont prévus la semaine prochaine, mais le temps de faire les étapes préliminaires, et le fait que les organismes seront fermés durant la semaine suivante, cela va probablement aller davantage en janvier », a indiqué Mercedes Orellana, directrice générale du Service d'aide aux Néo-Canadiens (SANC).

Les dernières évaluations disponibles laissaient entendre que Sherbrooke pourrait accueillerait un premier contingent de 210 réfugiés, dont 110 seront pris en charge par l'Église syriaque orthodoxe.

Mais quel que soit le nombre et la date à laquelle les réfugiés syriens arriveront, le Service d'aide aux Néo-Canadiens indique qu'il mettra tout en oeuvre pour les accueillir convenablement, a laissé savoir Mme Orellana. Selon elle, il n'y a pas de quoi s'inquiéter du fait que des données aussi essentielles que le nombre et la date d'arrivée des réfugiés ne soient pas déjà connues.

« Cela ne nous énerve pas, a précisé Mme Orellana. Nous sommes habitués de travailler avec des délais très courts (...). Le ministère de l'Immigration nous donne parfois l'information que quelques jours à l'avance. Nous sommes en mesure de mettre notre machine en marche très rapidement et de mobiliser nos bénévoles, nos interprètes, toutes nos ressources, et ce, à quelques jours d'avis. »

Déjà en mode accueil

À cet effet, le président du conseil d'administration du SANC, Denis Marceau, a révélé que le Service d'aide aux Néo-Canadiens est, depuis un mois, en plein processus d'accueil et d'accompagnement d'un contingent de réfugiés comparable à celui des syriens.

« Depuis le 11 novembre, nous en avons accueilli cinquante qui viennent de Centre-Afrique, de la République démocratique du Congo, du Pakistan, du Libéria et d'Afghanistan. Et nous en aurons 65 autres d'ici le 10 décembre, venant des mêmes régions », a ajouté M. Marceau tout en précisant que le c.a. du SANC appuyait « à 100 pour cent » l'implication du SANC dans l'accueil des réfugiés syriens.

« C'est pour ça qu'on dit que nous avons confiance en notre expertise, a ajouté Mme Orellana. Nous avons développé au fil des ans des façons de faire qui nous amènent à faire affaire avec toutes les ressources du milieu. Nous ne travaillons pas en silo, on fait des ponts avec beaucoup d'organismes (...) c'est ce qui nous permet d'être au bon endroit au bon moment. »

Le SANC dit avoir déjà conclu des ententes en ce qui concerne les dons matériels (meubles, vêtements, etc.) avec Estrie-Aide, le Comptoir familial, l'Armée du Salut, le Partage Saint-François et la Fédération des communautés culturelles.

« Ce qu'on attend le plus en ce moment, c'est la réponse des propriétaires d'habitations locatives, a précisé Mme Orellana. On en a déjà quelques-uns qui ont levé la main, mais il y a plusieurs facteurs à considérer. On doit évidemment tenir compte de la capacité de payer de ces familles. Et il y a aussi le fait qu'on aimerait avoir différentes grandeurs de logements, répartis dans tous les coins de la ville. »

Séances d'information

Enfin, le SANC a annoncé qu'il tiendra deux séances d'information afin de répondre aux questions du public. Celles-ci se tiendront le mercredi 9 décembre et le vendredi 11 décembre, de 19 à 21 h, aux locaux du SANC, situés au 530, rue Prospect.

L'Église syriaque accueille une nouvelle famille syrienne

L'Église syriaque orthodoxe de Sherbrooke va accueillir vendredi une nouvelle famille de réfugiés d'origine syrienne.

La famille de cinq personnes, un couple, leurs deux enfants et une grand-mère, arrivera du Liban où elle est en attente des autorisations d'immigrer depuis quelques mois déjà.

Il s'agit du frère de l'archevêque de l'Église syriaque orthodoxe de Montréal, précise Alain Haddad, président du comité exécutif de l'Église orthodoxe syriaque Saint-Éphrem de Sherbrooke.

M. Haddad ignore encore, par contre, quand suivront les autres familles parrainées par l'organisation religieuse.

« Si toutes nos informations sont exactes, on s'aligne pour 100 familles d'ici la fin de l'année », ajoute M. Haddad en disant rester en contact avec les bureaux des députés provincial Guy Hardy et fédéral Marie-Claude Bibeau « pour savoir ».

Rappelons que l'Église syriaque orthodoxe parvient à accueillir une quarantaine de familles par année depuis trois ou quatre ans. Dans le contexte actuel, elle espère faire davantage et l'Archidiocèse de Sherbrooke la soutient dans ses efforts en parrainant lui-même 20 familles et en collectant des dons.

Les quelque 100 dossiers en attente actuellement représentent en moyenne trois personnes chacun. Souvent des amis ou des membres de familles déjà installées à Sherbrooke.

Deux choses différentes

« C'est important de faire la différence entre ce que le fédéral fait et nos parrainages, insiste M. Haddad. C'est deux choses complètement différentes. La majorité des familles qu'on va accueillir, on les connaît déjà puisqu'on fait de l'accueil de réfugiés depuis trois ou quatre ans. Ce sont des gens qui viennent ici pour recommencer leur vie à neuf. Ce sont des gens d'origine chrétienne qui ont été obligés de quitter la Syrie pour les raisons qu'on connaît. Ce sont de bonnes personnes, qui vont être une immigration très profitable pour la ville de Sherbrooke. »

Dans cette perspective, l'Église syriaque Saint-Éphrem a déjà une banque de logements dans l'est de la ville, ainsi qu'une réserve de vêtements, de meubles et tout le nécessaire pour aider les familles à s'installer.

L'organisation religieuse préconise le secteur est de la ville pour faciliter l'intégration des réfugiés dans une communauté, à proximité de son église de la 13e Avenue.

Pour ce qui est des dons en argent et en matériel, M. Haddad précise qu'ils n'ont plus besoin de vêtements, mais qu'ils ont toujours besoin de meubles, de vaisselle, « et surtout des emplois. Parce que ces gens-là sont fiers et qu'ils veulent travailler ».

À ce moment-ci, le sous-sol de l'église Saint-Éphrem est plein, constate M. Haddad. Depuis deux semaines, l'archidiocèse de Sherbrooke a ouvert un local pour entreposer des biens. On est à la recherche d'un entrepôt.

L'archidiocèse de Sherbrooke poursuit de son côté sa collecte de dons via le Fonds réfugiés lancé au début de septembre. Trois mois plus tard, il atteint quelque 25 000 $. Avec Jacynthe Nadeau

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