L'Arctique sous la loupe de l'UdeS

Les professeurs Alain Royer et Alexandre Langlois, du... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Les professeurs Alain Royer et Alexandre Langlois, du département de géomatique appliquée de l'Université de Sherbrooke, s'intéressent aux effets des changements climatique dans l'Arctique.

Spectre Média, Frédéric Côté

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) Deux chercheurs de l'Université de Sherbrooke étudient présentement les effets des changements climatiques sur la faune et la flore de l'Arctique. Les résultats de leurs recherches pourraient permettre de détecter plus efficacement l'impact de certains phénomènes météorologiques liés au réchauffement de la planète.

Alain Royer et Alexandre Langlois, tous deux rattachés au département de géomatique appliquée de la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Sherbrooke, travaillent séparément sur deux projets de recherche : l'un sur la fonte du pergélisol et l'autre sur l'impact des croûtes de glace sur le caribou de Peary, actuellement en voie de disparition.

À l'aide de satellites et d'observations au sol, le professeur Langlois a développé des méthodes qui lui permettent de détecter ce qu'il appelle des « phénomènes de pluie sur neige ».

« Tout comme ici au sud, les hivers arctiques sont beaucoup plus pluvieux qu'ils ne l'étaient auparavant, explique-t-il. Comme il s'agit bien souvent de pluies ponctuelles, celles-ci ont pour effet de créer des formations de croûtes de glace assez importantes, qui en retour peut densifier la neige qui se trouve en dessous. »

Or, depuis quelques années, les scientifiques d'environnement, et d'ailleurs dans le monde, ont observé un dépeuplement de certaines espèces de caribous. C'est le cas dans une partie du sud du Groenland, dans le nord de la Norvège ainsi qu'en Russie.

« Dans le cas des caribous Peary, on a observé depuis trois générations une perte de la population de l'ordre de 70 %. Il y a quelques années, en Russie, on a observé qu'après un événement de pluie qui avait duré une journée ou une journée et demie, plus de 15 000 rênes avaient péri. Est-ce lié au manque d'accès à la nourriture dû au fait que les caribous sont incapables de creuser à travers les croûtes de glace? C'est ce qu'on est en train d'établir », relate le professeur Langlois dont une partie des travaux sont aussi menés avec des experts de la NASA qui s'intéressent eux aussi aux phénomènes de pluie sur neige.

Une bombe à retardement

Quant au professeur Royer, celui-ci s'intéresse surtout aux conséquences que peut avoir le réchauffement climatique sur le pergélisol, dont la principale caractéristique est d'être gelé en permanence.

« Il y a encore beaucoup d'incertitudes en ce qui concerne l'estimation du changement climatique actuel et en particulier sur ce qui se passe aux pôles, précise Alain Royer. Notre but est de contribuer à améliorer l'état des connaissances face au réchauffement global. Et parmi ces grandes incertitudes, il y a les effets de rétroaction qui sont encore mal compris et mal modélisés. À titre d'exemple, l'effet de la température sous la neige, on n'a aucun modèle qui le prend en compte actuellement. »

Or, la façon dont le pergélisol peut réagir face aux changements climatiques doit être mieux connue, compte tenu des risques qui y sont rattachés, estime le professeur Royer.

Ces rétroactions peuvent en effet être très importantes, insiste le chercheur.

« Si le pergélisol fond plus vite que ce qu'on croit, ça devient carrément une bombe à retardement. Le sol contient tellement de carbone que si la couche active qui le recouvre continue de se réchauffer, on va entrer dans une boucle infernale de gaz à effet de serre, d'augmentation des températures, de fonte accélérée du pergélisol et ainsi de suite. C'est ce qui se passe actuellement avec la glace de mer », affirme Alain Royer.

De façon à mieux gérer les effets de rétroaction, l'équipe du professeur Royer travaille actuellement, de concert avec l'Agence spatiale canadienne, à l'élaboration d'une méthode de lecture à l'aide de nouveaux satellites à micro-ondes passives.

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