La pauvreté est-elle bien servie?

L'équipe de La Tribune et de La Nouvelle... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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L'équipe de La Tribune et de La Nouvelle avait pris position au coin des rues King Ouest et Belvédère dans le cadre de la Grande guignolée des médias. Notre journaliste aux affaires judiciaires René-Charles Quirion (à droite) en a même fait une affaire de famille en invitant sa fille Juliette à se joindre au mouvement. On les voit ici accompagnés du conseiller publicitaire François Dion (à gauche) et du journaliste aux affaires municipales, Jonathan Custeau.

Spectre Média, Jessica Garneau

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) La pauvreté est-elle mal couverte par les médias? Sans la Grande guignolée, les télés, les radios et les journaux trouveraient-ils le moyen de parler de la pauvreté et de ses conséquences sur le tissu social?

En tant que spécialiste dans l'analyse des contenus médiatiques, Jean-François Dumas, président d'Influence Communication, a une formule toute faite pour décrire le peu d'intérêt que suscite la pauvreté dans les médias traditionnels :

« Pour les médias, la pauvreté, ça dure une journée, et c'est aujourd'hui », soutient M. Dumas en faisant référence au fait que « 72 % de la couverture médiatique entourant la pauvreté durant toute une année s'est tenue aujourd'hui (jeudi) », jour du lancement de la Grande guignolée des médias.

Selon M. Dumas, la pauvreté, malgré ses conséquences sur les êtres humains et tissu social en général, ne fait pas le poids face à des sujets médiatiques aussi « puissants » que le Canadien de Montréal... et la météo.

« À l'échelle d'une année, la proportion de temps et d'espace que les médias accordent à la pauvreté équivaut en fait à 38 secondes d'un match du Canadien, illustre M. Dumas. Même Alexei Emellin, qui n'est pourtant pas un joueur vedette du CH, obtient à lui seul autant de couverture médiatique que la pauvreté au Québec...».

Selon M. Dumas les médias auraient peut-être avantage à revoir leur couverture à l'égard de la pauvreté : « Je n'ai rien contre la guignolée des médias, bien au contraire. Mais est-ce qu'on pourrait faire les choses autrement? Globalement, comme société, est-ce qu'on s'interroge suffisamment sur les conséquences de la pauvreté, sur le décrochage scolaire, sur la situation économique des aînés par exemple? Lorsque 72 % de la couverture médiatique sur la pauvreté se concentre en une journée, est-ce qu'on rend service à tous les organismes communautaires qui vivent cette réalité au quotidien? Ce sont des questions qu'on devrait se poser », estime Jean-François Dumas.

Résultats

Cela dit, la Grande guignolée des médias aura permis de récolter 63 430,36 $ en Estrie et au Centre-du-Québec dans la seule journée de jeudi. De ce montant, 25 500 $ ont été amassés à Sherbrooke... uniquement en monnaie. « En effet, la température clémente et quelque peu féérique de petite neige douce de ce matin a eu pour effet d'humidifier les billets, qui devront donc sécher encore, pour la nuit, avant de pouvoir être comptés demain », a indiqué la porte-parole Claudine Roussel. L'an dernier, le décompte total monnaie et billets pour Sherbrooke s'est élevé à 50 500 $.

À Coaticook, les sommes amassées sont évaluées à 17 500 $, à 3100 $ pour Magog, à 13 743,36 $ pour Drummondville et 3587 $ pour Waterloo.

Les dons seront distribués à divers organismes, dont la Fondation Rock-Guertin, Moisson Estrie, la Banque alimentaire Memphrémagog et Action Partage de Windsor.

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