«Qui peut bien me priver de mon droit à mourir dignement?»

L'annonce de la suspension des articles de la... (Archives, La Presse)

Agrandir

L'annonce de la suspension des articles de la loi autorisant l'aide médicale à mourir a suscité de vives réactions, mardi.

Archives, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) L'annonce de la suspension des articles de la loi autorisant l'aide médicale à mourir a suscité de vives réactions, mardi. Suzanne Nadeau-Whissell, cette Sherbrookoise atteinte de la SLA, ne cachait pas sa rage. « Qui peut bien vouloir me priver de mon droit à mourir dignement quand le temps sera venu? » a-t-elle lancé.

Celle qui est atteinte de sclérose latérale amyotrophique avait déjà plaidé auprès de la Maison Aube-Lumière afin que celle-ci donne accès à l'aide médicale à mourir.

Mme Nadeau-Whissell est renversée par cette injonction.

« Il y a tellement de critères pour en arriver à pouvoir mourir avec l'aide médicale à mourir que nous devons vraiment avoir réfléchi longuement avant de faire la demande et de recevoir la permission d'en arriver à une fin de vie que l'on veut absolument. Mourir avec de l'aide médicale est un soin de fin de vie », a-t-elle fait valoir dans un échange écrit avec La Tribune. « On vient de renverser la décision de la plupart des citoyens du Québec (...) Si quelqu'un ne veut rien savoir de ce choix, c'est son droit, mais qu'il n'impose pas ses croyances à d'autres. »

La décision décevra des patients, croit la directrice générale de la Maison Aube-Lumière, Marie Bécotte.

« Ça va sûrement être décevant pour les patients qui ont applaudi la décision de la Maison Aube-Lumière. Ils vont comprendre que ça ne relève pas de nous », commente-t-elle en faisant valoir que le débat juridique est bien au-dessus de sa tête.

« On se concentre sur ce qui se passe sur le terrain. Tant que le litige ne sera pas réglé, on va travailler avec les moyens à notre disposition », dit-elle en citant notamment la sédation palliative continue, qui constitue un soin palliatif. La sédation palliative diffère de l'aide médicale à mourir, puisqu'elle n'entraîne pas la mort.

La Maison Aube-Lumière est devenue le mois dernier la première maison de soins palliatifs à donner accès à l'aide médicale à mourir, au Québec et au Canada, à compter du 1er février 2016. L'annonce de mardi vient toutefois de changer la donne (voir autre texte en page 5).

Selon la Loi 2 sur les soins de fin de vie, les maisons de soins palliatifs n'ont pas l'obligation d'offrir l'aide médicale à mourir, contrairement aux établissements de santé. C'est elles qui décident si elles offrent ce service ou non.

Mardi, la Maison René-Verrier de Drummondville a annoncé qu'elle permettrait l'accès également, juste avant qu'on apprenne la décision de la Cour supérieure.

La Maison Aube-Lumière, qui accueille environ 200 patients atteints de cancer en phase terminale annuellement, se préparait en vue des demandes de patients. Des membres de l'équipe avaient notamment obtenu de la formation. Mme Bécotte rappelle qu'il s'agit d'une mesure exceptionnelle qui doit être utilisée en dernier recours.

Rappelons que pour s'en prévaloir, la loi prévoit que le patient doit rencontrer plusieurs critères. Il doit être apte à tous les moments requis, dont la première fois où il fera la demande d'une aide médicale à mourir. Une évaluation doit ensuite être faite par un premier médecin. La loi prévoit aussi qu'une deuxième évaluation sera réalisée par un deuxième médecin, au cours de laquelle le patient devra encore être apte à décider. Finalement, il devra être encore apte à décider lors des injections létales.

Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS, qui se préparait en vue de l'entrée en vigueur de la Loi sur les soins de fins de vie le 10 décembre, a préféré ne pas commenter.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer