Vert, de Sherbrooke à Lima

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Guillaume Nadeau, directeur des opérations et des communications, Étienne Desmarais, président et cofondateur ainsi que Karina Santana, cofondatrice, sont au coeur d'Écotierra, une PME basée à Sherbrooke, mais qui développe des projets de développement durable en Amérique latine et en Afrique.

Imacom, René Marquis

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Alexandre Faille

(SHERBROOKE) La bourse du carbone, vous connaissez? Écotierra, une entreprise basée à Sherbrooke, utilise cette économie verte localement pour développer des projets porteurs mondialement. Portrait d'une entreprise enracinée dans le développement durable.

Économie et environnement ont généralement tendance à s'opposer, mais pas chez Écotierra. Cette PME spécialisée dans le développement de projets agroforestiers au sein de petites communautés agricoles est active au Pérou, en Colombie et en Côte d'Ivoire, où elle implante principalement des cultures permanentes de cacao et de café permettant à des agriculteurs d'engranger un revenu de leurs récoltes, sans que ces derniers n'exploitent les terres avec des méthodes dommageables pour l'environnement, comme en brûlant les champs et les forêts.

« Les gens là-bas ne sont pas concernés par les changements climatiques, ce qu'ils veulent, c'est rapporter un salaire à la maison avant tout. S'ils ont besoin de raser des forêts pour y arriver, ils vont le faire, c'est une question de priorité des besoins », explique la cofondatrice, Karina Santana, elle-même originaire du Pérou.

Écotierra propose donc une solution agricole de rechange plus performante économiquement - à terme, les productions deviennent trois fois plus rentables que les cultures initiales - et plus écoresponsable puisque chaque projet permet de préserver plusieurs hectares de forêts, sans compter les arbres ajoutés à même les productions.

Au Pérou, des champs et des forêts sont... (Photo fournie) - image 2.0

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Au Pérou, des champs et des forêts sont brûlés pour en faire des terres cultivables, une méthode dommageable pour l'environnement puisque la végétation renferme du gaz carbonique qui se répand dans l'atmosphère lorsqu'il est libéré par les flammes

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Précieux crédits carbone

Sauf qu'Écotierra ne peut financer ces projets, d'où l'importance des partenaires privés qui investissent des montants dans ces nouvelles coopératives de cacao et de café. Plusieurs organismes mondiaux dédiés à la protection des milieux naturels sont déjà partenaires, comme quelques entreprises privées.

« On passe de champs brûlés à des cultures permanentes de café ou de cacao. On fait le design, la gestion et le développement à long terme de projets grâce à des investissements privés. Ceux-ci ne font pas un don, ils retrouvent leur argent par après grâce à un partage des profits des plantations », explique le président d'Écotierra, Étienne Desmarais.

Ce potentiel financier est cependant insuffisant. C'est là que les crédits carbone et, surtout, que ceux qui se les procurent localement afin de compenser leurs émissions de gaz à effet de serre entrent dans la danse. Ces crédits carbone achetés à Écotierra sont la clé de voûte de ces ententes, « elles sont une garantie de retour sur l'investissement pour les investisseurs », souligne M. Desmarais.

« Tous les crédits de carbone ne sont pas identiques, prévient-il toutefois. Certains contribuent au développement durable et social, c'est ce que nous faisons avec nos projets agroforestiers. Il ne suffit pas de planter un arbre, nos crédits assurent aussi un impact pour les communautés à long terme. »

Les crédits carbone transigés par Écotierra sont d'ailleurs certifiés VCS et CCB, les standards les plus élevés en la matière au monde.

Le Cégep de Sherbrooke, Boréalis et la Société hôtesse des Jeux du Canada - Sherbrooke 2013, pour ne nommer que ceux-là, ont contribué chacun à sa façon au développement des cinq projets d'envergure mis sur pied par Écotierra depuis sa création il y a cinq ans. Grâce à ces contributions d'ici, ce sont 5000 travailleurs qui profitent, ou profiteront, d'emplois plus stables dans des projets aux retombées économiques estimées à 250 M$ pour les communautés.

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