Le budget le plus difficile de l'ère Sévigny

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Alors que les élus s'apprêtent à débattre des enjeux budgétaires vendredi et samedi lors du traditionnel lac-à-l'épaule, Bernard Sévigny admet que le budget 2016 sera le plus difficile à boucler depuis son accession à la mairie.

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(SHERBROOKE) Le budget 2016 sera le plus difficile à boucler de l'ère Sévigny à l'hôtel de ville de Sherbrooke. À la veille du traditionnel lac-à-l'épaule, qui permettra aux élus de débattre des enjeux budgétaires vendredi et samedi, le maire Bernard Sévigny admet que de nombreuses contorsions seront nécessaires pour limiter la hausse de taxes.

« Honnêtement, c'est le budget le plus difficile avec lequel j'ai dû composer parce qu'il y a beaucoup d'éléments sur lesquels nous n'avons pas le contrôle », avoue M. Sévigny.

L'an dernier, le maire avait servi un discours semblable, déplorant entre autres les effets du pacte fiscal. « Les mesures du pacte fiscal sont permanentes... Nous avions pigé dans le surplus accumulé pour équilibrer le budget, mais nous sommes tellement sur le fer qu'on ne peut pas trop se permettre d'y retourner cette année. Les surplus ne sont pas éternels. »

Hausse de taxes

« Il est clair qu'il y aura une hausse de taxes, lance le maire. De quelle nature sera cette hausse? C'est la rondelle que nous mettrons en jeu pendant le lac-à-l'épaule. L'indice des prix à la consommation (IPC) demeure une cible, mais ce n'est pas un absolu. L'idée, c'est de s'en approcher. » En septembre 2015, selon Statistique Canada, l'IPC s'élevait à 1 %.

À Montréal, le maire Denis Coderre a annoncé mercredi que l'avis d'imposition des Montréalais connaîtrait une augmentation de 1,9 %. Les Sherbrookois peuvent-ils s'attendre à une hausse semblable? « À Montréal, les arrondissements ont un pouvoir de taxation en sus de la taxe de la Ville. C'est sûr que ça paraît bien, 1,9 %, mais les citoyens payeront plus que ça. »

Pour illustrer les sujets sur lesquels les élus ont très peu de contrôle, Bernard Sévigny cite les régimes de retraite. « Ce sont près de 11 M$ que nous mettons pour respecter nos engagements sur les fonds de retraite. »

«Dans les derniers mois, nous avons viré la crêpe de tous les bords et clairement, nous ne sommes pas dans des années d'abondance.»

Le maire Bernard Sévigny

Il évoque aussi la masse salariale. « Tant que nous n'avons pas les outils que le ministre (Pierre Moreau) s'est engagé à nous donner, nous sommes coincés dans un carcan dont nous ne pouvons pas nous défaire. Notre plan d'optimisation nous permettra d'économiser 11 M$ d'ici 2017, mais ce n'est pas suffisant. Ce que nous exposerons aux élus pour les deux prochains jours, c'est que nous avons un problème structurel. Dans les derniers mois, nous avons viré la crêpe de tous les bords et clairement, nous ne sommes pas dans des années d'abondance. »

Bernard Sévigny ne s'attend pas à ce que l'exercice du lac-à-l'épaule se prolonge plus qu'à l'habitude. « Il y aura de bonnes discussions, mais je crois que tout le monde comprendra que nous sommes dans une situation un peu difficile. »

Prises de bec à venir?

Ne risque-t-il pas d'y avoir des prises de bec au sujet des priorités d'investissement? Par exemple, le plan directeur Parcours, dévoilé par Destination Sherbrooke, a suscité plusieurs réactions. « Il ne faut pas confondre le budget d'exploitation et le budget d'immobilisation. On peut s'engager dans des projets à long terme qu'on finance sur 15 ou 20 ans. Il faut évidemment se préoccuper des immobilisations, mais c'est surtout l'exploitation, soit les salaires et les services que nous rendons, qui doit être scrutée. »

Déjà, la Ville avait annoncé des économies en limitant l'entretien de certaines plates-bandes et en déplaçant le sapin de Noël du Marché de la gare à la place des Moulins. « Les possibilités de compressions budgétaires sont limitées. »

Le maire ne traitera plus directement les dossiers fédéraux

Le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, attend toujours l'avis juridique qu'il a demandé à l'avocat du ministère des Affaires municipales depuis l'élection de sa conjointe Marie-Claude Bibeau, nommée ministre du Développement international et de la Francophonie. Il sait néanmoins qu'il ne traitera plus des dossiers qui relèvent directement du gouvernement fédéral.

« C'est clair que les dossiers pour lesquels nous sommes en relation directe avec le gouvernement fédéral, ce sont des conseillers qui interviendront sur la place publique. Je me suis permis de prendre la parole à propos des réfugiés parce que nous traitons du sujet avec le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion du Québec », illustre M. Sévigny.

Il en sera toutefois autrement quand viendra le temps de parler de l'aéroport. « Probablement qu'à l'avenir, ce sera Julien Lachance qui en parlera puisqu'il est président de la Corporation de développement de l'aéroport. »

Quant à la sécurité ferroviaire, elle relevait déjà du conseiller David Price, qui siège à la Fédération canadienne des municipalités.

« Par prudence, je m'abstiendrai d'intervenir dans les dossiers fédéraux, mais ce ne sera pas un problème, puisque nous en comptons très peu. Nous pouvons les compter sur les doigts d'une main. »

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