Prévention du suicide : «un investissement rentable»

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Investir dans des programmes de prévention du suicide basés sur une approche qui a fait ses preuves en Europe pourrait être bénéfique au Québec et au Canada.

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(SHERBROOKE) Investir dans des programmes de prévention du suicide basés sur une approche qui a fait ses preuves en Europe pourrait être bénéfique au Québec et au Canada, montre une étude à laquelle a participé une chercheuse de l'Université de Sherbrooke. Mettre de l'avant l'approche de l'Alliance de Nuremberg contre la dépression (NAD) serait un « investissement rentable » en termes de dépenses en santé et en services sociaux, en plus des vies sauvées et des bénéfices pour les proches à risque.

« Nos résultats indiquent que les économies potentielles sont très importantes, principalement en raison du nombre de décès par suicide qui pourraient être évités, mais également grâce à la diminution des cas d'incapacité liés à la dépression. Il faut ajouter que les suicides engendrent une série de coûts qui ne peuvent pas être mesurés, comme la souffrance due à la perte d'un être cher, la qualité de vie réduite ou la perte de productivité liée à une mort prématurée », indique la professeure Helen-Maria Vasiliadis, qui a mené l'étude avec des collègues de trois autres universités.

L'étude a été publiée récemment dans The Journal of Mental Health Policy and Economics.

La santé mentale sous la loupe

Pourquoi s'intéresser à cette approche en particulier? « C'est seulement parce que ça a été un des programmes évalués dans la littérature », commente Mme Vasiliadis.

La façon de faire de NAD est utilisée dans 17 pays européens. Ce qui fait que ces programmes de prévention fonctionnent, c'est notamment grâce à l'accent qu'ils mettent sur les problèmes de santé mentale. Des études ont démontré qu'environ 90 % des personnes qui ont fait une tentative de suicide avaient un trouble de santé mentale. De plus, presque 70 % des personnes qui se sont suicidées souffraient de dépression et/ou une dépendance à l'alcool et/ou aux drogues.

Selon Mme Vasiliadis, un suicide coûte en moyenne 25 000 $ en coûts de santé, et on doit ajouter une somme d'environ 625 000 $, ce qui représente les coûts pour la société en général, comme les impacts auprès des proches et les conséquences sur la productivité.

Les évaluations des programmes se poursuivent, mais des analyses ont notamment démontré une diminution du taux de suicide en Hongrie. « On ne peut pas généraliser ce qu'on voit en Hongrie au Québec », prévient-elle toutefois.

Les programmes contiennent différentes mesures comme l'accompagnement très serré d'une personne qui a fait une tentative de suicide et un accès rapide à des services après une tentative.

Certains éléments des programmes appliqués en Europe sont déjà en place au Québec. Les chercheurs estiment qu'un investissement de près de 24 M $ annuellement au Québec aurait le potentiel de générer des économies de 3979 $ par année de vie maintenue.

Le calcul « repose sur des modèles économiques basés sur l'approche du capital humain et une estimation des coûts de santé futurs, liés à une baisse potentielle du nombre de gestes suicidaires », explique-t-on dans un communiqué de l'Université de Sherbrooke.

Or, selon Mme Vasiliadis, une certaine partie des investissements est déjà réalisée au Québec avec les actions en place.

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