Partition du Québec : PKP fait volte-face

Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau,... (La Presse archives, Patrick Sanfaçon)

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Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a soutenu hier que sa position n'est pas une « porte ouverte » à la partition. « Nous avons prouvé que nous étions en mesure de nous entendre, de négocier de nation à nation, a noté le chef péquiste. Des résultats tangibles ont été produits. » Il a évoqué la Convention de la Baie James et le traité de la Paix des Braves.

La Presse archives, Patrick Sanfaçon

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(Sherbrooke) Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a dû corriger le tir, dimanche, après s'être montré ouvert à négocier la cession de portions du territoire québécois.

Le passage du chef Ghislain Picard, samedi, au Conseil national du PQ, qui a parlé d'autodétermination et de revendications autochtones, a remis l'enjeu de la partition à l'avant-scène. Interrogé à plusieurs reprises pendant la journée, M. Péladeau n'a pu promettre que la carte actuelle du Québec demeurerait la même au lendemain d'un Oui gagnant.

« Les gens auront des requêtes et ce sera ouvert au dialogue », a affirmé le chef péquiste à la question d'une journaliste anglophone en clôture du Conseil national.

À plusieurs heures d'écart, lors de deux points de presse distincts, toutes les questions sur l'intégrité territoriale ont obtenu la même réponse de M. Péladeau : « C'est un vaste chantier, ce serait prématuré de répondre à cette question, mais ce sera toujours dans l'ouverture que nous engagerons ce dialogue. »

Une position singulière pour un chef souverainiste. Empêtré dans le même dossier lors de la campagne électorale de 2007, l'ex-premier ministre libéral Jean Charest lui-même a déclaré « que le territoire du Québec est indivisible ».

La loi 99, adoptée en 2000 par Lucien Bouchard en réponse à la Loi sur la clarté, stipule que « le gouvernement doit veiller au maintien et au respect de l'intégrité territoriale du Québec ».

En milieu de soirée, le chef du PQ a publié un communiqué « afin d'éviter toute mauvaise interprétation ». Son parti souhaite maintenir un dialogue avec les Premières Nations et la nation inuite en procédant comme pour la signature de la convention de la Baie James et la Paix des Braves.

« Par ce dialogue, de nation à nation, nous sommes confiants d'en arriver à de nouveaux arrangements mutuellement bénéfiques pour toutes les nations concernées dans le respect de l'intégrité du territoire », a corrigé M. Péladeau.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, a mérité une ovation des délégués péquistes après s'être déclaré souverainiste, samedi. Il a toutefois apporté des nuances : il est souverainiste pour les Innus, cela implique des enjeux territoriaux, et il ne voterait pas Oui à un référendum sur l'indépendance du Québec.

Ouellet catégorique

En cours de journée, la députée de Vachon, Martine Ouellet, a rejeté rapidement toute possibilité de fragmentation du territoire. « Non, ce n'est pas une avenue envisageable, a-t-elle indiqué. Mais je crois qu'il y a des façons de travailler avec les Premières Nations. »

Le porte-parole péquiste en matière d'affaires autochtones, le député Guy Leclair, s'est réjoui du passage de M. Picard, malgré la controverse. « On est dans les instances du PQ, lorsque l'on parle de souveraineté, tout le monde est bien content, a-t-il noté. Tout le monde sait ça, qu'ils ont leur territoire, le Québec est une partie du Canada, alors, nous, c'est une ouverture d'esprit. »

Le leader parlementaire de l'opposition, Bernard Drainville, a noté que les négociations avec les autochtones ont toujours été un incontournable dans le projet indépendantiste québécois. « Un chef des Premières Nations vient nous dire : ''Nous aussi, on a des droits'', a dit M. Drainville. Si l'autodétermination, c'est bon pour les Québécois, c'est bon aussi pour les autochtones. C'est très bien qu'on se le dise. »

Le conseil national du PQ en Estrie s'est terminé dimanche. Il est notamment question de la mise sur pied d'une école de formation pour donner aux militants des outils pour plaider autour d'eux la cause du mouvement indépendantiste.

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