Prison Winter: «Ce que nous avons est unique»

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(SHERBROOKE) « Je suis certain que si l'on permet l'accès, il va y avoir une file pour visiter la prison Winter. Ce que nous avons ici est unique. »

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Michel Harnois

Imacom, Jessica Garneau

Le directeur général de la Société d'histoire de Sherbrooke, Michel Harnois, demeure convaincu que le site de la vieille prison de Sherbrooke a toutes les caractéristiques pour attirer les visiteurs.

Son mur d'enceinte toujours debout dans la cour arrière de la prison est une caractéristique unique au Canada.

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L'intérieur de la prison Winter est austère. Six détenus se côtoyaient dans une salle commune où ils partageaient une douche-toilette-lavabo intégrée dans un minuscule espace. Ils étaient incarcérés souvent plusieurs heures par jour dans une cellule sans fenêtre à peine assez grande pour qu'un lit à une place repliable puisse leur permettre de se coucher.

Le bloc cellulaire des femmes permettait d'en accueillir une vingtaine à la fois dans des cellules où elles étaient entassées deux ou trois dans des lits superposés. Certains blocs cellulaires de la prison Winter, qui pouvait accueillir 90 prisonniers, sont aussi composés de cellules communes.

« À la différence de la prison de Trois-Rivières, qui est accessible au public, celle de Sherbrooke a été conçue dans un esprit de répression et de punition. Si celle de Trois-Rivières était tournée sur la réhabilitation, c'était tout le contraire à la prison Winter. À sa fermeture, la prison Winter avait la réputation d'être la plus insalubre au Canada », soutient Michel Harnois.

«La vie carcérale a toujours fasciné. Plus de 99,3 pour cent de la population n'a jamais mis les pieds dans une prison.»


Que ce soit pas le projet de 5,6 millions $ ou celui plus modeste à 300 000 $, le directeur général de la Société d'histoire de Sherbrooke est convaincu que l'intérêt est présent pour la prison Winter.

« Nous voulons offrir des circuits d'interprétation avec un guide ou dans la version cinq étoiles, ajouter des visites interactives. C'est certain que le projet complet permettrait une mise en valeur du bâtiment. Mais même avec la version allégée, nous aimerions mettre en place un jeu d'évasion.

Le plan A permettrait aussi que des salles multifonctionnelles soient aménagées pour que des cours de cégep ou d'université s'y déroulent. Nous voudrions rendre le bâtiment accessible à la population. La cour de la prison pourrait aussi permettre des projections multimédias 360 degrés sur les murs », croit M. Harnois.

« Amenez le prisonnier »

Construite en 1865, la prison Winter a servi aux autorités carcérales jusqu'en 1990. À une certaine époque, le circuit judiciaire complet était situé dans le secteur, les bureaux d'avocats et de notaires étaient situés sur la rue Court, le palais de justice sur la rue William à côté de la maison du juge et juste devant la prison de la rue Winter.

« C'est un aspect que nous avons déjà exploité et que nous pourrions recréer avec un circuit d'interprétation du type Amenez le prisonnier". Peu de villes possèdent ce type de regroupement sur un territoire si petit. La vie carcérale a toujours fasciné. Plus de 99,3 pour cent de la population n'a jamais mis les pieds dans une prison. Il y a une curiosité certaine. Nous avons besoin de ne rien inventer. Les histoires qui se sont passées sont tellement riches. Nous pouvons aussi encore retrouver les personnes qui ont été enfermées à la prison Winter. Nous n'avons pas encore arrêté l'époque que nous aimerions recréer à l'intérieur de la prison. À la construction, il n'y avait pas d'électricité. C'est un lanterneau situé sur le toit de la prison qui permettait d'éclairer les trois étages. Juste sa réfection coûterait environ 170 000 $ », rappelle Michel Harnois.

Étant donné que la prison Winter était une prison provinciale, donc servant à incarcérer les délinquants condamnés à des peines de moins de deux ans, rares sont les criminels condamnés pour meurtre qui y ont servi une longue peine.

« Il y a quand même eu six pendaisons sur la potence qui était installée sur le mur nord de la prison Winter. La dernière exécution à Sherbrooke a eu lieu en 1931 », rappelle M. Harnois.

Michel Harnois souhaite que la population s'approprie le projet. Déjà un groupe a été constitué pour réfléchir sur les thématiques à développer autour de la vie carcérale.

« L'interprétation serait réalisée par des professionnels, mais les réflexions de la population pourraient enrichir le projet. Il y a lieu d'innover même si l'on parle de muséologie et d'histoire », soutient le directeur général de la Société d'histoire de Sherbrooke.

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