Coiteux et le secteur public dans l'impasse

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En révisant à la baisse les demandes du front commun des employés des secteurs public et parapublic, le président de la FTQ, Daniel Boyer, la présidente de la CSQ, Louise Chabot, et la vice-présidente de la CSN Francine Lévesque estiment avoir fait un pas en avant pour en arriver à une entente négociée. Ce n'est pas l'avis du président du Conseil du trésor Martin Coiteux qui juge « inacceptable » la contre-proposition syndicale.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
QUÉBEC

C'est « l'impasse » dans les négociations dans le secteur public : les syndicats du front commun ont fait une contre-offre mercredi qui a été aussitôt rejetée par le gouvernement.

Le front commun reportait sa grève générale de trois jours prévue pour les 1er, 2 et 3 décembre, pour laisser place à la négociation, et demandait un minimum de 6,9 pour cent de hausse salariale sur trois ans. Toutefois, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, juge la contre-proposition « inacceptable » et y voit une impasse.

« On est à des années-lumière de nous entendre, a-t-il affirmé en conférence de presse à l'Assemblée nationale. (...) C'est totalement irréaliste. On ne peut pas bouger, c'est trop loin. »

Selon lui, il est clair que les syndicats ont fait la sourde oreille au gouvernement.

La nouvelle demande salariale du front commun se chiffre à un minimum de 6,9 pour cent sur trois ans. En résumé, les syndicats demandent 2,9 pour cent pour 2015-2016, soit une majoration de 1,4 pour cent conforme à l'inflation pour protéger le pouvoir d'achat de leurs membres, jumelée à un rattrapage salarial de 1,5 pour cent en fonction de la hausse du produit intérieur brut.

Auparavant, le front commun réclamait 4,5 pour cent d'augmentation par année pendant trois ans.

Or pendant ce temps, le Conseil du trésor offre dans sa contre-proposition deux années de gel et trois années avec des augmentations limitées à 1 pour cent par année, soit un contrat d'une durée de cinq ans.

M. Coiteux estime à 12,4 milliards $ l'écart entre les deux offres, en extrapolant sur cinq ans.

« Avons-nous les moyens de verser cette somme colossale? La réponse est non. Ils (les syndicats) le savent, parce qu'ils suggèrent qu'on le prenne dans le Fonds des générations. Ils disent que c'est un choix politique. Oui, c'est un choix politique, mais (le Fonds) c'est le choix de s'occuper des jeunes », a-t-il dit. Le Front commun dit qu'il suggère plutôt de réallouer une partie des transferts prévus au Fonds des générations pour les consacrer à des hausses salariales.

Cependant, du même souffle, il a mandaté le négociateur en chef du gouvernement pour discuter avec les leaders syndicaux dans les prochains jours afin d'évaluer s'il est possible de « dénouer l'impasse ».

« Urgence à régler »

« Les prochains jours seront absolument cruciaux, a soutenu M. Coiteux. (...) Il y a urgence à comprendre qu'il y a urgence à régler. Le gouvernement offre donc aux syndicats une nouvelle chance de lui signifier le sérieux de leurs intentions, de lui signifier un rapprochement sérieux. Car je garde confiance en la possibilité qu'on en arrive à une entente négociée. »

Dans les signes qu'il juge encourageants, il y a l'ouverture à la discussion sur le principe de la relativité salariale, ainsi que sur la pérennité des régimes de retraite, mais encore là, il n'y a « aucun signal clair », selon lui.

Le premier ministre Philippe Couillard a quant à lui perçu des signaux positifs dans la contre-offre des syndicats, en faveur de la poursuite du dialogue, pourvu que le cadre du gouvernement soit respecté. Et il écarte encore actuellement le scénario d'une loi spéciale.

« Pas question de ça, je travaille pour une entente négociée, a dit M. Couillard au cours d'une conférence de presse. Mais il faut qu'on reste dans les paramètres qui mènent à une entente. J'ai de la difficulté à voir la voie vers une entente négociée. Mais je crois qu'on pourrait réussir si chacun y met du sien. »

Pour leur part, les syndicats jugent que leur contre-offre « tient la route », protège leurs membres contre l'appauvrissement, et contribue à rapprocher leurs salaires de ceux du secteur privé.

« Contrairement au gouvernement, (...) on a vraiment amélioré notre demande, dans le but de faire un pas significatif dans cette négociation, on veut faire avancer cette négociation », a affirmé le président de la FTQ, Daniel Boyer, en conférence de presse à la Tribune parlementaire de la presse à Québec.

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