Couillard croit toujours dans l'accueil rapide des réfugiés

Kathleen Weil (Immigration) et Pierre Moreau (Sécurité publique) jugent tous...

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Kathleen Weil (Immigration) et Pierre Moreau (Sécurité publique) jugent tous deux que le calendrier est trop serré pour être réaliste. Ce n'est pas le cas du premier ministre du Québec Philippe Couilard (au centre).

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<p>Michel Corbeil</p>

(QUÉBEC) Philippe Couillard maintient envers et contre tous que le Québec peut recevoir d'ici la fin de l'année les réfugiés syriens que le gouvernement fédéral veut diriger au Québec.

S'apprêtant à rejeter une motion de la Coalition avenir Québec en vue de repousser l'échéancier pour l'accueil des migrants, le chef du gouvernement n'a pas hésité à s'inscrire en faux contre l'opinion de deux de ses ministres.

Pierre Moreau (Sécurité publique) et Kathleen Weil (Immigration) jugent tous deux que le calendrier est trop serré pour être réaliste. Ce matin, Pierre Moreau a insisté sur le fait que cet échéancier n'est pas celui du Québec et qu'il «veut s'assurer qu'il n'y aura pas de raccourcis», en matière de mesures de sécurité.

En impromptu de presse, le premier ministre a admis que «la cible» pour l'établissement de 6000 ressortissants syriens en territoire québécois est «exigeante et ambitieuse. Quand on veut, quand tout le monde travaille ensemble, on peut accomplir beaucoup».

M. Couillard a repoussé du même souffle la résolution que le chef de la CAQ soumettra à l'Assemblée nationale pour retarder l'arrivée des réfugiés. «Personne ne devrait aller dans cette direction. Ce serait une erreur fondamentale.»

Le chef libéral a insisté pour dire qu'il y urgence d'agir pour des réfugiés qui sont «les victimes les plus horriblement atteintes» par le chaos et la guerre en Syrie. «Gardons en tête que ce sont des victimes», a-t-il répété. «Ce sont des gens qui sont dans des camps de réfugiés. L'hiver approche et ils se retrouveront dans des conditions très, très difficiles.»

Si Philippe Couillard considère que «les questions de sécurité sont légitimes», il estime que tous les mécanismes sont en place pour que «tout se passe de façon diligente, complète et efficace».

Ultimement, «c'est au gouvernement fédéral d'expliquer rapidement comment nous allons y arriver. Comment surtout nous allons travailler ensemble pour que ça fasse mieux».

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Le maire Bernard Sévigny met en garde contre la précipitation à vouloir accueillir coûte que coûte d'ici Noël davantage de réfugiés à Sherbrooke.

Archives, La Tribune

Le maire Sévigny estime que les délais sont trop serrés

Le maire Bernard Sévigny met en garde contre la précipitation à vouloir accueillir coûte que coûte d'ici Noël davantage de réfugiés à Sherbrooke.

« On est réceptifs dans la mesure de notre capacité d'intégration », a-t-il précisé en entrevue avec

La Tribune mardi, en marge d'une activité de la Chambre de commerce de Sherbrooke.

« Avant Noël, ça semble beaucoup d'accueillir tout ce monde-là, entrevoit-il. On va voir le rythme que ça va prendre, mais je pense que le gouvernement fédéral et le ministère de l'Immigration du Québec sont conscients des délais et que ça peut être repoussé. Il ne faudrait pas en faire une maladie parce qu'on repousse d'un mois ou deux. Ça peut commencer tranquillement pour nous donner la chance d'adapter notre capacité d'accueil. »

La Ville de Sherbrooke est encore à élaborer son plan d'intégration des réfugiés en concertation avec les différents partenaires. Le plan devrait être connu au cours des prochains jours, annonce Bernard Sévigny.

La région s'efforce de mesurer cette capacité d'accueil sous différents aspects, notamment avec la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke pour l'intégration des enfants dans les écoles et avec le Service d'aide aux Néo-Canadiens pour fournir les services d'interprètes.

« Sherbrooke est une terre d'accueil et elle reçoit déjà plus d'immigrés en nombre que Montréal par exemple, fait valoir M. Sévigny. On a déjà cette responsabilité-là. Maintenant est-ce qu'on peut aller plus loin? Je pense qu'il y a de la place, mais il faut bien jauger notre capacité d'accueil. Autrement on les accueille et six mois plus tard, ils vont s'en aller à Toronto ou ailleurs. »

Le maire rappelle également que plus de la moitié des immigrants qui arrivent à Sherbrooke sont des réfugiés. « On en reçoit en moyenne depuis 12 ans 445 par année, précise-t-il. Pour nous d'ici le 30 juin, il y en a 224 qui arrivent à Sherbrooke et depuis l'été il en est arrivé 93. De façon continuelle, on accueille et on intègre des réfugiés. Est-ce qu'on va en accueillir 100 , 200 ou 300 de plus? Je n'ai pas la réponse à ce moment-ci. »

M. Sévigny précise en avoir discuté lundi avec le ministre fédéral de l'Immigration John McCallum et avec la chef de cabinet de la ministre québécoise de l'Immigration Kathleen Weil. « On est en train d'arrimer ça et la volonté du fédéral, c'est que le plan soit mené et partagé par le fédéral, par le provincial et par le monde municipal. C'est nous, sur le terrain, qui les reçoit. Ces gens-là s'installent dans nos villes. »

On ignore encore combien de réfugiés syriens seraient attendus à Sherbrooke, sur l'engagement de 3650 pris par Québec et celui de 25 000 avancé par Ottawa. L'hypothèse de 400 à 500 personnes circule pour Sherbrooke.

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