Paris: la traque se poursuit

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Des vigiles ont eu lieu partout dans le monde, ici à Marseille, pour les victimes des attaques du 13 novembre à Paris.

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Associated Press

Quatre responsables français ont indiqué à l'Associated Press que la police avait interrogé et libéré un des suspects des attentats de Paris.

La police aurait arrêté un véhicule près de la frontière belge, quelques heures après que les autorités eurent identifié Saleh Abdeslam comme étant celui qui avait loué le véhicule Polo de Volkswagen retrouvée près du Bataclan.

Abdeslam fait l'objet d'un avis de recherche international. Un de ses frères s'est suicidé à l'aide d'un gilet explosif lors des tragiques événements de vendredi; un autre est détenu en Belgique.

Trois responsables de la police française et un haut-fonctionnaire du ministère de l'Intérieur ont confirmé que les agents avaient vérifié les cartes d'identité d'Abdeslam avant de le laisser partir.

Les autorités françaises ont envoyé un appel à témoins pour retrouver Abdeslam, ajoutant qu'il est dangereux pour quiconque n'est pas dans les forces de l'ordre de le confronter directement.

La police nationale de France a fait circuler la photo de l'individu, un citoyen belge né en 1989 en Belgique. Il mesure 1,75 mètre et a les yeux marron.

Ce véhicule Polo a été utilisé par le groupe qui a pris des otages à la salle de spectacle Le Bataclan, où il y a eu 89 morts. Le bilan provisoire s'élève dorénavant 132 morts et 349 blessés, dont 96 reposent dans un état grave. De plus, le premier ministre Manuel Valls a annoncé que 103 des 132 victimes avaient été identifiées.

Trois assaillants identifiés

Les enquêteurs en savent un peu plus sur les assaillants, ayant maintenant identifié trois d'entre eux.

L'un des kamikazes qui ont sévi près du Stade de France et un autre qui a attaqué un restaurant seraient deux Français, de 20 et 31 ans, vivant en Belgique.

L'autre, qui a été identifié samedi, se nomme Omar Ismaïl Mostefaï, un Français de 29 ans, connu des policiers pour des délits mineurs, même s'il n'avait jamais été incarcéré. Il avait été fiché pour radicalisation en 2010. Son père, son frère et d'autres proches ont été interpellés pour interrogatoire. Ils sont tous originaires de la région de Chartres.

Un passeport syrien retrouvé près du corps d'un autre assaillant, qui s'est fait exploser près du Stade de France, semble avoir parcouru la route migratoire. Il s'agirait d'un individu né en Syrie en 1990 qui n'était pas connu des services de renseignement français. Les autorités grecques ont révélé que le détenteur de ce passeport serait arrivé en Europe en passant par l'île de Leros. Son passeport a aussi été retracé jusqu'en Serbie, où il était entré le 7 octobre par la Macédoine, demandant l'asile avec un groupe de réfugiés. Le lendemain, il était dans un centre de réfugiés en Croatie. Il a seulement été identifié comme A.A. On ignore cependant si le passeport appartenait bel et bien au kamikaze, et même s'il était authentique.

Trois fusils Kalachnikov ont été découverts dans une voiture de marque Seat utilisée dans les attaques, a rapporté un responsable de la police, qui a requis l'anonymat. Le véhicule a été retrouvé à Montreuil, à six kilomètres à l'est de Paris. Les armes n'ont pas encore été analysées.

Les autorités savent que deux voitures au moins ont été impliquées dans les opérations des terroristes : une Polo de Volkswagen, retrouvée stationnée devant le Bataclan, et une Seat, dans laquelle les armes ont été découvertes.

L'enquête s'étend au-delà des frontières de la France. Les autorités belges ont arrêté dix personnes en tout, samedi et dimanche.

Politique

S'appliquant à maintenir le calme dans son pays après une année exceptionnellement violente, le président, François Hollande, a rencontré dimanche les chefs de l'opposition, l'ancien président Nicolas Sarkozy et la chef du Front national de la droite conservatrice, Marine Le Pen, qui a profité des attaques pour faire valoir sa position contre l'immigration.

À sa sortie de l'Élysée, M. Sarkozy a réclamé des changements à la politique française face à la Syrie, laissant entendre que le pays devait collaborer tant avec les États-Unis que la Russie pour « exterminer » l'ÉI.

« Nous avons besoin de tout le monde, et notamment des Russes. Il ne peut pas y avoir deux coalitions en Syrie », a-t-il affirmé.

« Sur le plan européen, l'Europe doit se ressaisir et déterminer les conditions d'une nouvelle politique de l'immigration. »

Un représentant du ministère français de la Défense a révélé sous le couvert de l'anonymat, dimanche, que les forces armées françaises avaient effectué deux séries de frappes aériennes contre la capitale de l'ÉI en Syrie, détruisant un camp d'entraînement et un entrepôt de munitions.

Selon le représentant, 12 appareils, dont 10 avions de combat, ont pris part à l'attaque contre la ville de Raqqa durant laquelle 20 bombes ont été lancées.

Un peu plus tôt dimanche, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a réclamé une rencontre spéciale des ministres de l'Intérieur et de la Justice de l'Union européenne, pour évaluer les attentats. La réunion aura lieu vendredi prochain. M. Cazeneuve considère que la lutte contre le terrorisme doit être renforcée partout dans l'Europe.

Les autorités locales de l'Allemagne et de l'Italie ont rapporté chacun un citoyen parmi les victimes, soit un homme allemand et une étudiante italienne.

Fausse alerte

Quelques mouvements de panique ont gagné la foule dans quelques quartiers de Paris, ont expliqué deux représentants des forces de l'ordre.

Place de la République, la foule, qui s'était rassemblée pour rendre hommage aux victimes et déposer des fleurs, s'est affolée après avoir entendu des pétards. Quelqu'un en panique a averti les policiers, qui ont dégainé leurs armes. La foule s'est rapidement dispersée, dans la peur.

Non loin de là, près d'un restaurant et d'un bar attaqués vendredi, les policiers ont également été vus, armes au poing.

Il s'agissait heureusement de fausses alertes.

Les Français se rassemblaient un peu partout dans Paris dimanche, premier jour de deuil national, protégés par 3000 soldats supplémentaires. Des fleurs et des notes continuaient d'être déposées sur des monuments et près des sites des attaques. Les drapeaux étaient en berne et des services commémoratifs devaient être célébrés dans plusieurs églises de France à la mémoire des victimes. Une cérémonie présidée par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, devait se dérouler dans la célèbre Cathédrale Notre-Dame de Paris, fermée aux touristes, comme plusieurs autres sites populaires de la ville.

L'état d'urgence, décrété vendredi, se poursuit.

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