Des Sherbrookois racontent Paris

La capitale parisienne reprend difficilement ses esprits après avoir été la... (Associated Press)

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Alexandre Faille
La Tribune

(SHERBROOKE) La capitale parisienne reprend difficilement ses esprits après avoir été la cible des attentats terroristes les plus meurtriers de son histoire depuis la Seconde Guerre mondiale (1945), la deuxième attaque dans le genre en moins d'un an. Des Sherbrookois et Sherbrookoises de passage à Paris racontent comment ils ont vécu les derniers jours.

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Camille Dauphinais-Pelletier

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« Le samedi soir, habituellement, ça grouille d'activités. En ce moment, je regarde par ma fenêtre et la rue est déserte, c'est bizarre. On est quand même à Paris! »

Cette vue, c'est celle que Steve Mathieu apercevait samedi soir depuis son logement du 14e arrondissement, au sud du coeur de Paris où se sont déroulés les tristes événements. C'est aussi celle de millions de Parisiens qui ont déserté les endroits publics par recommandation gouvernementale, du moins le temps que la poussière retombe.

« L'ambiance est très lugubre », convient l'étudiant qui travaille à l'hôpital Saint-Louis dans le cadre de ses études, hôpital situé à près de 100 mètres seulement du restaurant Le Petit Cambodge où l'une des scènes de l'attentat s'est produite.

« C'est surréel de penser que lundi, je vais devoir rentrer travailler à 100 mètres d'où il y a eu l'un des attentats. Le restaurant est carrément à côté, je passe toujours devant. Si j'avais terminé mon travail un peu plus tard ce soir-là, j'aurais pu être l'une des victimes », souligne-t-il.

Camille Dauphinais-Pelletier est à Paris depuis le 9 novembre en compagnie de son copain. Il s'agissait du dernier arrêt d'un voyage de plusieurs semaines avant de rentrer au Québec et le moins que l'on puisse dire, c'est que son aventure outremer ne se termine pas comme prévu.

« La ville tourne au ralenti, tout est fermé. J'ai fait une petite épicerie et on a fouillé mon sac à l'entrée, décrit-elle. J'avoue que je suis un peu plus nerveuse qu'à l'habitude dans les rues. Disons que je suis contente de revenir. »

Une tension palpable

Depuis les attentats perpétrés contre Charlie Hebdo en janvier, la France a adopté une série de mesures renforçant son système de sécurité, entre autres par l'entremise de son plan Vigipirate contre le terrorisme. Dans les jours précédant les attentats, il était impossible de circuler à Paris sans discerner cette menace qui planait au-dessus de la ville, raconte Camille.

« Quand on est arrivés à Paris, on sentait presque qu'il y avait un attentat dans l'air. Dans tous les musées, même les petits, on apercevait les affiches du plan Vigipirate qui étaient au rouge, soit en alerte attentat. On fouillait toujours nos sacs et, parfois, on les scannait. Même ailleurs, comme à Strasbourg, des policiers armés circulaient dans les rues. Ce ne sont pas les images que j'avais conservées de mes derniers voyages à Paris en 2004 et 2008 », évoque-t-elle.

Si les forces de l'ordre étaient sur leurs gardes, les citoyens aussi. Les tensions raciales et les menaces terroristes étaient - et le sont encore plus aujourd'hui - des sujets de discussion récurrents.

« Je trouvais que les gens étaient devenus paranoïaques en France avec la peur du terrorisme, mais les événements leur donnent un peu raison », concède Camille.

Visite macabre

Steve ne pouvait savoir, mais le hasard a de quoi glacer le sang. Quelques heures avant le déroulement des attentats, le jeune homme avait décidé de jouer aux touristes et de découvrir l'un des principaux attraits de la ville.

« J'ai été visité les Catacombes dans la journée, c'est très bizarre comme sentiment, explique-t-il. C'est quand je suis rentré chez moi que j'ai pris connaissance de ce qui s'était passé. J'ai été impressionné de la quantité de messages que j'ai reçus, je crois que les gens étaient plus inquiets que moi. On ne réalise pas que ce genre de choses peuvent se produire ici. »

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