«Une attaque contre tous les Français»

Une vigile aux chandelles s'est tenue devant l'hôtel... (Imacom, Maxime Picard)

Agrandir

Une vigile aux chandelles s'est tenue devant l'hôtel de ville de Sherbrooke samedi soir. Plusieurs personnes se sont relayées pour prendre la parole et réfléchir sur la paix dans le monde.

Imacom, Maxime Picard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Alexandre Faille

(SHERBROOKE) Malgré un océan qui les sépare de leur mère patrie, les Français et Françaises de l'Estrie ont tenu à rendre hommage aux victimes des attentats de Paris par un rassemblement au parc Jacques-Cartier de Sherbrooke, samedi.

Une centaine de Français, mais aussi de Québécois, s'y sont donné rendez-vous samedi après-midi à l'invitation du Consul honoraire de France en Estrie, François Gitzhofer. Une cérémonie sobre et symbolique qui avait pour but de rendre hommage aux victimes, aux blessés et aux forces de l'ordre qui ont vu la guerre brutalement interrompre la paix française la nuit dernière à Paris.

La scène est poignante. Une large chaîne humaine circulaire se forme autour d'une gerbe de fleurs, les gens présents tendent la main à leur voisin et observent une minute de silence, puis David Sibille, originaire des Alpes françaises, s'avance et propose d'entonner en choeur La Marseillaise. Un moment vibrant d'émotion, où la France a de nouveau démontré toute sa vivacité.

« C'est toute la France qui a été touchée, ça aurait pu être n'importe qui, évoque David. On n'est en sécurité nulle part, qu'on soit à une manifestation sportive ou au restaurant à manger avec des amis, mais il ne faut pas changer nos habitudes de vie, il ne faut pas qu'on ait peur, il faut que l'on continue à vivre. »

L'émotion était vive hier après-midi, mais déjà la poussière commençait à retomber après des heures d'inquiétudes et de révolte la nuit dernière.

« J'ai appris les événements en début de soirée, mais je n'ai pas tout de suite compris l'ampleur, raconte Sara Derivière, originaire de Normandie. C'est choquant, c'est l'image de la terreur, ils attaquent la population dans des lieux publics et c'est ce qui fait peur. On ne sait pas si c'est le début, la fin, un passage, si ça va se reproduire ailleurs. Dix mois après Charlie Hebdo, c'est énorme. »

« On vit très mal ces événements, tout en sachant que c'était quelque chose de prévisible. Il y a longtemps qu'on en parle, on savait très bien qu'un jour ou l'autre, il arriverait quelque chose, mais quelque chose de cette ampleur, c'est effroyable, souligne le Marseillais René Illy. C'est de la barbarie, c'est tout, que peut-on dire d'autre? »

Les gens rencontrés ont affirmé qu'ils avaient rapidement contacté leurs proches et que tous étaient en sécurité. La France demeure néanmoins ébranlée par un deuxième attentat sanglant en moins d'un an, sans compter les nombreuses attaques déjouées ou limitées qui sont survenues en sol français entre-temps, de quoi exacerber une crainte déjà vive, mais pas assez pour dénaturer le pays, croit Sara.

« La France va réagir. On est choqué pour l'instant, mais s'ils pensent nous faire terrer dans les maisons, je pense qu'ils s'attaquent au mauvais peuple », soutient-elle.

Tendre la main

Un autre rassemblement plus tard en soirée, devant l'hôtel de ville de Sherbrooke cette fois, a regroupé une centaine de personnes, dont plusieurs étaient munis de chandelles ou de lampions. Là également, La Marseillaise s'est fait entendre tandis que plusieurs citoyens se sont relayés pour prendre la parole et exprimé leurs états d'âme au lendemain de la tragédie.

M. Gitzhofer y était à nouveau présent et a rappelé de ne pas amalgamer le sort des réfugiés syriens qui arriveront au Canada avec les menaces terroristes.

« Il ne faut pas succomber à la terreur, parce que c'est qu'ils veulent, les terroristes. On est ici et on leur dit qu'on n'a pas peur, a-t-il déclaré. Il faut réapprendre à vivre tous ensemble, avoir confiance en l'humanité, en nos frères et soeurs à nos côtés, quelles que soient leurs origines ou leurs noms. Faisons confiance aux réfugiés qui vont découvrir tous les bénéfices de vivre en démocratie. Il faut les accueillir, il ne faut pas avoir peur d'eux. Il faut les considérer comme des citoyens à part entière de notre ville. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer