La grogne dépasse la question salariale

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Pour une deuxième journée d'affilée, des travailleurs du secteur public sont descendus dans la rue pour manifester leur insatisfaction.

Imacom, René Marquis

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Alexandre Faille
La Tribune

(SHERBROOKE) Quarante-deux minutes de débrayage par travailleur par jour, ce n'est pas beaucoup de temps pour se faire entendre. Cela n'empêche pas les employés du secteur public de la santé de crier haut et fort leurs inquiétudes pour l'avenir de leur système.

Deuxième journée de protestation dans les rues de Sherbrooke, vendredi, alors que des centaines de manifestants se sont fait entendre un peu partout dans la ville. Si la rue King Ouest était fermée à la circulation en raison d'un rassemblement d'enseignants devant le Centre St-Michel, les employés du secteur de la santé poursuivaient eux aussi leur débrayage plus à l'est, au CHUS Hôtel-Dieu de même qu'au Centre de réadaptation de l'Estrie. En vertu de l'obligation de préserver 90 % des services essentiels en tout temps, les manifestants se relayaient, moins nombreux, aux abords des établissements.

Provenant de corps de métier différents, ils ont chacun leurs raisons de brandir leur pancarte. Comme Pierre Hamel, physiothérapeute, qui s'inquiète de la tangente vers la privatisation prise par le gouvernement.

« La qualité des services, la quantité des services et la stratégie du gouvernement vers la privatisation, c'est un peu ça qui nous inquiète, pas juste pour notre travail, mais pour les citoyens aussi, indique-t-il. La population est mal informée et elle ne peut pas tout connaître, mais il y a beaucoup de clientèles qui ont de longues listes d'attente, particulièrement pour les enfants. »

Des listes d'attentes allongées par le manque de budget alloué à l'embauche de personnel, explique sa collègue Julie Pier Laurent.

« La semaine prochaine, je tombe à deux jours parce qu'ils n'ont pas le budget pour me payer, la liste d'attente s'allonge quand même. La réalité, c'est que je vais devoir me chercher un emploi dans le privé même si ce que je veux, c'est de travailler dans le public. »

Manque de temps

Isabelle Drouin est préposée depuis six ans à Sherbrooke. Elle ne cache pas qu'elle a déjà eu à « tourner les coins ronds » avec les patients pour parvenir à accomplir son travail correctement.

« Les compressions nous font mal directement, parce que quand il manque de ressources, le travail doit être fait quand même. On manque de temps, parfois on n'a pas le choix de travailler plus rapidement », évoque-t-elle.

Lui aussi préposé durant 18 ans, Bruno Jutras a fait le choix, il y a 4 ans, de passer à l'entretien ménager en raison des conditions de travail qui lui étaient imposées. « Ils ont même coupé dans les collations. Les patients ont faim et on ne peut même pas les nourrir comme ils le veulent. Tant qu'à devoir mal faire mon travail, je préfère ne pas le faire du tout », lance-t-il.

Des manifestations ont également eu lieu partout sur le territoire de l'Estrie, notamment à East Angus et à Magog devant les édifices des commissions scolaires des Hauts-Cantons et des Sommets.

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