33 000 Estriens sans médecin de famille

Dre Raymonde Vaillancourt, chef médical du Département régional... (Imacom, Jessica Garneau)

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Dre Raymonde Vaillancourt, chef médical du Département régional de médecine générale, et Lyne Cardinal, directrice des services généraux du CIUSSS de l'Estrie - CHUS ont fait le point sur le nombre d'inscriptions au guichet d'accès pour la clientèle orpheline (GACO).

Imacom, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) À l'heure actuelle, plus de 33 000 Estriens n'ont toujours pas de médecin de famille, sept ans après des guichets d'accès pour la clientèle orpheline (GACO) dont l'objectif est de faciliter l'accès aux soins de santé. Leur nombre est relativement stable depuis trois ans.

Ainsi, au 5 novembre dernier, 33 622 personnes habitant sur le territoire du nouveau CIUSSS de l'Estrie - CHUS étaient toujours en attente d'être prises en charge par un médecin de famille.

À l'inverse, les données fournies par le Département régional de médecine générale (DRMG) indiquent que trois Estriens sur quatre (74 %) a présentement accès à un médecin de famille, alors que cette proportion est de 68 % à l'échelle du Québec.

Rappelons que le projet de loi 20, déposé par le ministre Gaétan Barrette, vise à ce que 85 % des Québécois puissent avoir accès à un médecin de famille d'ici 2020.

Or, « sur les 26 % qui n'ont toujours pas de médecins de famille, une étude menée il y a plusieurs années nous indique que les deux tiers d'entre eux n'en veulent pas. Ce sont pour la plupart des jeunes gens de 18 à 40 ans, en bonne santé, qui n'ont pas besoin de médecins de famille. Eux, ce qu'ils veulent, ce sont des services ponctuels. Ils veulent que le système soit en mesure de leur offrir ces services », indique Dre Raymonde Vaillancourt, elle-même médecin de famille et chef du Département régional de médecine générale (DRMG).

« À 74 %, c'est variable d'une sous-région à l'autre. Ça peut aller de 69 % à 89 %, selon les territoires », ajoute Dre Vaillancourt.

302 jours d'attente

Depuis l'instauration des GACO, 33 649 patients ont été pris en charge. Un patient sur deux qui s'inscrit au Guichet d'accès pour la clientèle orpheline (GACO) trouve un médecin de famille. Pour ce qui est des délais, ceux-ci sont en moyenne de 1 an

(302 jours), toutes clientèles confondues. « Ça peut varier, précise Dre Vaillancourt. Les plus urgents sont pris en charge en moyenne en 100 jours, tandis que les moins malades ça peut varier de 300 à 400 jours. « Certains guichets peuvent aller jusqu'à deux ans, compte tenu des disponibilités médicales », dit-elle.

«Il y a un premier contact qui est fait rapidement, dans les semaines qui suivent la réception de la demande.»


Des projets ont été mis en place afin de répondre aux clientèles plus vulnérables (ex. : santé mentale), notamment en faisant appel à une plus grande collaboration avec les professionnels tels que les infirmières spécialisées, les travailleurs sociaux, etc., précise pour sa part Lyne Cardinal, directrice des services généraux au CIUSS de l'Estrie - CHUS.

Les personnes qui s'inscrivent peuvent le faire, soit par le site Internet du CIUSS de l'Estrie - CHUS ou en communiquant directement avec les installations actuelles que sont les anciens CSSS. Chaque client doit remplir un formulaire, pour ensuite faire l'objet d'une évaluation.

« Lorsqu'on reçoit le formulaire, il y a une équipe d'infirmières qui fera un premier appel pour évaluer votre état de santé. Si vous avez un besoin de services aigu, que vous consultiez beaucoup les urgences, vous allez avoir une priorité différente qu'un adolescent, par exemple, qui n'a besoin d'un médecin qu'une seule journée pour une consultation. Il y a un premier contact qui est fait rapidement, dans les semaines qui suivent la réception de la demande. Ensuite, la personne est appelée lorsqu'on lui attribue un médecin de famille.

« Entre temps, il y a déjà des installations qui offrent des services d'évaluation de santé. Pendant que vous êtes en attente d'un médecin de famille, une infirmière va prendre rendez-vous avec vous, va vous rencontrer et faire votre examen de santé globale. Si vous êtes jugé à risque, va vous faire une prise de sang pour dépister d'éventuelles complications (ex. : cholestérol, début de diabète, etc.). On va aussi mettre à jour la vaccination, si besoin est, pour éviter que la personne se retrouve dans les urgences. L'objectif est de dépister et de mettre en relation le patient avec les services appropriés. 

Cette première structure d'évaluation n'est toutefois pas encore étendue à l'ensemble du territoire du CIUSS de l'Estrie - CHUS, précise Mme Cardinal. « Pour l'instant, nous avons trois guichets qui offrent ces services, soit l'IUGS, le Val Saint-François et le Haut Saint-François. Notre objectif est de le rendre accessible dans tous les guichets actuels. »

Projets

Le DRMG travaille actuellement à divers « projets exportables » afin d'accroître l'accès au réseau, précise Dre Vaillancourt.

« Par exemple, certains groupes de médecine familiale (GMF) pourraient offrir, par l'entremise d'infirmières, un minimum de services pour libérer certains rendez-vous médicaux. On pense qu'en fin de compte, cette façon de faire, permettrait aux médecins de prendre de nouvelles clientèles.

« On a un travail d'éducation à faire auprès de la population afin qu'elle sache que certains soins de santé peuvent être prodigués par d'autres professionnels qu'un médecin », reconnaît Lyne Cardinal. « Notre priorité sera toujours d'améliorer l'accessibilité aux services de santé. Comme on est maintenant regroupé sous un seul établissement, le CIUSS, et ce à la grandeur de l'Estrie, on peut optimiser les façons de faire. C'est un avantage que nous avons et qu'on entend se servir au cours des prochaines années. »

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