Du théâtre en santé mentale: se glisser dans une autre peau

Dans la pièce de théâtre Nouveau départ, une... (Imacom, René Marquis)

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Dans la pièce de théâtre Nouveau départ, une dizaine de personnes vivant avec des problèmes de santé mentale jouent la comédie. Des acteurs qui souffrent de trouble anxieux, de bipolarité, d'agoraphobie, de trouble obsessionnel compulsif et qui, pour quelques instants, se glissent dans la peau de quelqu'un d'autre.

Imacom, René Marquis

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(SHERBROOKE) « Mais qu'est-ce que vous transportez dans votre valise? » « Notre différence! »

Ces répliques sont de la pièce de théâtre Nouveau départ, présentée par La Cordée. Sur scène, une dizaine de personnes fréquentant le centre d'aide en santé mentale jouent la comédie. Des acteurs qui souffrent de trouble anxieux, de bipolarité, d'agoraphobie, de trouble obsessionnel compulsif et qui, pour quelques instants, se glissent dans la peau de quelqu'un d'autre. Et jouent un rôle.

Nouveau départ traite de santé mentale, de liberté et d'acceptation de soi. C'est l'histoire d'une jeune fille borderline qui veut voler de ses propres ailes et d'une mère qui veut la retenir. « Le tout se déroule dans une gare avec la symbolique du train, comme un point de départ. À travers ce récit, on a créé des bulles qui dépeignent la santé mentale et nous amènent dans un univers complètement imaginaire », explique Nicolas Roy, chargé de projet à la création artistique et metteur en scène de la pièce.

Le texte de Nouveau départ est principalement écrit par Annie Patenaude, une membre de La Cordée. La pièce a déjà été présentée à Montréal, Coaticook, Cowansville et Victoriaville, où elle a gagné le prix du public au Festival de théâtre amateur en 2012.

« Mon travail est axé sur l'émergence du plein potentiel des acteurs qui se sont portés volontaires. On prône le mieux-être et chacun a ses objectifs personnels. On croit en eux et c'est étonnant jusqu'où ils peuvent aller dans le jeu », relate Nicolas Roy, ajoutant que le résultat présente bien la complexité humaine.

«Il y a une grande richesse dans le processus et aussi dans le fait de se rendre au bout du projet.»


Renée Robert est une des comédiennes. Monter sur scène représentait un grand défi pour elle qui, souffrant d'agoraphobie, a passé plusieurs années « cachée » chez elle. « J'adore le théâtre et plus jeune, je jouais. Mais après j'ai été très malade. Avec l'aide mon intervenante sociale et celle de Nicolas, j'ai travaillé pour remonter sur scène. À 60 ans passés, après plus de 15 ans, j'ai réussi», témoigne Mme Robert.

« C'est un grand dépassement de soi », ajoute la comédienne.

Nouveau départ vise également à ouvrir les esprits, faire tomber les préjugés et à démystifier la réalité des personnes vivant avec la maladie mentale.

« Il y a une grande richesse dans le processus et aussi dans le fait de se rendre au bout du projet. Les comédiens sont des gens qui en ont bavé dans leur vie et qui se prêtent, en toute humilité, au jeu », résume fièrement le metteur en scène.

Pour quelques instants, les comédiens se glissent dans la peau de quelqu'un d'autre et jouent un rôle. Un exercice qui tend à les rendre mieux dans leur propre peau. Une fois le rideau tombé.

Nouveau départ sera représentée vendredi à la salle du Parvis, à 19 h.

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