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La ministre Marie-Claude Bibeau et sa meilleure amie, Vicky Bélanger, ont notamment travaillé ensemble à la Cité des rivières.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Ils sont neuf ministres fédéraux chargés de construire en seulement quelques semaines les ponts devant permettre d'accueillir 25 000 réfugiés au Canada d'ici la fin de l'année. La ministre estrienne, Marie-Claude Bibeau, est l'un de ceux-là.

Ne pas confondre ici les musiciens et le chef d'orchestre.

« Je viens d'assister à notre première rencontre et j'ai peu à vous dire. John McCallum est le ministre en titre et c'est lui qui dévoilera les détails de ce qui sera mis en place» s'est limitée à dire Mme Bibeau alors qu'elle voyageait entre Ottawa et Sherbrooke.

Votre rôle au sein de ce comité n'est-il alors que symbolique?

« Non. Dans un dossier de premier plan comme celui-là, il faut se donner une méthode de travail pour procéder de façon ordonnée », justifie-t-elle.

Autant cette mission humanitaire est une opportunité pour le gouvernement de Justin Trudeau d'imprégner son image, autant il peut perdre la face si des maladresses surviennent.

La tâche est complexe et pleine de subtilités. Prenez juste la bonne volonté manifestée chez nous.

« Nous avons les ressources humaines et financières pour accueillir 325 personnes qui n'attendent que le signal avant de partir de Beyrouth pour venir passer Noël parmi nous. Le taux de vacances des logements est élevé à Sherbrooke et on peut rapidement trouver de la place pour installer ces gens. Tout cela est possible », décrit l'homme d'affaires Alain Haddad, l'un des membres de l'Église syriaque orthodoxe de Sherbrooke ayant parrainé plusieurs réfugiés au cours des dernières années.

Certaines de ces familles ont fui la terreur qui sévissait en Syrie tandis que d'autres ont tout abandonné derrière eux pour échapper à la persécution religieuse en Irak. On laisse entrer seulement les Syriens pour respecter un engagement politique et on refoule les autres dans le portique?

« Je ne me prononcerai pas là-dessus. Sachant que notre préoccupation gouvernementale est partagée, j'offrirai mon aide à quiconque voudra s'impliquer. Je confierai la tâche d'accompagnement à mon personnel », répond prudemment à ce sujet la ministre Bibeau.

Une seule adresse

Cette dernière a choisi d'établir ses quartiers dans l'arrondissement de Lennoxville et de n'avoir qu'une seule adresse dans sa vaste circonscription de Compton-Stanstead.

« Si vous avez deux loyers à payer, ça vous laisse moins d'argent pour embaucher du monde pour traiter les dossiers. J'opte pour les services à la population » annonce Mme Bibeau.

La responsable du Développement international et de la Francophonie n'a pas manqué de glisser mot à son collègue des Transports, Marc Garneau, des attentes régionales pour débloquer le dossier de l'aéroport.

« Faut quand même lui donner le temps d'arriver », pondère la conjointe du maire Bernard Sévigny qui, lui, piaffe depuis plusieurs mois d'impatience de pouvoir conclure avec le fédéral les termes d'un accord afin d'encadrer les opérations et le financement des services de sécurité.

Pauvre ministre, cette question va lui coller aux talons chaque fois qu'elle rentrera à la maison tant et aussi longtemps que son gouvernement n'aura pas trouvé une façon de lever cette barrière aérienne.

Pour découvrir les facettes moins exposées d'une personnalité, il y a rien de mieux que de s'introduire dans son cercle d'intimes. La meilleure amie de la ministre Marie-Claude Bibeau s'appelle Vicky Bélanger.

« Notre amitié remonte au Cégep. Nos emplois respectifs nous ont parfois éloignées l'une de l'autre, mais nous ne nous sommes jamais perdues de vue. Marie-Claude est une amie précieuse et fidèle », raconte Mme Bélanger.

Les deux ont déjà fait partie de l'équipe de la Cité des rivières.

« Aller présenter et expliquer les maquettes au Carrefour de l'Estrie ou dans d'autres lieux publics nous a exposées à une bonne dose de critiques. Plusieurs tournaient le projet en dérision et l'appelaient la Cité des rêveurs », se souvient Vicky Bélanger.

« Le bain avait été encore plus glacial lors d'une soirée de consultation tenue à l'école de Montcalm, renchérit la ministre Bibeau. Comme initiation politique, la Cité des rivières, ce fut quelque chose! Je n'étais pas à l'avant-plan, qu'un acteur de soutien. C'est tout même là que j'ai appris qu'il faut rester accroché à ses idées au plus fort des tempêtes. »

Même Bernard Sévigny, qui a longtemps été parmi les sceptiques, a fini par admettre le bien-fondé du projet, ai-je taquiné la ministre... Précisons que les deux ne se fréquentaient pas à cette époque.

Les copines B & B ont été des inconditionnelles de l'émission télévisée La Galère, au point où elles se sont procuré plusieurs mois à l'avance des billets pour le spectacle présenté sur scène plutôt qu'au petit écran.

« Les billets sont achetés, la sortie est planifiée. Les fonctions ministérielles de Marie-Claude l'obligeront peut-être ce soir-là à être ailleurs. Si ça devait être le cas, je sais que ça ne sera que partie remise », est déjà prête à excuser Mme Bélanger.

Six mois dans la vie d'un ministre obligent à naviguer sur un océan d'inconnus.

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