Témoignage de gratitude au jour du Souvenir

Une parade s'est tenue dimanche dans les rues... (Imacom, Jocelyn Riendeau)

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Une parade s'est tenue dimanche dans les rues du centre-ville de Sherbrooke pour commémorer la mémoire des anciens combattants en ce jour du Souvenir. Près de 1000 personnes ont assisté à une cérémonie tenue au cénotaphe de la rue King Ouest où 36 couronnes de fleurs ont été déposées.

Imacom, Jocelyn Riendeau

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Alexandre Faille
La Tribune

(Sherbrooke) Ils n'étaient encore que des enfants, des adolescents au mieux, quand ils ont choisi l'armée. Ils étaient loin de se douter de ce qui les attendait quelques mois plus tard, sur les berges françaises de Normandie et de Provence.

Six anciens combattants ont reçu, dans le cadre des cérémonies du jour du Souvenir qui se déroulaient dimanche à Sherbrooke, la médaille de la Légion d'honneur française en signe de gratitude pour leur sacrifice au cours de la Seconde Guerre mondiale.

« C'est un témoignage, celui de la France et de tous les Français. C'est un geste fort, symbolique, sur ce qu'il y a de plus important pour nous, témoigner la gratitude que nous voulons marquer aux vétérans canadiens, a exprimé la Consule générale de France à Montréal, Catherine Feuillet. Mes enfants ont appris l'histoire dans les livres, mais ces pages, qui sont dans notre mémoire collective, sont constamment rappelées parce que ce sont des moments fondateurs de la démocratie dans laquelle nous vivons aujourd'hui. »

Le rêve de voir le monde

George Turgeon avait 18 ans lorsqu'il a déposé les pieds en France, lorsqu'il a goûté une première fois la guerre, la vraie.

« Je me suis enrôlé parce que je voulais voir le monde, découvrir les autres mentalités, avoue-t-il. Je ne regrette pas ma décision, j'ai eu beaucoup d'aventures qui m'ont enrichi, qui m'ont cultivé et qui m'ont fait vieillir. J'avais seulement 18 ans quand je suis arrivé là-bas. J'étais un enfant, même si on se pensait des hommes. »

M. Turgeon rêvait alors d'être aviateur, même s'il concède qu'il « fallait être un peu fou pour piloter ces avions ». Une déficience visuelle l'a toutefois obligé à occuper un poste d'homme à tout à faire dans l'escadron. Il était celui qui préparait les Spitfires au combat, ce qui ne l'a pas empêché d'obtenir, lui aussi, son moment de gloire.

« J'étais aux abords de la piste en sauvetage quand un avion en feu est arrivé d'urgence pour se poser, mais il a atterri trop à court et ses roues ont frappé la terre molle plutôt que la piste. L'avion s'est renversé et je me suis aussitôt emparé de ma moto pour me rendre vers la cabine du pilote inconscient et l'extirper de là. Quand les autres secours sont arrivés, je leur ai dit de soulever l'une des ailes pour me permettre d'atteindre le pilote. J'ai coupé ses harnais et j'ai réussi à le sortir par une toute petite ouverture. Je ne l'ai jamais revu ensuite », raconte-t-il.

Son acte de bravoure lui vaudra plus tard une médaille honorifique, même s'il affirme humblement n'avoir fait que son travail

Le député fédéral de Sherbrooke, Pierre-Luc Dusseault, félicite... (Imacom, Jocelyn Riendeau) - image 2.0

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Le député fédéral de Sherbrooke, Pierre-Luc Dusseault, félicite l'un des six vétérans récipiendaires de la médaille de la Légion d'honneur française, Ernest Viger

Imacom, Jocelyn Riendeau

En l'honneur de ceux qui y sont restés

Rodrigue Berger, 94 ans, a lui aussi reçu la Légion d'honneur. Débarqué lors de la seconde vague en France à l'âge de 21 ans, M. Berger était alors un lieutenant à la tête de 30 hommes. Lorsqu'il repense à ces années en sol européen, celui-ci convient qu'il a été extrêmement chanceux, mais le vétéran se garde toutefois d'enchaîner les histoires, préférant vivre l'instant présent.

« Durant les 15 années qui ont suivi mon retour, les souvenirs sont restés gommés parce qu'on vit des expériences très spéciales, mais plus aujourd'hui. Je me suis débarrassé de ça », évoque-t-il.

Une mentalité de laquelle il accepte de déroger, en ce jour du Souvenir, pour honorer la mémoire de ses compatriotes qui ont laissé leur vie au combat de l'autre côté de l'océan.

« Je l'ai dit à la Consule que j'acceptais cette médaille uniquement pour saluer le courage de ceux qui sont restés là-bas. Moi, la vie m'a déjà comblé. »

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