L'économie avant le ciel étoilé

Le nouvel éclairage de rue à Magog crée-t-il davantage de pollution lumineuse... (La Tribune archives, Jocelyn Riendeau)

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La Tribune archives, Jocelyn Riendeau

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(Magog) Le nouvel éclairage de rue à Magog crée-t-il davantage de pollution lumineuse malgré le retrait de nombreux lampadaires? Un astronome amateur habitant à Magog, Stéphane Meloche, en est convaincu. Et il le déplore.

La Ville de Magog a commencé à remplacer les ampoules de ses lampadaires au cours des derniers mois. Elle installe désormais des diodes électroluminescentes (DEL) sur ses lampadaires, dont le nombre aura également diminué de moitié une fois l'opération entreprise complétée.

Puisque les DEL consomment peu d'énergie et que le nombre de lampadaires sera réduit de moitié, la Ville effectuera des économies d'argent appréciables tous les ans. Il est question d'une réduction des dépenses de 175 000 $ par année.

Chiffres à l'appui, Stéphane Meloche soutient toutefois que la pollution lumineuse augmentera à Magog à cause du projet mis en branle par la municipalité, et ce, en dépit de la réduction du nombre d'appareils d'éclairage.

M. Meloche pointe notamment un rapport publié par la société Hydro-Québec. On apprend dans ce rapport que les DEL semblables à celles utilisées par la Ville de Magog émettent trois fois plus de lumière de couleur bleue que les ampoules auxquelles la municipalité avait jusque-là recours.

L'astronome amateur fait allusion à la lumière bleue parce que celle-ci serait, entre autres, plus gênante lorsqu'on tente de regarder le ciel avec des appareils d'observation et plus néfaste pour la santé des humaines ainsi que des animaux.

« Dans le fond, à cause du choix de la Ville, c'est comme si on ajoutait 1000 lampadaires dans les rues à Magog, affirme Stéphane Meloche. Il y a des gains qui sont faits, mais ils sont annulés par les problèmes créés. »

Visibilité moindre

Observant régulièrement le ciel chez lui à Magog, M. Meloche souligne que la « Voie lactée est plus difficile à voir maintenant », comparativement à la situation qui prévalait avant l'installation des premières DEL en bordure des rues de la municipalité. Il note qu'une réserve de ciel étoilé existe autour du mont Mégantic, où on retrouve un observatoire majeur.

En ce qui concerne l'impact de la lumière bleue sur la santé, le Magogois rappelle que ses effets néfastes sont de plus en plus reconnus. Elle nuirait au sommeil.

« Je m'étais rendu au conseil municipal en juin pour exposer le problème et on m'avait dit qu'on regarderait ça une fois tous les luminaires installés, révèle M. Meloche. Je suis très déçu par l'approche de la Ville. Je pense qu'on va trop vite. Il aurait été possible de commencer par un simple projet-pilote ou de trouver des solutions. »

Il existe des DEL qui émettent moins de lumière de couleur bleue. « À Sherbrooke, ils ont commencé à installer des DEL ambrées, qui sont vraiment moins problématiques. J'ai vu le résultat et c'est très intéressant. »

« On s'ajustera au besoin »

Le directeur des travaux publics de la Ville de Magog, Michel Turcotte, assure que Magog n'est pas fermée à l'idée d'améliorer ses appareils d'éclairage de rue dans le futur.

« On a fait des choix en fonction de différents facteurs, confie M. Turcotte. On a opté pour la rentabilité, mais on s'ajustera au besoin, quand un consensus scientifique clair se dégagera concernant l'effet des DEL. La Ville de Magog reste flexible. On n'est pas en guerre contre rien. »

Il remarque néanmoins que les DEL retenues par sa municipalité respectent les « standards du ciel étoilé ». D'ailleurs, il souligne que le ciel, au-dessus du secteur Omerville, lui est apparu plus noir que jamais lors d'une récente sortie en voiture. Cette partie de la ville a été l'une des premières à vivre le changement en cours.

Par ailleurs, Michel Turcotte mentionne que plusieurs citoyens sont heureux de la décision prise par les autorités municipales. « On reçoit des courriels de gens nous disant merci parce qu'on n'éclaire plus dans leur salon ou leur chambre à coucher », dit-il.

M. Turcotte évoque malgré tout la possible utilisation de filtres spéciaux pour rendre la lumière émise par les nouvelles DEL moins néfastes. La Ville serait prête à dépenser pour acheter ce type de produit, advenant que cela soit nécessaire.

Quant aux DEL ambrées, qui sont moins problématiques, il souligne qu'Hydro-Québec ne les subventionnait pas lorsque la Ville a fait le choix d'acheter les appareils d'éclairage choisis. La société d'État supporte financièrement la Ville dans son projet.

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