Le pouvoir? Connais... un peu

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Arrivés à la mi-mandat, Hélène Dauphinais, Nicole A. Gagnon, Annie Godbout et Vincent Boutin posent un regard critique sur la politique, la dynamique au conseil municipal et sur le travail accompli avec leurs collègues élus.

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(Sherbrooke) Ils ont été élus pour la première fois il y a deux ans. Ils avaient tout à découvrir : le fonctionnement de la machine municipale sherbrookoise, les attentes des citoyens, le rôle de leurs collègues et des fonctionnaires. Arrivés à la mi-mandat, Danielle Berthold, Vincent Boutin, Hélène Dauphinais, Nicole A. Gagnon, Annie Godbout et Christine Ouellet posent un regard critique sur la politique, la dynamique au conseil municipal et sur le travail accompli avec leurs collègues élus.

La politique répond-elle aux attentes de ces six « nouveaux » conseillers? Christine Ouellet n'avait pas d'attentes précises. « J'entrais avec l'intention de jouer mon rôle. Je me vois comme le lien entre le citoyen et l'administration. Nous avons le pouvoir de faire les suggestions que nous voulons, mais après, il faut vérifier les enjeux, voir si nos suggestions sont réalistes. »

Un point de vue partagé par Vincent Boutin, qui possédait un peu l'expérience du provincial alors qu'il travaillait au bureau de Réjean Hébert. « Au provincial, on est loin du cercle de décision. On est souvent une courroie de transmission. Au municipal, on est près du centre de décision. Il est assez facile de parler aux fonctionnaires. Ça répond à mes attentes. Nous sommes près de l'action. Les plus beaux dossiers sont ceux qui ne reçoivent pas l'attention du public. »

Une balle attrapée au bond par Annie Godbout. « Nous sommes très médiatisés, mais les victoires que nous avons sont souvent dans l'ombre. Nous avons un pouvoir que j'appellerais de lobbying pour aider les citoyens. Là où je suis déçue, c'est que je croyais que nous aurions un plus grand apport dans la vision, dans la perspective où on veut amener les dossiers. Par exemple, pour le budget, les projets sont travaillés et nous sont amenés. Nous sommes rarement appelés à parler de notre vision alors que je pensais que les citoyens nous choisissaient pour notre vision. C'est facile de se faire avaler par la machine, de se résigner rapidement. L'idée, c'est de vouloir améliorer, pas de chialer sans amener de solutions. »

« Je pensais que le conseil donnait des mandats au comité exécutif, mais le comité exécutif monte le dossier et il y a peu d'ouverture pour le réenligner. Un des exemples est le dossier de l'incubateur. Rarement sommes-nous prêts à réaménager. En politique, il faut de la patience. Pour faire avancer les dossiers, tout le monde a ses contraintes et c'est vrai que nous sommes souvent seuls à notre bureau à célébrer les petits dossiers qui vont bien », ajoute Hélène Dauphinais.

Danielle Berthold et Nicole A. Gagnon rapportent quant à elles tous les apprentissages qu'il fallait compter pour bien saisir le fonctionnement de l'appareil.

Boutin choqué

Le conseil compte désormais sur plus de femmes, en plus d'avoir élu le plus jeune conseiller depuis les fusions municipales. « Ce qui m'a choqué, c'est qu'à 28 ans, les gens ne m'accordaient pas de crédibilité parce que j'étais jeune et que j'avais moins d'expérience », raconte Vincent Boutin, choqué également qu'on prétende qu'il travaillait pour le maire alors qu'il considère ses électeurs comme ses vrais patrons.

Si Mme Gagnon s'est dite blessée des propos tenus parfois au sujet du parti politique auquel elle appartient, ses collègues estiment n'avoir jamais été interpellés sur la question. « Les citoyens veulent qu'on règle leurs problèmes. Ils ne me parlent jamais du parti », avance Danielle Berthold.

Pour Mme Ouellet, la nouveauté au conseil a permis d'influencer le débat. « Mais je ne suis pas certaine que ça paraît tout de suite dans les grandes orientations. »

« Tant que nous ne changerons pas notre façon de faire, par exemple pour la conception du budget, il ne pourra pas y avoir des changements significatifs. Avec les questions qu'on pose et les petits gestes qu'on pose, on a changé certaines façons de faire. Mais c'est un travail de tout le conseil », ajoute Annie Godbout.

Hélène Dauphinais ne croit pas que la présence de nouvelles femmes a amélioré le niveau de langage dans les débats. « Ils ne sont pas plus tempérés. »

« Ce serait mentir que de dire que c'est l'harmonie totale. Il y a quelques réfractaires qui demeureront réfractaires. Si nous avons ce climat, c'est parce que certaines personnes veulent bien l'entretenir. Mais nous sommes quand même passés à travers un gros dossier, celui de la gouvernance. C'est moins difficile qu'au début parce qu'on sait qui campe où », ajoute Mme Berthold.

Mme Dauphinais partage la même opinion, avançant que la gouvernance, l'optimisation et les avancées dans le dossier des régimes de retraite sont les grandes réalisations de ce groupe d'élus.

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