Candidats ministrables sous la loupe

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Lorsqu'interrogée, mercredi, sur le processus qui l'a conduite à se voir offrir le poste de ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau a levé le voile sur une partie du processus.

La Presse Canadienne

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) La question revient à chaque nouveau conseil des ministres. Comment se déroule le processus de sélection d'un ministre? Qui choisi qui? Et à quelle sorte de processus les candidats retenus doivent-ils se soumettre avant d'être admis dans le sacro-saint cercle du pouvoir exécutif?

S'il est vrai que les compétences et l'expérience d'un candidat constituent généralement les premiers éléments d'évaluation, ceux-ci ne sont toutefois exclusifs. L'histoire politique regorge en effet de ministres qui doivent leur présence au cabinet à des considérations... géographiques, idéologiques ou même personnelles.

Lorsqu'interrogée, mercredi, sur le processus qui l'a conduite à se voir offrir le poste de ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau a levé le voile sur une partie du processus. Surtout lorsqu'il s'agit de choisir parmi des recrues. Dans ce cas, le processus commence bien avant le jour du scrutin, dit-elle.

« Bien sûr, il faut commencer par se faire élire, tient-elle à préciser, mais on sent qu'on est évalué tout au long de la campagne. » Une évaluation qui porte sur plusieurs aspects bien précis, comme la capacité de prendre des décisions, l'aisance avec laquelle le candidat entre en contact avec les citoyens, sa capacité à répondre aux questions des médias, à vulgariser le programme électoral de son parti, etc.

Un processus que confirme David Price, le dernier député libéral de Compton-Stanstead à avoir été admis au conseil des ministres comme secrétaire parlementaire à la Défense, sous le gouvernement de Paul Martin.

Une fois cette première évaluation réussie, s'ensuit le processus des entrevues individuelles. Un processus intense qui exige une totale transparence de la part du candidat, explique David Price.

« La première entrevue (avec les hauts-fonctionnaires) peut durer des heures. On examine tout ton background (passé) en profondeur. Non seulement ton passé professionnel, mais aussi tes finances personnelles. Combien tu as d'argent? As-tu une compagnie? As-tu des placements? Si oui, dans quoi est-il placé? Même chose pour ta femme et tes enfants. Il faut tout déclarer. C'est extrêmement rigoureux. Rien n'est laissé au hasard », se rappelle David Price, en ajoutant que la GRC fait elle aussi son enquête sur tous les candidats afin de « s'assurer qu'aucun squelette ne traîne dans le placard ».

Sitôt assermentés, les nouveaux ministres sont ensuite soumis à une autre session intensive : celle de connaître tous les rouages de leur ministère. « Ça aussi c'est très intense, ajoute David Price. Ça peut durer deux ou trois semaines, selon la grosseur de ton ministère. Mais à la fin, tu connais tout ce que tu dois savoir sur ton ministère. Tu rencontres ton sous-ministre, on t'explique les dossiers en détail. On te dit ce sur quoi tu risques d'être interrogé, soit par l'Opposition ou par les journalistes. On te suggère même comment répondre ou ne pas répondre», conclut en riant David Price, qui a siégé à Ottawa pendant sept ans et demi, de 1997 à 2004.

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