Femme de tête et de défis

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Les membres de l'équipe de direction du Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke étaient fébriles au moment où leur ex-patronne, Marie-Claude Bibeau, a prêté serment à Ottawa pour devenir ministre. De gauche à droite : Guylaine Ruest, Julie Shaffer, Fanny Buteau, Marie-Claude Letarte et Serge Gauthier.

La Tribune, Luc larochelle

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) Chronique / J'avoue que ce fut une très mauvaise décision. Pas celle de Justin Trudeau de confier des fonctions ministérielles à Marie-Claude Bibeau. La mienne, de ne pas avoir pris la route d'Ottawa pour assister sur place à son assermentation comme ministre du Développement international et de la Francophonie.

Nous avons spéculé au journal durant toute la journée de mardi : j'y vais ou pas? Suis finalement jamais parti, même si j'avais demandé et obtenu mon accréditation de la Tribune de la presse parlementaire.

N'y voyez surtout pas, Madame la Ministre, un manque de considération, du scepticisme, un quelconque doute de vos compétences. Vous m'avez déjoué et avez également pris de court mon patron en étant l'une des cartes cachées de ce repêchage pancanadien.

Ces aveux étant faits, l'ascension fulgurante de Mme Bibeau sur la scène fédérale était, convenons-en, aussi improbable il y a un an que l'accession de son conjoint à la mairie au moment où Bernard Sévigny a défié Jean Perrault et la majorité des membres du conseil municipal, en 2006, en s'opposant à l'adoption d'un nouveau plan d'urbanisme.

M. Sévigny éclate de rire à la comparaison.

« Honnêtement, ni Marie-Claude ni moi n'anticipions ce scénario l'hiver dernier, durant des vacances dans le Sud, alors que nous faisions le point sur nos carrières respectives. La politique est une affaire de convictions et de timing et elle a eu l'audace de plonger même si le contexte était loin d'être favorable aux libéraux au moment où elle l'a fait. Elle mérite pleinement ce qui lui arrive », réagit le maire devenant soudainement le chum de la ministre Bibeau.

C'est cette même audace qui avait poussé Mme Bibeau à se pointer au domicile d'Albert Painchaud, en décembre 1999.

« Je venais d'être nommé directeur général de la Cité des rivières et je ne savais pas que Marie-Claude avait aussi posé sa candidature. Elle n'était pas venue m'exprimer sa déception, elle m'avait proposé ses services comme adjointe parce qu'elle croyait au projet. Les six années que nous avons ensuite passées ensemble m'ont révélé son sens de l'organisation et son talent », raconte M. Painchaud.

Les membres de l'équipe de direction du Musée de la nature et des sciences étaient fébriles au moment où celle qui était leur patronne depuis huit ans a prêté serment comme ministre.

« Marie-Claude est animée d'une grande détermination. Elle sait prendre les moyens pour que les dossiers avancent » dépeint Fanny Buteau.

« M. Trudeau a eu du flair en confiant des responsabilités ministérielles à cette femme organisée, transparente, soucieuse de l'esprit de collégialité », ajoute Guylaine Ruest.

« À son arrivée en poste, très rapidement s'est révélée chez elle une grande capacité d'assimilation et d'analyse », retient quant à lui Serge Gauthier.

« Pour être honnête avec vous, ma foi dans la politique n'était plus très grande. L'arrivée des personnes du calibre de Marie-Claude me redonne espoir » lance Julie Shaffer au cours de ce même tour de table au Musée.

L'avocat sherbrookois Yannick Crack, qui a dirigé la campagne électorale de Mme Bibeau, n'est pas surpris de sa nomination au conseil des ministres.

« Je la connaissais peu avant de m'engager avec elle. Je n'ai pas mis de temps à me rendre compte que c'est une fonceuse, une femme de défis. Nous sommes de la même génération que M. Trudeau et tout comme le premier ministre, Marie-Claude incarne le changement de garde », considère Me Crack.

« Je suis fière que Sherbrooke ait de nouveau une voix ministérielle à Ottawa. Les fonctions dont hérite Mme Bibeau sont faites sur mesure pour un nouveau député. Cela lui permettra un apprentissage rapide sans avoir de trop lourdes charges » juge l'ex-ministre Monique Gagnon-Tremblay, qui a piloté le ministère des Relations internationales et de la Francophonie à Québec.

« À ce titre, mes responsabilités économiques et diplomatiques ressemblaient davantage à celles que Stéphane Dion aura comme ministre des Affaires étrangères qu'au soutien humanitaire dont répondra dorénavant Mme Bibeau », précise Mme Gagnon-Tremblay.

C'est un début de carrière flamboyant, impressionnant, enivrant pour la députée de Compton-Stanstead. Ça tient quasiment du rêve.

La période d'adaptation sera toutefois courte pour faire face à la réalité, car la tâche est lourde et exigeante.

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