Edward Snowden en conférence virtuelle à Bishop's

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En direct de Moscou, Edward Snowden a été interviewé en webdiffusion, mardi soir, dans un théâtre Centennial bondé.

Imacom, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) Le Théâtre Centennial était bondé et les étudiants débordaient jusque dans le Hall Bandeen de l'Université Bishop's, mardi soir, alors qu'Edward Snowden était interviewé en webdiffusion dans le cadre des conférences Donald.

Sur l'écran géant, l'ancien employé de la Central Intelligence Agency (CIA) et de la National Security Agency (NSA) est apparu sous des applaudissements qui l'ont fait rougir. Sur la scène, l'ancien journaliste de CBC Royal Orr était responsable de poser les questions. Il n'en posa pas tant puisque le premier était intarissable en ce qui a trait à la cybersécurité mondiale, la surveillance à l'ère numérique, les droits de la personne et la sécurité.

En direct de Moscou, l'informaticien américain a expliqué pourquoi il avait rendu publics en 2013 les détails de plusieurs programmes de surveillance de masse américains et britanniques.

« Lorsqu'on est témoin d'un acte répréhensible, que ce soit un vol ou la violation d'un droit humain, peu importe qui on est, on a le devoir moral de prendre la parole. Je ne suis pas un ennemi du gouvernement. Je crois qu'il faut le réformer pour que les citoyens puissent avoir confiance en lui. En ce moment, trop de gens font de mauvaises choses pour les bonnes raisons », a révélé Snowden.

Motivés par une politique de la peur adoptée après les attentats du 11 septembre 2001 et à une époque où la technologie le permettait, des gouvernements ont opté pour la surveillance de masse.

« On nous dit qu'on doit choisir entre la sécurité et la protection de la vie privée. En fait les concepts ne sont pas opposés. La sécurité diminue lorsque la protection de la vie privée diminue, car tout le monde est exposé. Ça ne veut pas dire qu'il faut cesser la surveillance des terroristes, mais celle de la masse qui permet au gouvernement, par exemple, de cibler aussi les journalistes, des organismes comme Amnesty International », témoigne le conférencier ajoutant qu'aucune attaque terroriste n'a été avortée grâce à la surveillance de masse.

« Toutes les données mises sur le net voyagent complètement nues. Des technologies permettent au gouvernement de les cumuler et de conserver des dossiers sur des millions de citoyens, juste au cas où, sans qu'il n'ait de raison de croire qu'ils sont engagés dans des activités illégales. C'est comme si les policiers n'avaient pas besoin d'un mandat pour fouiller les maisons à la recherche de drogue », compare-t-il.

« Et les gens qui rétorquent qu'ils n'ont rien à cacher n'ont pas compris. C'est comme dire que tu es contre la liberté de parole parce que tu n'as rien à dire », ajoute l'homme de 32 ans.

Snowden a aussi répondu à des questions du public.

À savoir comment être un membre actif de la cybersociété sans pour autant s'exposer à la surveillance de masse, Snowden a proposé des outils. Par exemple, pour chiffrer les textos et les appels émis par des téléphones intelligents, l'informaticien suggère l'utilisation de l'application Signal.

Héros mondial pour certains, traitre national pour d'autres, Snowden a fui les États-Unis en juin 2013, pays où il a été accusé d'espionnage, de vol et d'utilisation illégale de biens gouvernementaux. Il est aujourd'hui en exil à Moscou.

« On doit devenir une génération post-terreur qui rejette la politique de la peur et embrasse une politique logique, raisonnable, de résilience. On doit accepter que dans une démocratie libérale, le monde ne sera jamais entièrement sécuritaire, car les gens ont la possibilité de faire des choix et qu'inévitablement, certains feront les mauvais. Il ne faut pas détruire nos droits chaque fois que ça survient », résume Snowden.

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