La CAQ s'attaque à l'incompétence dans la fonction publique

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Éric Caire

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec

La Coalition avenir Québec (CAQ) veut sanctionner la culture d'incompétence dans la fonction publique.

Le député caquiste Éric Caire croit que les fonctionnaires et leurs supérieurs doivent être soumis à des mécanismes d'évaluation de leurs résultats.

«Un gestionnaire ou un sous-ministre qui n'atteint pas ses objectifs, qui ne respecte pas ses échéanciers, quelles sont les conséquences actuellement? Il n'y en a pas, il n'y en a aucune, et ça, cette culture-là, elle descend à tous les niveaux dans l'administration publique», a-t-il dit.

M. Caire a déclaré lundi que des modifications législatives permettraient de congédier des gestionnaires incompétents. Quant aux fonctionnaires qui ne répondraient pas aux attentes, M. Caire estime que les lois existantes permettent le congédiement ou la rétrogradation dans les cas d'insatisfaction.

Lors d'une conférence de presse, M. Caire a constaté que ces dispositions ne sont jamais utilisées, contrairement au secteur privé.

«Il y a plus de laxisme par rapport à l'incompétence, a-t-il dit. En fait, ce n'est même plus du laxisme, c'est carrément une amnistie totale. C'est une amnistie, il n'y a pas de conséquences.»

Les nominations partisanes augmentent les cas d'incompétence dans la haute fonction publique où elles se concentrent, a noté le député.

«C'est clair parce que la nomination politique, on n'a pas la garantie qu'elle est faite sur la base de la compétence, a-t-il dit. Elle est faite sur la base de l'allégeance politique, ce qui n'exclut pas, par un heureux hasard, la compétence.»

M. Caire a produit lundi un document d'une cinquantaine de pages qui expose des recommandations pour éviter le gaspillage de fonds publics.

La CAQ estime qu'il faut abolir le Centre de services partagés du Québec (CSPQ) ainsi que le poste de premier dirigeant informatique afin d'améliorer la gestion des projets informatiques.

«Il ne comprend pas, dans une grande majorité des cas, ses propres besoins, il est incapable de les exprimer clairement, et donc de tout ça découlent autant de projets informatiques qui sont des fiascos, des gaspillages tant du point de vue des fonds, que des échéanciers», a-t-il dit.

M. Caire propose de remplacer le CSPQ par un autre organisme, le Centre d'excellence dans les technologies de l'information.

«C'est-à-dire une boîte informatique dédiée à l'ensemble des processus de gestion, de planification, d'audit, de réalisation, de vérification et même de partenariat avec l'externe, parce qu'on ne parle pas ici de la fin de l'utilisation des consultants», a-t-il dit.

Selon la CAQ, négocier les conditions de travail de façon sectorielle permettrait d'assurer une rémunération compétitive dans les secteurs plus en demande, comme le génie ou l'informatique.

«Il y a des secteurs où on perd notre expertise parce qu'on n'est pas concurrentiel avec les principaux marchés qu'on doit compétitionner, a-t-il dit. Et donc il faut arrêter cette espèce de politique du mur-à-mur et il faut s'assurer qu'on a cette capacité-là à négocier en fonction de nos besoins.»

La CAQ entrevoit également des économies en regroupant les 450 centres de traitement de l'information à trois endroits, soit Québec, Drummondville et Montréal.

«Il n'y a aucune raison pour qu'on ait une dispersion de nos centres de traitement de l'information, comme on le voit présentement au gouvernement», a-t-il dit.

Augmenter la part d'utilisation du logiciel libre à 19 pour cent contribuerait aussi à réduire les dépenses de l'État de 260 millions $, a estimé le député caquiste.

«On renouvelle, à chaque année, de façon bête et méchante, les licences d'utilisation des logiciels propriétaires sous différents prétextes qui tiennent plus ou moins la route», a-t-il dit.

M. Caire veut centraliser les données de chaque citoyen au même endroit, dans un dossier numérique, contrairement à la pratique actuelle où chaque ministère et organisme collige ces informations de son côté.

Sans pouvoir chiffrer le coût de pareille opération, le député caquiste ne s'est pas inquiété des conséquences d'un éventuel bris de sécurité d'un système où la totalité des informations sur un individu pourraient être dérobées.

«On est capables d'avoir des sécurités importantes qui vont faire en sorte que ça va devenir extrêmement complexe pour les hackers d'aller chercher l'information, a-t-il dit. Ce n'est pas quelque chose qui m'inquiète beaucoup.»

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