Reid croit que les centres de soins palliatifs s'adapteront

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Le député d'Orford, Pierre Reid était membre de la Commission Mourir dans la dignité, qui a mené à la Loi 2 sur les soins de fin de vie.

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(SHERBROOKE) Alors que les maisons de soins palliatifs du Québec ne veulent pas offrir l'aide médicale à mourir, certaines d'entre elles reverront peut-être leur façon de penser d'ici quelques années après avoir été confrontée à des demandes de patients, estime le député d'Orford, Pierre Reid. « Avec le temps, peut-être que les centres de soins palliatifs vont se dire qu'ils ne rendent pas service à ces personnes », souligne l'ancien membre de la Commission Mourir dans la dignité, qui a mené à la Loi 2 sur les soins de fin de vie.

« Demander à quelqu'un d'aller à l'hôpital pour les deux dernières journées de sa vie, ce n'est peut-être pas un bon service à rendre », indique celui a participé à la rédaction du rapport et des recommandations qui ont mené à la création de la loi.

Le député a été touché par le cri du coeur de la Sherbrookoise Suzanne Nadeau-Whissell, atteinte de la SLA, qui interpellait la Maison Aube-Lumière lundi dans nos pages.

Bénévole à la Maison Aube-Lumière, elle plaide pour que la direction respecte la décision des résidents qui voudraient obtenir une aide médicale à mourir. L'établissement avait annoncé, en 2014, qu'elle n'offrirait pas le service d'aide médicale à mourir, à l'instar des autres maisons de soins palliatifs de la province. En septembre dernier, la direction a fait valoir que la décision de l'établissement n'était pas définitive. La maison de soins palliatifs doit se prononcer mardi sur cette question.

Mme Nadeau-Whissell, une infirmière retraitée, a appris l'an dernier qu'elle était atteinte de la SLA, une maladie dégénérative qui entraîne peu à peu la paralysie. Lucides, les personnes atteintes perdent peu à peu l'usage de leurs membres et de la parole. L'espérance de vie est de moins de cinq ans après le diagnostic.

Respect

Pierre Reid insiste du même coup pour le respect qu'il a envers les maisons de soins palliatifs. À ses yeux, le rapport de la commission est totalement basé sur le respect.

« On ne voulait pas faire le raisonnement à l'envers : on ne voulait pas imposer nos vues aux centres de soins palliatifs », souligne-t-il en faisant allusion à la résistance démontrée lors de la commission. La loi 2 prévoit que les maisons de soins palliatifs de la province pourront décider si elles veulent ou non offrir l'aide médicale à mourir à leur clientèle. La possibilité de choisir faisait partie des recommandations de la commission.

« Par contre, plusieurs souhaitent que les maisons de soins palliatifs décident après quelques années d'expérience. Pour moi, il est primordial que les besoins des patients passent avant tout. »

Selon M. Reid, le message de Mme Nadeau-Whissell a résumé bon nombre de témoignages entendus lors de la commission Mourir dans la dignité. Certains de ses propos reflètent aussi des éléments fondamentaux de la Loi.

La Loi doit entrer en vigueur le 10 décembre. « J'y crois beaucoup », lance-t-il.

Les hôpitaux devront pour leur part offrir l'aide médicale à mourir. Une série de critères doit être respectée, dont être majeur, apte à décider, être atteint d'une maladie incurable et connaître un déclin avancé et irréversible.

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